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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.8.0 (http://www.squarespace.com/) on Sat, 07 Nov 2009 23:35:08 GMT--><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><title>Prédication dominicale du 222</title><link>http://www.le222.org/predications-du-222/</link><description></description><lastBuildDate>Mon, 14 Sep 2009 18:38:24 +0000</lastBuildDate><copyright></copyright><language>fr-FR</language><generator>Squarespace Site Server v5.8.0 (http://www.squarespace.com/)</generator><itunes:category text="Religion &amp; Spirituality"><itunes:category text="Christianity"/></itunes:category><item><title>Dimanche 13 septembre 2009 – 24ème dimanche T.O.-B – Prédication du fr. Philippe Verdin</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 14 Sep 2009 18:23:48 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/9/14/dimanche-13-septembre-2009-24eme-dimanche-to-b-predication-d.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:5194064</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>&laquo;&nbsp;Pour vous, qui suis-je&nbsp;?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Avec Saint Pierre, J&eacute;sus souffle le chaud et le froid. L&rsquo;Evangile d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est assez sobre. Mais dans l&rsquo;Evangile selon saint Matthieu qui raconte la m&ecirc;me sc&egrave;ne, J&eacute;sus f&eacute;licite d&rsquo;abord Pierre pour sa bonne r&eacute;ponse&nbsp;: &laquo;&nbsp;Heureux es-tu, parce que tu n&rsquo;as pas trouv&eacute; tout seul que j&rsquo;&eacute;tais le Messie, le Fils du Dieu vivant&nbsp; tout seul. C&rsquo;est mon P&egrave;re qui te l&rsquo;a souffl&eacute;.&nbsp;&raquo; En effet, le brave Pierre n&rsquo;est pas le plus malin des ap&ocirc;tres. Il est sans doute moins avis&eacute; que le petit Jean qui a des amis partout, moins d&eacute;brouillard que l&rsquo;homme d&rsquo;affaire Matthieu, moins dou&eacute; pour les relations publics que le polyglotte Philippe. Il n&rsquo;emp&ecirc;che, c&rsquo;est lui qui est inspir&eacute;, c&rsquo;est lui qui reconna&icirc;t que J&eacute;sus est le Christ, le Fils du Dieu vivant.</p>
<p>Deux minutes apr&egrave;s, le bon &eacute;l&egrave;ve Pierre se voit retirer son bon point. Tout &agrave; l&rsquo;heure il &eacute;tait salu&eacute; par J&eacute;sus, maintenant il est grond&eacute; par J&eacute;sus. Tout &agrave; l&rsquo;heure, il &eacute;tait parmi les saints des b&eacute;atitudes &laquo;&nbsp;heureux es-tu, fils de Yonas&hellip;&nbsp;&raquo;, maintenant il est parmi les d&eacute;mons&nbsp;: &laquo;&nbsp;Passe derri&egrave;re-moi, Satan&nbsp;!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bref, de temps en temps l&rsquo;Esprit inspire des paroles magnifiques et proph&eacute;tiques&nbsp;; de temps en temps l&rsquo;Esprit se retire et la bouche des plus saints des hommes prof&egrave;rent des b&ecirc;tises.</p>
<p>Il en est de m&ecirc;me pour nous. Quand il s&rsquo;agit de professer notre foi au Christ aupr&egrave;s de nos enfants, de nos petits-enfants, on est souvent ballots&hellip; et parfois on est aussi inspir&eacute;&nbsp;! Quand il s&rsquo;agit d&rsquo;expliquer aux coll&egrave;gues de bureau pourquoi on prend tous les ans une semaine de vacances d&eacute;but octobre&nbsp;; quand il faut leur avouer que c&rsquo;est pour le p&egrave;lerinage du Rosaire &agrave; Lourdes, on est timor&eacute; et un peu honteux. Mais parfois aussi on trouve le ton, ce m&eacute;lange d&rsquo;&eacute;motion et d&rsquo;humour qui est plus efficace qu&rsquo;un discours th&eacute;ologique.</p>
<p>Pierre a du mal, comme nous, &agrave; tout comprendre dans l&rsquo;Evangile. Comme nous, l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;&ecirc;tre ami de Dieu le flatte, mais en revanche il n&rsquo;a pas envie de communier aux souffrances de J&eacute;sus. Comme nous il aime la rose, mais pas ses &eacute;pines. Pour lui, c&rsquo;est un scandale que Dieu puisse souffrir. Pour J&eacute;sus, c&rsquo;est un scandale que ses disciples ne comprennent pas sa mission. &laquo;&nbsp;Ne saviez-vous pas qu&rsquo;il fallait que le Fils de l&rsquo;Homme souffrit et meurt pour entrer dans la gloire&nbsp;?&nbsp;&raquo; J&eacute;sus explique aux ap&ocirc;tres, J&eacute;sus explique aux disciples d&rsquo;Emma&uuml;s, J&eacute;sus explique aux g&eacute;n&eacute;rations successives qu&rsquo;il faut passer par la croix pour entrer dans la joie. C&rsquo;est dur &agrave; comprendre, ce n&rsquo;est pas facile &agrave; admettre. Les g&eacute;n&eacute;rations de croyants, de saints, de mystiques, de th&eacute;ologiens ont eu la m&ecirc;me r&eacute;action que Pierre. En voyant les miracles de J&eacute;sus, ils l&rsquo;ont reconnu comme Fils du Dieu vivant. Mais la passion et la mort du Christ les choquent. Le cardinal Martini, ce j&eacute;suite qui fut pendant 20 ans archev&ecirc;que de Milan, confesse que les souffrances du Christ ont &eacute;t&eacute; longtemps pour lui une occasion de col&egrave;re. Il dit que certains jours, dans la pri&egrave;re, il refusait de regarder le crucifix. Il ne pouvait supporter de voir la repr&eacute;sentation de la souffrance de celui qu&rsquo;il aime. Vous vous souvenez de Clovis cat&eacute;chis&eacute; par saint R&eacute;mi. L&rsquo;&eacute;v&ecirc;que de Reims lui explique le vendredi saint. Clovis r&eacute;agit en disant : &laquo;&nbsp; Si j&rsquo;avais &eacute;t&eacute; l&agrave; avec mes Francs, j&rsquo;aurais emp&ecirc;ch&eacute; l&rsquo;arrestation du Jardin des Oliviers&nbsp;! J&rsquo;aurais d&eacute;fendu J&eacute;sus innocent&nbsp;!&nbsp;&raquo; Oui, on a du mal &agrave; admettre que J&eacute;sus doit souffrir et mourir.</p>
<p>Pourquoi J&eacute;sus devait il souffrir beaucoup et mourir&nbsp;? On ne peut &ecirc;tre un chr&eacute;tien sans se poser cette question. Les saints, les mystiques et les th&eacute;ologiens ont apport&eacute; des r&eacute;ponses fragiles, en tremblant devant ce myst&egrave;re terrible.</p>
<p>(A ceux d&rsquo;entre vous qui ont le go&ucirc;t baroque, je sugg&egrave;re de lire l&rsquo;admirable sermon du vendredi saint de Bossuet, prononc&eacute; en 1660 au Couvent des Minimes.)</p>
<p>Hans Urs von Balthasar, l&rsquo;un des plus grands th&eacute;ologiens du vingti&egrave;me si&egrave;cle, r&eacute;capitule les raisons qui font dire &agrave; J&eacute;sus qu&rsquo;il doit souffrir beaucoup et mourir.</p>
<ol>
<li>J&eacute;sus a offert sa vie pour le pardon de nos p&eacute;ch&eacute;s.</li>
<li>J&eacute;sus est la victime d&rsquo;un sacrifice d&rsquo;oblation d&eacute;finitif.</li>
<li>J&eacute;sus a pris sur lui le p&eacute;ch&eacute; du monde.</li>
<li>J&eacute;sus nous montre l&rsquo;amour de Dieu en donnant sa vie, car &laquo;&nbsp;il n&rsquo;y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.&nbsp;&raquo; </li>
<li>J&eacute;sus communie aux souffrances et &agrave; la mort qui sont le propre de l&rsquo;homme. D&eacute;s lors, Dieu communie tellement &agrave; la vie humaine que l&rsquo;homme peut communier &agrave; la vie divine. </li>
</ol>
<p>Ainsi, &agrave; la question &laquo;&nbsp;pour vous, qui suis-je&nbsp;?&nbsp;&raquo;, nous pouvons donner plusieurs r&eacute;ponses&nbsp;: &laquo;&nbsp;Tu es l&rsquo;Agneau de Dieu qui enl&egrave;ve le p&eacute;ch&eacute; du monde. Tu es le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Tu es l&rsquo;ami des hommes qui suit ses compagnons&nbsp; jusque dans l&rsquo;&eacute;preuve, jusqu&rsquo;&agrave; travers la mort. Tu es la porte qui nous ouvre la vie divine. Tu es le signe de l&rsquo;amour.&nbsp;&raquo;</p>
<p>A la question&nbsp;: &laquo;&nbsp;Pour vous, qui est J&eacute;sus-Christ&nbsp;?&nbsp;&raquo;, Louis de Fun&egrave;s r&eacute;pondit&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&eacute;sus-Christ&nbsp;? C&rsquo;est le radieux compagnon de chaque instant de ma vie.&nbsp;&raquo;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-5194064.xml</wfw:commentRss></item><item><title>dimanche 30 août 2009 - 22ème dimanche T.O.-B - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 31 Aug 2009 07:50:21 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/8/31/dimanche-30-aout-2009-22eme-dimanche-to-b-predication-du-fr.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:5044036</guid><description><![CDATA[<p>Tout vient du dedans affirme J&eacute;sus, s&rsquo;opposant ainsi aux pharisiens qui critiquaient les mani&egrave;res de faire de ses disciples. J&eacute;sus en se positionnant ainsi ne met pas en cause les bienfaits de la loi ou les pratiques juives. Il a d&eacute;j&agrave; affirm&eacute; qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas venu abolir la loi mais la porter &agrave; incandescence et &agrave; la v&eacute;rit&eacute;. Par son d&eacute;bat avec les pharisiens, J&eacute;sus met l&rsquo;accent sur la source &agrave; partir de laquelle doivent sourdre les pratiques&nbsp;: l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute;, l&rsquo;&acirc;me ou le c&oelig;ur.</p>
<p>Il faut partir du dedans et il y a dangers. Dangers que le c&oelig;ur ne soit d&eacute;j&agrave; prisonnier du mal et qu&rsquo;alors les pratiques, fussent-elles bonnes aux yeux de la soci&eacute;t&eacute;, ne soient en fait que des r&eacute;alit&eacute;s fauss&eacute;es, des hypocrisies et des perversions. Quand J&eacute;sus nous invite &agrave; explorer notre c&oelig;ur, il ne nous sugg&egrave;re pas un vague repli sur soi et sur notre petit moi tortur&eacute;, sur une sentimentalit&eacute; anxieuse. J&eacute;sus nous propose un travail de lucidit&eacute;. Il nous alerte en nous interrogeant sur notre c&oelig;ur dans la mesure o&ugrave; celui-ci est le lieu de notre v&eacute;rit&eacute;. Nos l&egrave;vres et nos pratiques sont trop souvent le reflet d&rsquo;un masque que nous avons pos&eacute; sur notre c&oelig;ur. Que ce masque soit celui de la bonne &eacute;ducation (de la sagesse humaine dit le texte), de la fraude ou de la pi&eacute;t&eacute; l&eacute;galiste ne change presque rien sur son c&ocirc;t&eacute; faux ou impur.</p>
<p>Savoir ce qui habite en v&eacute;rit&eacute; notre c&oelig;ur est une op&eacute;ration complexe. La psychanalyse nous a montr&eacute; depuis longtemps qu&rsquo;il y a toutes sortes de jeux conscients ou non qui prennent place dans le c&oelig;ur pour l&rsquo;orienter vers la haine ou vers la s&eacute;duction, vers le faux-semblant ou la peur ou encore vers une relation claire et saine. Difficile de traverser nos opacit&eacute;s. Peut-on m&ecirc;me le faire dans la mesure o&ugrave; nous n&rsquo;avons pas le contr&ocirc;le de ce qui se passe&nbsp;? Ne faut-il pas plut&ocirc;t se tenter de vivre avec tout cela, sachant nommer ce qui nous habite&nbsp;?</p>
<p>Par del&agrave; ces difficult&eacute;s &agrave; conna&icirc;tre notre c&oelig;ur, nous sommes convi&eacute;s par J&eacute;sus &agrave; faire de celui-ci, quel qu&rsquo;il soit, un espace d&rsquo;accueil et non une forteresse &agrave; prot&eacute;ger. C&rsquo;est dire que nous ne pouvons pas vivre seulement au rythme de ce que nous sommes et nous ressentons. Nous ne pouvons nous contenter de suivre nos impulsions et nos paresses. Nous ne pouvons pas fuir quand il nous est demand&eacute; de sortir de nos habitudes ou de nos petits conforts mondains ou intellectuels. Faire du c&oelig;ur un espace d&rsquo;accueil de la Parole de Dieu induit des d&eacute;placements et de n&eacute;cessaires remises en cause. Quand nous livrons acc&egrave;s &agrave; la Parole de Dieu dans nos c&oelig;urs, les risques d&rsquo;explosion de nos pr&eacute;conceptions et de nos jugements absolus sont grands. Et comme nous connaissons ces risques nous nous inventons, de mani&egrave;re anticip&eacute;e et pr&eacute;ventives, des parades, traitant de romantiques les appels &agrave; la conversion et au don de soi, d&rsquo;id&eacute;alistes les exigences pos&eacute;es par le Christ pour changer de vie ou transformant la mis&eacute;ricorde et la tendresse de Dieu en concepts et en doctrines pour en rester au stade des paroles et de la discussion.&nbsp; Et pourtant la parole de Dieu est l&agrave; qui frappe &agrave; la porte de notre c&oelig;ur. Ouvrirons-nous, accueillerons-nous la force de l&rsquo;Esprit&nbsp;au-del&agrave; de notre intelligence rus&eacute;e?&nbsp;</p>
<p>Nous sommes invit&eacute;s &agrave; oser ouvrir humblement la porte de notre c&oelig;ur pour que la parole de Dieu devienne semence de vie, &agrave; accueillir les commandements de Dieu pour acc&eacute;der &agrave; la v&eacute;ritable intelligence. Et l&rsquo;incroyable, c&rsquo;est que Dieu lui-m&ecirc;me se fait une demeure dans notre c&oelig;ur, bouleversant tout au profit du meilleur de nous m&ecirc;me. Ces passages de Dieu apportent gu&eacute;rison et lib&eacute;ration, purification et stimulation. Dieu n&rsquo;attend pas que nous en soyons dignes, il survient et ouvre des br&egrave;ches, &eacute;largissant notre c&oelig;ur et notre univers.</p>
<p>Accueillir s&rsquo;apprend peu &agrave; peu. Il faut commencer par &eacute;couter la voix des m&eacute;diateurs&nbsp;: le fr&egrave;re proche ou lointain, l&rsquo;assembl&eacute;e des croyants. Ecouter avec le c&oelig;ur qui s&rsquo;&eacute;largit, qui pressent peu &agrave; peu qu&rsquo;il en va, dans ce qui se fait entendre &agrave; lui, de son propre myst&egrave;re et de sa propre joie. Ecouter la parole qui se fait murmure de confiance, enseignement de sagesse, chant d&rsquo;amour, confidence.. car notre Dieu n&rsquo;est pas muet comme le sont les idoles captatrices des faux bonheurs. Puis un jour, ce ne sera plus seulement la voix qui nous visitera, mais celui qui parle lui-m&ecirc;me. Dans nos c&oelig;urs &eacute;tonn&eacute;s l&rsquo;infini se fait limit&eacute;, il accepte d&rsquo;entrer dans notre espace m&ecirc;me si celui-ci est meurtri ou encore trop ferm&eacute; et dur. Cela advient quand nous faisons oraison, quand nous nous abandonnons &agrave; la contemplation ou dans l&lsquo;action solidaire et fraternelle. Dieu conna&icirc;t le temps favorable.</p>
<p>Alors du c&oelig;ur devenu incandescent par la pr&eacute;sence fulgurante de Dieu pourront surgir des gestes vrais et forts. Au-del&agrave; du devoir faire ou des r&egrave;gles de la morale, m&ecirc;me progressiste, au-del&agrave; du pr&ecirc;t &agrave; penser g&eacute;n&eacute;reux et des bonnes m&oelig;urs des honn&ecirc;tes gens. Les passages de Dieu dans nos c&oelig;urs mettent en relation le dedans et le dehors, et lib&egrave;rent des pratiques fraternelles, des engagements radicaux, des amours irr&eacute;pressibles et nous transforment peu &agrave; peu. La lumi&egrave;re int&eacute;rieure se fait &eacute;nergie pour la lutte pour la justice, pour avancer hardiment avec ceux qui sont les plus fragiles et les plus humili&eacute;s vers le Royaume. La puret&eacute; est alors &agrave; son paroxysme&nbsp;: notre c&oelig;ur est devenu plus clairement miroir de la sollicitude de Dieu pour les vivants.</p>
<p>En l&rsquo;&eacute;vangile de ce jour, J&eacute;sus nous alerte. Qu&rsquo;en est-il de notre c&oelig;ur&nbsp;? Est-il vraiment br&ucirc;lant comme l&rsquo;&eacute;tait celui des cheminants d&rsquo;Emma&uuml;s&nbsp;? est-il vraiment pr&ecirc;t &agrave; l&rsquo;aventure d&rsquo;un compagnonnage avec le Christ&nbsp;?</p>
<p>Que le Christ par son Eucharistie embrase le c&oelig;ur de chacun.</p>
<p align="right">&nbsp;</p>
<p align="right"><em>fr. Jean-Claude Lavigne</em></p>
<p>&nbsp;</p>
&nbsp;]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-5044036.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 14 juin 2009 - fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 15 Jun 2009 09:49:46 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/15/dimanche-14-juin-2009-fete-du-saint-sacrement-du-corps-et-du.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:4329301</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ancienne f&ecirc;te Dieu qui &eacute;voque pour les plus anciens d&rsquo;entre nous processions et fleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la f&ecirc;te du saint sacrement du corps et du sang du christ. Une relecture pour nous faire entrer plus profond&eacute;ment dans la compr&eacute;hension de l&rsquo;Eucharistie comme temps de la pr&eacute;sence de Dieu dans nos vies, comme m&eacute;morial du don que Dieu nous fait de sa vie. Toujours temps de f&ecirc;te, moins d&eacute;monstrative aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier, mais plus sp&eacute;cifiquement temps de la c&eacute;l&eacute;bration du Christ-don-de-Dieu, car il a tant aim&eacute; le monde qu&rsquo;il nous a envoy&eacute; son propre fils.</p>
<p style="text-align: justify;">Entrons dans cette f&ecirc;te en pleine et joyeuse confiance en la mis&eacute;ricorde de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a beaucoup de sang dans les textes de ce jour. Cela peut nous terrifier et nous inviter &agrave; un rejet ou &agrave; un d&eacute;gout. Il nous faut changer d&rsquo;imaginaire et retrouver celui d&rsquo;Isra&euml;l. Le sang vers&eacute; ne symbolise pas la mort mais la vie. Le sang c&rsquo;est qui permet la vie et maintient le corps dans sa vitalit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify;">D&egrave;s lors on comprend mieux le texte de l&rsquo;Exode. Il s&rsquo;agit de lier par le sang deux &eacute;l&eacute;ments afin qu&rsquo;une m&ecirc;me source de vie les associe et les alimente: l&rsquo;autel qui est le lieu de Dieu et les corps humains. Moise fait qu&rsquo;un m&ecirc;me sang coule sur l&rsquo;autel et sur le peuple car Dieu et son peuple ne sont qu&rsquo;une famille, li&eacute;e par le sang. Le geste de Moise est immense car il repr&eacute;sente et fait exister une communaut&eacute; entre Dieu et Isra&euml;l, une relation de filiation entre le peuple et Dieu, une Alliance. Il s&rsquo;agit alors du peuple-famille de Dieu repr&eacute;sent&eacute; par les 12 st&egrave;les, peuple qui s&rsquo;engage &agrave; vivre selon les lois de Dieu car il y trouve son bonheur et son honneur. Entre l&rsquo;autel et le peuple une m&ecirc;me vie circule.</p>
<p style="text-align: justify;">La c&eacute;l&eacute;bration met, au centre de ce lien du sang, la parole lue, &eacute;cout&eacute;e et approuv&eacute;e. Isra&euml;l ratifie sa filiation en s&rsquo;engageant &agrave; mettre en &oelig;uvre la parole de Dieu, en r&eacute;pondant par un accord &agrave; l&rsquo;appel de Dieu. La parole oriente la vitalit&eacute; vers la source profonde de la vie et permet d&rsquo;avancer vers ce lieu fondateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sang et la parole. Les deux facettes de l&rsquo;Alliance qui disent une circulation, un &eacute;change d&rsquo;o&ugrave; surgit la vie. Deux facettes ins&eacute;parables puisqu&rsquo;elles sont indispensables &agrave; l&rsquo;existence humaine d&rsquo;un vivant. J&eacute;sus va reprendre ces deux aspects pour nous ouvrir la compr&eacute;hension &agrave; la fois de sa vie et de la n&ocirc;tre. S&rsquo;il donne sa vie en entrant dans la mort, c&rsquo;est pour que nous vivions et sortions de la mort, pour que nous entrions dans l&rsquo;h&eacute;ritage &eacute;ternel. Ce qui est appel&eacute; un sacrifice est alors la manifestation d&rsquo;un lien offert pour que la vie l&rsquo;emporte.</p>
<p style="text-align: justify;">On a l&agrave; une clef pour comprendre la C&egrave;ne, le dernier repas de J&eacute;sus, moment d&rsquo;amiti&eacute; ultime et geste grave qui &eacute;loigne de nous les actes qui m&egrave;nent &agrave; la mort. J&eacute;sus propose une Alliance renouvel&eacute;e et &eacute;largie qui va au-del&agrave; du sacrifice d&rsquo;animaux. Cette Alliance repose sur un don d&rsquo;homme et par l&agrave;, elle est un geste d&rsquo;amiti&eacute; extr&ecirc;me. A toute l&rsquo;humanit&eacute; pass&eacute;e, pr&eacute;sente et &agrave; venir, et pas seulement au peuple juif mais &agrave; lui aussi, est propos&eacute;e de se comprendre comme li&eacute;e au Christ pour cheminer avec lui vers le P&egrave;re. Tout humain peut relire son existence &agrave; travers cette alliance offerte gratuitement, donn&eacute;e par amiti&eacute;: le vin partag&eacute; est le sang qui nous associe au Christ et &agrave; sa famille, le sang qui nous fait participer &agrave; la famille de Dieu. Ainsi chaque eucharistie nous propose cette relecture pour que nous comprenions notre bonheur d&rsquo;appartenir &agrave; ce groupe et que nous en tirions les cons&eacute;quences dans notre vie de tous les jours et dans nos relations fraternelles.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole de J&eacute;sus, pendant le repas, reprend les paroles juives de la b&eacute;n&eacute;diction mais les d&eacute;place. La parole, cette autre source de la vitalit&eacute;, donne sens au vin partag&eacute; dans la triple signification du mot: une interpr&eacute;tation: le vin est le sang de vie et d&rsquo;alliance, une exp&eacute;riencesensible: une f&ecirc;te familiale joyeuse et une direction: elle anticipe le Royaume et le retour glorieux du Christ. Chaque eucharistie a cette triple signification en &eacute;cho aux paroles prononc&eacute;es par J&eacute;sus pendant ce repas.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a aussi le pain, certes pr&eacute;sent dans la b&eacute;n&eacute;diction du repas juif mais absent du rituel rapport&eacute; par Exode. C&rsquo;est &eacute;tonnant comme nous avions oubli&eacute; avant Vatican II la place du vin. Le pain partag&eacute; fait &eacute;cho au Pain de Vie de l&rsquo;Evangile de Jean, &agrave; la manne du d&eacute;sert qui sauve le peuple en exode de la faim. Le pain qui est au service du corps, de sa croissance et de la survie. J&eacute;sus nous invite &agrave; passer du pain &agrave; son corps &agrave; prendre, &agrave; saisir et &agrave; incorporer dans notre propre corps. Exp&eacute;rience d&rsquo;un corps &agrave; corps au b&eacute;n&eacute;fice de notre vitalit&eacute;. L&rsquo;eucharistie est ainsi un lieu o&ugrave; nos forces peuvent &ecirc;tre refaites, o&ugrave; le meilleur de nous-m&ecirc;mes peut s&rsquo;affirmer et traverser le mal et nos faiblesses. Lieu o&ugrave; les forces de mort sont mises en d&eacute;route au profit de notre croissance en intimit&eacute; avec le Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi chaque eucharistie est pour nous une chance pour explorer une nouvelle humanit&eacute; marqu&eacute;e par la fraternit&eacute;, par un renouveau de nos forces et par une orientation de nos vies vers une attente du Christ. C&rsquo;est une chance qu&rsquo;il ne faut pas laisser passer. L&rsquo;Eucharistie ressemble alors au petit monsieur qui portait une cruche d&rsquo;eau et a servi de signe pour le jeu de piste qui a permis aux ap&ocirc;tres de trouver le lieu de la derni&egrave;re C&egrave;ne. Personnage bien &eacute;trange et un peu improbable sauf s&rsquo;il est un clin d&rsquo;&oelig;il pour nous dire que dans le monde ouvert par l&rsquo;Eucharistie tout est possible et que le partage du vin, du pain et de la Parole inaugure des temps nouveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Affirmer qu&rsquo;un partage si modeste de pain et de vin peut changer des personnes qui ne se connaissaient pas en fr&egrave;res et s&oelig;urs est une v&eacute;ritable utopie. C&rsquo;est pourtant ce que J&eacute;sus nous invite &agrave; vivre: il nous le promet chaque fois que nous ferons cela il sera pr&egrave;s de nous, entre nous et peut-&ecirc;tre l&rsquo;un de nous. Alors ne laissons pas l&rsquo;Eucharistie devenir un rituel formel et habituel mais faisons de ce temps celui d&rsquo;un rendez-vous amoureux avec celui qui est la source de la Vie.<span> </span></p>
<p style="text-align: justify;">Fr. Jean Claude Lavigne op</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-4329301.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 7 juin 2009 - fête de la Trinité - Prédication du fr. Philippe Verdin</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 08 Jun 2009 04:51:23 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/8/dimanche-7-juin-2009-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-ph.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:4222954</guid><description><![CDATA[<p>A la messe, quelle est la premi&egrave;re chose que nous faisons ? La premi&egrave;re chose que nous faisons, comme souvent dans la liturgie chr&eacute;tienne, c&rsquo;est un geste avec une parole, une parole avec un geste. Nous tra&ccedil;ons un signe de croix et nous disons: &laquo;Au nom du P&egrave;re, et du Fils et du Saint-Esprit.&raquo; Aujourd&rsquo;hui, nous c&eacute;l&eacute;brons la sainte Trinit&eacute;. La Trinit&eacute;, c&rsquo;est abstrait. Pourtant nous l&rsquo;invoquons &agrave; la moindre de nos pri&egrave;res, lorsque nous disons: &laquo;Au nom du P&egrave;re, et du Fils et du Saint-Esprit.&raquo;</p>
<p>Perspicace comme d&rsquo;habitude, Timothy Radcliffe, au d&eacute;but de son dernier livre, qui est en vente, &agrave; la sortie de cette messe, au Passage, Timothy pose cette question impertinente: &laquo;Quand nous disons &laquo;Au nom du P&egrave;re, du Fils, et du Saint-Esprit&raquo;, disons-nous un seul nom, ou trois? Chacune des personnes de la Trinit&eacute;, en effet, existe pour les deux autres.&raquo;</p>
<p>La Trinit&eacute;, c&rsquo;est compliqu&eacute;.</p>
<p>Nous voulons conna&icirc;tre Dieu, pour pouvoir mieux l&rsquo;aimer. Nous voulons conna&icirc;tre Dieu, pour pouvoir mieux en parler. Mais en se faisant un seul Dieu, deux natures et trois personnes, il faut avouer que Dieu nous a compliqu&eacute; les choses. J&rsquo;ai v&eacute;cu au S&eacute;n&eacute;gal, un pays o&ugrave; les Musulmans sont curieux de comprendre le myst&egrave;re de la foi chr&eacute;tienne. La Sainte-Vierge, pour eux, &ccedil;a va. Le pape, &ccedil;a va, l&rsquo;eucharistie, &ccedil;a va. Mais il y a deux choses d&eacute;lirantes &agrave; leurs yeux, c&rsquo;est l&rsquo;incarnation &ndash; un Dieu qui se fait homme, c&rsquo;est comme un banquier qui se fait clochard &ndash; et la Trinit&eacute;. La Trinit&eacute; pour mes amis musulmans du S&eacute;n&eacute;gal, c&rsquo;est incompr&eacute;hensible, c&rsquo;est absurde. Dieu, parce qu&rsquo;il est Dieu, est un. Il est unique. Il est l&rsquo;unique. Il est le contraire du diable, qui lui n&rsquo;est pas un mais &laquo;l&eacute;gion&raquo;.</p>
<p>Reconnaissons que ce qui est difficile pour un Musulman s&eacute;n&eacute;galais est aussi difficile pour un catholique fran&ccedil;ais. Les plus grands th&eacute;ologiens et mystiques s&rsquo;y sont cass&eacute;s les dents.</p>
<p>Saint Anselme, au onzi&egrave;me si&egrave;cle, s&rsquo;adresse &agrave; Dieu et lui dit: &laquo;Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse &ecirc;tre pens&eacute;.&raquo; Rien de plus grand ne peut &ecirc;tre pens&eacute;... L&rsquo;immensit&eacute; infinit&eacute;simale de Dieu donne le tournis et le mal de t&ecirc;te.</p>
<p>Vous connaissez cette histoire, mais je ne r&eacute;siste pas au plaisir de vous la raconter encore une fois. Un jour, au bord de la M&eacute;diterran&eacute;e, dans le golfe d&rsquo;Hippone, &agrave; la fronti&egrave;re entre Alg&eacute;rie et la Tunisie, Saint Augustin se prom&egrave;ne sur la plage. Nous sommes en 400. Augustin a entreprit l&rsquo;&eacute;criture de sa somme en quinze livres sur la Trinit&eacute;. Il r&eacute;fl&eacute;chit en marchant sur le sable. Il cherche &agrave; comprendre comment Dieu peut &ecirc;tre &agrave; la fois un et trois. Soudain, il s&rsquo;arr&ecirc;te. Il voit au bord de l&rsquo;eau un petit gar&ccedil;on qui creuse un trou avec un coquillage. Il observe le man&egrave;ge de l&rsquo;enfant, qui court de la mer &agrave; son trou dans le sable. Intrigu&eacute;, Augustin s&rsquo;approche et demande: &laquo;Que fais-tu mon bonhomme?&raquo; L&rsquo;enfant explique: &laquo;Je veux verser toute la mer dans mon trou.&raquo; Augustin sourit:&laquo;Mais tu n&rsquo;y arriveras jamais! Avec ce que contient ton coquillage, il faudrait des millions d&rsquo;ann&eacute;es pour transvaser la mer. En plus, l&rsquo;eau que tu verses dans ce trou retourne au fur et &agrave; mesure &agrave; la mer, car le sable n&rsquo;est pas l&rsquo;argile: l&rsquo;eau s&rsquo;&eacute;chappe!&raquo; Alors le petit gar&ccedil;on l&egrave;ve son visage grave et dit: &laquo;Tu vois Augustin: il est aussi difficile de faire entrer la mer dans mon trou que de comprendre le myst&egrave;re de la Trinit&eacute;.&raquo;</p>
<p>Parole de sagesse, qui n&rsquo;emp&ecirc;cha pas Augustin de travailler jusqu&rsquo;&agrave; sa mort &agrave; la r&eacute;daction de son de Trinitate. Car nous voulons conna&icirc;tre Dieu. Si nous ne cherchons pas Dieu, nous ressemblons &agrave; des radis. L&rsquo;insouciance m&eacute;taphysique est le luxe des l&eacute;gumes. Nous voulons approcher le myst&egrave;re de la Trinit&eacute;. Et pas seulement l&rsquo;approcher, comme Mo&iuml;se approcha le buisson ardent, mais le p&eacute;n&eacute;trer, &ecirc;tre entra&icirc;n&eacute; par lui et en lui, comme les vaches et les autobus, dans le film Twister, sont soulev&eacute;s de terre et emport&eacute;s par la m&eacute;ga-tornade. L&rsquo;amour que ce porte les trois personnes de la Trinit&eacute; provoque une tornade des millions de fois plus forte que celle de Twister.</p>
<p>Les mystiques ont devin&eacute; que la force de Dieu venait de ce qu&rsquo;il est &agrave; la fois un et trois. Saint Gr&eacute;goire de Naziance &eacute;crit: &laquo;Un, c&rsquo;est la tristesse de la solitude. Deux c&rsquo;est l&rsquo;opposition, c&rsquo;est le face-&agrave;-face t&ecirc;tu. Trois, c&rsquo; est le nombre qui d&eacute;passe la s&eacute;paration et permet la communion.&raquo; Catherine de Sienne, Elisabeth de la Trinit&eacute; ont chant&eacute; le g&eacute;nie d&rsquo;un Dieu qui est trois Personnes. Car le rapport entre les trois personnes de la Trinit&eacute;, c&rsquo;est l&rsquo;amour. Dieu le p&egrave;re engendre le fils par amour. Et cet amour est si fort, si puissant, qu&rsquo;il est une Personne. Il s&rsquo;appelle l&rsquo;Esprit. La relation d&rsquo;amour entre ces Trois personnes est &agrave; son tour tellement forte qu&rsquo;elle d&eacute;borde et qu&rsquo;elle cr&eacute;e le monde. L&rsquo;amour est f&eacute;cond. L&rsquo;amour qui existe entre les trois Personnes donne naissance au monde, puis &agrave; l&rsquo;homme. L&rsquo;amour est une force centrip&egrave;te. Dieu attire l&rsquo;homme. Dieu veut que l&rsquo;homme participe &agrave; cet amour. C&rsquo;est comme un volcan en &eacute;ruption permanente, qui d&eacute;verse son feu, qui fait jaillir des &icirc;les au milieu de l&rsquo;oc&eacute;an pacifique, qui transforme et absorbe tout sur son passage.</p>
<p>Dans cette tornade d&rsquo;amour, dans ce volcan bouillonnant, l&rsquo;homme peut &ecirc;tre pris de frayeur. Il se sent comme un f&eacute;tu ballott&eacute; dans une aventure gigantesque, emport&eacute; entre le P&egrave;re, le Fils et l&rsquo;Esprit, petite brindille soulev&eacute;e par un maelstr&ouml;m.</p>
<p>Dieu le rassure. L&rsquo;amour peut nous br&ucirc;ler, mais pas nous tuer. L&rsquo;amour de Dieu, si fort quand il d&eacute;ploie son pouvoir de cr&eacute;ation, se fait tout doux, tendre et l&eacute;ger quand il s&rsquo;approche de l&rsquo;homme fragile et inquiet. La Trinit&eacute; murmure comme une brise l&eacute;g&egrave;re. L&rsquo;amour ne hausse pas le ton. La Trinit&eacute; se fait humble pour que l&rsquo;homme puisse vaguement la comprendre, pour que l&rsquo;homme accepte de se laisser saisir.</p>
<p>Dieu est unique, mais non pas solitaire. A cause de cette unit&eacute;, le P&egrave;re est tout entier dans le Fils, tout entier dans l&rsquo;Esprit. Le Fils est tout entier dans le P&egrave;re, tout entier dans l&rsquo;Esprit. L&rsquo;Esprit est tout entier dans le P&egrave;re, tout entier dans le Fils. Et nous, si nous le voulons, nous serons tout entier dans la Trinit&eacute;. C&rsquo;est le r&ecirc;ve de J&eacute;suspour nous :&laquo;Que tous soient un comme je suis un dans le P&egrave;re.&raquo; Laissons Dieu agir en nous pour communier pleinement, int&eacute;gralement &agrave; sa vie.</p>
<p>Amen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-4222954.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 31 mai 2009 - dimanche de Pentecôte - Prédication du fr. Thierry-Marie Courau</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Fri, 05 Jun 2009 08:45:20 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/5/dimanche-31-mai-2009-dimanche-de-pentecote-predication-du-fr.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:4200529</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;&laquo;Quand il viendra, l&rsquo;Esprit de v&eacute;rit&eacute;, il vous guidera vers la v&eacute;rit&eacute; tout enti&egrave;re. En effet, ce qu&rsquo;il dira ne viendra pas de lui-m&ecirc;me: il redira tout ce qu&rsquo;il aura entendu.&raquo;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Avec ces mots, J&eacute;sus nous fait d&eacute;couvrir une des activit&eacute;s de la troisi&egrave;me personne de la Trinit&eacute;, que nous appelons l&rsquo;Esprit Saint: celle de nous conduire vers la v&eacute;rit&eacute; tout enti&egrave;re, de nous faire conna&icirc;tre le P&egrave;re, de comprendre le myst&egrave;re du Fils et le myst&egrave;re de l&rsquo;homme. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Eglise est toujours en marche vers cette v&eacute;rit&eacute; qui se d&eacute;voile peu &agrave; peu.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Lorsque Dieu dans la chair quitte l&rsquo;exp&eacute;rience terrestre, quand le Christ mort et ressuscit&eacute; se s&eacute;pare de notre terre, il ne l&rsquo;abandonne pas. Bien au contraire. Nous pourrions m&ecirc;me dire que de fa&ccedil;on extensive et non plus seulement intensive, Dieu d&eacute;ploie le don de lui-m&ecirc;me dans l&rsquo;Esprit Saint et cela toujours en vue de notre salut.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ce salut qui est &oelig;uvre de v&eacute;rit&eacute; et de libert&eacute;, de communion d&rsquo;amour et de parole, de communion de vie et de dialogue de l&rsquo;homme avec Dieu et des hommes entre eux.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;L&rsquo;&oelig;uvre de salut que vient r&eacute;aliser le Christ et qu&rsquo;&eacute;panouit l&rsquo;Esprit Saint est ce r&eacute;tablissement du dialogue d&rsquo;amour, cette r&eacute;conciliation des c&oelig;urs et des intelligences, cette r&eacute;conciliation des humanit&eacute;s.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est pourquoi, le Christ avant d&rsquo;entrer dans sa passion d&eacute;clare &agrave; ses disciples qu&rsquo;il va leur envoyer l&rsquo;Esprit Saint, qui est Paraclet et Consolateur, qui est lumi&egrave;re et chaleur, qui est l&rsquo;Esprit de v&eacute;rit&eacute; et d&rsquo;amour, qui remet les p&eacute;ch&eacute;s, c&rsquo;est-&agrave;-dire qui r&eacute;-ouvre &agrave; l&rsquo;amour, &agrave; la vie ce qui lui &eacute;tait ferm&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Et effectivement, lorsque les ap&ocirc;tres sont r&eacute;unis le cinquanti&egrave;me jour apr&egrave;s la f&ecirc;te juive de P&acirc;ques, en ce jour o&ugrave; les juifs c&eacute;l&egrave;brent l&rsquo;Alliance entre Dieu et Isra&euml;l au Sina&iuml;, la sorte de feu qui vient se poser sur chacun d&rsquo;eux leur donne de proclamer la v&eacute;rit&eacute; dans l&rsquo;amour, c&rsquo;est-&agrave;-dire de faire entendre &agrave; chacun dans sa langue, dans sa culture, la splendeur de l&rsquo;&oelig;uvre de Dieu.</p>
<p style="margin-left: 35.4pt; text-align: justify; line-height: 14pt;">&laquo;Tous, nous les entendons proclamer dans nos langues, les merveilles de Dieu.&raquo;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Les c&oelig;urs et les intelligences se r&eacute;concilient, elles apprennent &agrave; voir, &agrave; comprendre, sous l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit, la r&eacute;alit&eacute; qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; sous leurs yeux, mais qu&rsquo;ils ne voyaient pas.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ils ne voyaient qu&rsquo;&agrave; travers ce qu&rsquo;ils cherchaient &agrave; saisir, c&rsquo;est-&agrave;-dire peu de chose. A l&rsquo;inverse, l&rsquo;Esprit Saint ouvre leur champ de vision, il fait &oelig;uvre de v&eacute;rit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cette action d&rsquo;ouverture est v&eacute;cue dans et par le corps lui-m&ecirc;me comme une boisson qui vient r&eacute;pondre &agrave; la soif de v&eacute;rit&eacute; et d&rsquo;amour, comme un rafra&icirc;chissement: &laquo;Tous nous avons &eacute;t&eacute; d&eacute;salt&eacute;r&eacute;s par l&rsquo;unique Esprit.&raquo; C&rsquo;est pourquoi, le corps est v&eacute;ritablement l&rsquo;habitation, le temple o&ugrave; vit l&rsquo;Esprit.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cette action d&rsquo;ouverture est v&eacute;cue aussi au-del&agrave; du corps comme le lien qui relie sans lier, comme le milieu commun qui fait une seule communion, un seul corps. Ce corps qui se manifeste quand nous faisons Eglise, quand nos diversit&eacute;s irr&eacute;conciliables dans la vie courante deviennent, ici, en ce lieu, action de gr&acirc;ces (et peut-&ecirc;tre malheureusement parfois: que pour ce temps).</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est pourtant la vie &eacute;ternelle qui y est &eacute;prouv&eacute;e, c&rsquo;est l&rsquo;exp&eacute;rience de la connaissance intime de la pr&eacute;sence et de l&rsquo;action divine dans notre chair, c&rsquo;est la communion d&rsquo;amour humano-divine et inter-humaine qui accomplit notre plus profond d&eacute;sir, celui d&rsquo;&ecirc;tre pleinement homme en relation, et non plus homme d&rsquo;ali&eacute;nation.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;<em>L&rsquo;ouverture est jaillissement</em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Nous comprenons bien que cette vie &eacute;ternelle est mouvement d&rsquo;ouverture et d&rsquo;&eacute;largissement, c'est-&agrave;-dire le mouvement de l&rsquo;amour v&eacute;ritable. Elle est un engendrement, un jaillissement de f&eacute;condit&eacute; et d&rsquo;unit&eacute;, qui n&eacute;cessite trois acteurs, l&rsquo;origine du mouvement, la fin du mouvement et le mouvement lui-m&ecirc;me. Les trois sont ins&eacute;parables et de m&ecirc;me embrasure. Ils sont appel&eacute;s ensemble Trinit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;L&rsquo;Esprit Saint est ainsi celui-l&agrave; m&ecirc;me en lequel le P&egrave;re engendre, et par lequel le Fils est engendr&eacute;. Aucun n&rsquo;est sans l&rsquo;autre et pourtant personne ne peut prendre la place de l&rsquo;autre.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Les P&egrave;res grecs ont une admirable image pour &eacute;voquer cette vie trinitaire, celle d&rsquo;une danse tournante (comme la c&eacute;l&egrave;bre &oelig;uvre de Matisse intitul&eacute;e la danse), ce que les latins appellent une marche circulaire.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C'est ce mouvement m&ecirc;me de la danse qui est l&rsquo;ouvrier de la vie, qui &oelig;uvre &agrave; la vie, la permet et la d&eacute;ploie. C'est pourquoi, l&rsquo;Esprit Saint est appel&eacute; Esprit de Vie, cet Esprit de f&eacute;condit&eacute; qui est et vient de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cet Esprit Saint jaillit effectivement hors de Dieu, sans rien perdre de sa divinit&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire sans sortir de Dieu; sans rien perdre de sa dimension d&rsquo;amour, d&rsquo;ouverture, de vie, car l&rsquo;ouverture qu&rsquo;il est, est elle-m&ecirc;me accueil, retrait de soi, possibilit&eacute; d&rsquo;existence donn&eacute;e &agrave; tout autre, hospitalit&eacute;. Dieu jaillit hors de lui-m&ecirc;me en accueillant en lui le monde qu&rsquo;il conduit &agrave; l&rsquo;existence.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Avec le Christ sur la croix, en sa vie, en sa mort et r&eacute;surrection, en sa plaie au c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;ouverture de la chair humano-divine se fait br&egrave;che d&eacute;finitive pour laisser jaillir l&rsquo;Esprit Saint.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est un peu comme cette eau de Lourdes qui sourd dans le rocher jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;une jeune fille, Bernadette, se mette &agrave; creuser la terre et &agrave; faire ainsi une ouverture pour que l&rsquo;eau en jaillisse. Cette grotte, cette eau est accueillante comme Dieu l&rsquo;est pour le monde par son Fils. Ce rocher se fait br&egrave;che pour que l&rsquo;homme vienne s&rsquo;y plonger tel qu&rsquo;il est.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;<em>Le jaillissement est douceur</em></p>
<p style="line-height: 14pt; vertical-align: baseline;"><span style="font-family: Times;">Si ce mouvement int&eacute;rieur et ext&eacute;rieur de la vie divine qu&rsquo;est l&rsquo;Esprit Saint reste difficile &agrave; saisir par nos mots et notre intelligence, il nous reste &agrave; en constater l&rsquo;&oelig;uvre dans nos vies. Chaque jour nous pouvons &ecirc;tre t&eacute;moin de son action et de sa pr&eacute;sence, si nous apprenons &agrave; les voir.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Son sceau, la marque de sa pr&eacute;sence et de son activit&eacute; ne sont pas spectaculaires comme un tremblement de terre, mais tout au contraire ils sont comme cette douceur de la pierre sur laquelle l&rsquo;eau a pass&eacute; et repass&eacute; sans se lasser. Douceur &eacute;prouv&eacute;e quand dans nos vies adviennent la confiance et la v&eacute;rit&eacute;, la r&eacute;conciliation et la paix, l&rsquo;amour au sens v&eacute;ritable de la capacit&eacute; d&rsquo;accueil et d&rsquo;ajustement &agrave; celui qui vient &agrave; nous.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Voici ce que produit l&rsquo;Esprit nous dit Paul dans sa lettre aux Galates: amour, joie, paix, patience, bont&eacute;, bienveillance, foi, humilit&eacute;, et ma&icirc;trise de soi.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ce sont les signes infaillibles de l&rsquo;activit&eacute; de Dieu dans notre vie et de l&rsquo;&oelig;uvre de transformation qu&rsquo;il y r&eacute;alise.</p>
<p>Puissions-nous le laisser faire. Amen.</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><em>Fr. Thierry-Marie Courau, o.p.</em></p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-4200529.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 29 mars 2009 - 5ème dimanche de Carême - Prédication du fr. Joseph de Nauroy</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Wed, 08 Apr 2009 12:46:25 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/4/8/dimanche-29-mars-2009-5eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:3590730</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: center;" align="center">&nbsp;<strong>J&eacute;sus choisit de monter vers sa P&acirc;que. Il ouvre pour les hommes le chemin du salut</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le salut, Quelle r&eacute;alit&eacute; d&eacute;signe-t-il?</p>
<p style="text-align: justify;">Le salut, c&rsquo;est la vie, au lieu de la mort. C&rsquo;est le bien, au lieu du mal. C&rsquo;est la libert&eacute;, au lieu de la prison du p&eacute;ch&eacute; de l&rsquo;orgueil, de l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme. La vie, le bien, la libert&eacute; absolus, existent-ils? Oui. Ils existent, en Dieu. Ils sont Dieu lui-m&ecirc;me. Tout le reste est limit&eacute;, tout le reste est passager. P&acirc;que signifie<span> </span>&laquo;passage&raquo;. La P&acirc;que, c&rsquo;est le passage vers ce qui ne passe pas.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Dans notre &eacute;vangile, J&eacute;sus vient d&rsquo;entrer &agrave; J&eacute;rusalem, au milieu des acclamations. Devant l&rsquo;imminence de sa Passion, il est boulevers&eacute;. Dans son angoisse, que fait-il? Il se tourne vers son P&egrave;re. Il prie. Dans sa pri&egrave;re, que demande- t-il?<span> </span>Que ses souffrances lui soient &eacute;pargn&eacute;es? Non. Le d&eacute;sir de sauver sa vie se transforme en &eacute;lan d&rsquo;amour envers Dieu, son P&egrave;re, envers les hommes. Il sait que son heure est venue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Quand vient pour nous, pour nos proches, l&rsquo;heure de l&rsquo;&eacute;preuve, de la souffrance, quand viendra celle qui sera la derni&egrave;re, nous aussi, prions, comme il nous l&rsquo;a enseign&eacute;: Notre P&egrave;re, que ton Nom soit sanctifi&eacute;, que ton r&egrave;gne vienne, que ta volont&eacute; soit faite.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Les p&egrave;lerins grecs ne re&ccedil;oivent pas directement une r&eacute;ponse. J&eacute;sus parle aux disciples. Ils seront appel&eacute;s &agrave; dire au monde que, par la croix, le salut est offert &agrave; tous les hommes. La victoire de J&eacute;sus sur le mal est r&eacute;elle. Il reste aux croyants &agrave; se l&rsquo;approprier. En souffrant pour nous, il ne nous a pas simplement donn&eacute; un exemple. Il a ouvert pour nous une route nouvelle. Si nous la suivons, la vie, la mort prennent un sens nouveau.La mort et la r&eacute;surrection du Christ ouvrent pour les hommes le chemin du salut.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Fr&egrave;res et s&oelig;urs, nous connaissons une p&eacute;riode de crise. Bien avant nous, quelqu&rsquo;un a v&eacute;cu une crise grave, douloureuse. C&rsquo;est le proph&egrave;te J&eacute;r&eacute;mie. Il a vu l&rsquo;effondrement du Royaume de Juda, la destruction de J&eacute;rusalem, la d&eacute;portation du peuple. Lui-m&ecirc;me mourra en exil. Michel Ange l&rsquo;a peint, &agrave; la Chapelle Sixtine, &agrave; gauche de l&rsquo;autel. Il le montre assis, m&eacute;ditant sur les malheurs de son peuple. A son propos, on parle de J&eacute;r&eacute;miades. Il faut surtout parler d&rsquo;esp&eacute;rance. Une esp&eacute;rance fond&eacute;e sur une foi in&eacute;branlable en l&rsquo;amour divin. Dans ses souffrances, il entrevoit un renouvellement de l&rsquo;Alliance, un retour &agrave; une religion du c&oelig;ur, de la justice. Le p&eacute;ch&eacute; de l&rsquo;homme bouleverse l&rsquo;&eacute;quilibre de la cr&eacute;ation. Seule une conversion profonde pourra r&eacute;tablir l&rsquo;ordre pr&eacute;vu par le Cr&eacute;ateur. Voil&agrave; des propos &eacute;tonnamment modernes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Le passage du livre de J&eacute;r&eacute;mie, notre premi&egrave;re lecture, se trouve int&eacute;gralement cit&eacute; dans la Lettre aux H&eacute;breux. Nous pouvons nous demander: Pourquoi cette Lettre? Qui sont ces H&eacute;breux?</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Ce sont des chr&eacute;tiens venus du juda&iuml;sme. Eux aussi connaissent une crise grave. Apr&egrave;s leur conversion, ils sont gagn&eacute;s par le doute, le d&eacute;couragement. Ils sont d&eacute;concert&eacute;s par les &eacute;preuves, les pers&eacute;cutions. Ils sont troubl&eacute;s par le caract&egrave;re pauvre<span> </span>de leur liturgie, contrastant avec les c&eacute;r&eacute;monies de la synagogue, du Temple. Ne se sont-ils pas tromp&eacute;s en abandonnant la religion de leurs p&egrave;res?</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>La Lettre cherche &agrave; les encourager. Les id&eacute;es sont de saint Paul, bien que le style soit d&rsquo;un disciple. Il montre que J&eacute;sus a apport&eacute; une Alliance, un sacerdoce infiniment sup&eacute;rieurs aux anciens. Il a connu la faiblesse, l&rsquo;humiliation de la croix, pour assurer le salut des hommes, dont il se faisait ainsi le fr&egrave;re. Pour devenir par l&rsquo;exp&eacute;rience de la douleur un grand-pr&ecirc;tre mis&eacute;ricordieux. L&rsquo;Alliance nouvelle, d&eacute;sir&eacute;e par J&eacute;r&eacute;mie, a &eacute;t&eacute; scell&eacute;e par son sang. Il faut pers&eacute;v&eacute;rer, ne pas se laisser d&eacute;courager par les &eacute;preuves; vivre sa foi, &agrave; l&rsquo;exemple des saints de l&rsquo;Ancien Testament. Ils ont v&eacute;cu, souffert, dans l&rsquo;attente d&rsquo;un messie &agrave; venir. Ce messie est venu. Il est entr&eacute; pour toujours dans sa gloire, dans sa puissance lumineuse, heureuse, que nous verrons un jour face &agrave; face.<span> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>En c&eacute;l&eacute;brant l&rsquo;Eucharistie, retenons ce que Paul &eacute;crit aux fid&egrave;les de Corinthe: &laquo;Chaque fois que mangez ce pain et buvez &agrave; cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il vienne.&raquo; Cela signifie qu&rsquo;&agrave; chaque messe, &agrave; chaque communion, nous entrons dans le grand mouvement de la mort et de la r&eacute;surrection du Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">En choisissant de monter vers sa P&acirc;que, J&eacute;sus a ouvert pour tous les hommes, le chemin du salut, celui de la vie, celui de la libert&eacute;, celui du plus grand amour.<br />Amen.</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-3590730.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 15 mars 2009 - 3ème dimanche de Carême - Prédication du fr. Thierry-Marie Courau</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Sun, 15 Mar 2009 14:57:12 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/15/dimanche-15-mars-2009-3eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:3316398</guid><description><![CDATA[<p style="margin: 7.2pt 0cm; line-height: normal;"><span>&laquo;Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.&raquo;</span></p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu est fou. Voil&agrave; la d&eacute;claration de saint Paul.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu est fou et Dieu en son Fils, J&eacute;sus le Christ, est fou.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">De quoi, Le P&egrave;re et Le Fils sont-ils fous?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Pour quoi, en vue de quoi sont-ils fous?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ils sont fous d&rsquo;amour. Et ce qui les guide, c&rsquo;est l&rsquo;amour et ceux auxquels ils le propose pour en vivre. Ils s&rsquo;y consacrent totalement.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&laquo;L&rsquo;amour de ta maison fera mon tourment&raquo;, dit l&rsquo;Ecriture.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Voil&agrave; la cl&eacute; pour comprendre l&rsquo;action de J&eacute;sus au temps de son humanit&eacute;, voil&agrave; la cl&eacute; pour comprendre l&rsquo;action de Dieu dans nos existences. La folie de l&rsquo;amour est ce qui guide l&rsquo;action de Dieu.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Or la folie de l&rsquo;amour se r&eacute;v&egrave;le en particulier en l&rsquo;abandon de la force et de la contrainte &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;autrui, en l&rsquo;abandon de la puissance et de la domination, y compris en ce qui concerne l&rsquo;amour. Dieu renonce &agrave; &ecirc;tre aim&eacute; par la contrainte qu&rsquo;elle soit physique, psychique, morale, religieuse ou spirituelle. Dieu qui lib&egrave;re l&rsquo;homme de ses esclavages, comme nous le dit la lecture du livre de l&rsquo;Exode, ne saurait r&eacute;tablir un quelconque esclavage, fut-ce celui de l&rsquo;amour.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">C&rsquo;est ce renoncement &agrave; un quelconque pourvoir sur l&rsquo;homme qui est une pure folie. Ce renoncement conduit Dieu &agrave; la totale livraison de lui-m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;homme. La folie de l&rsquo;amour de Dieu pour le monde se r&eacute;v&egrave;le dans un double mouvement, d&rsquo;une part d&rsquo;entrer dans l&rsquo;existence humaine comme n&rsquo;importe quel humain venant dans le monde, et d&rsquo;autre part, de se laisser humilier et mettre sur une croix.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&laquo;Nous proclamons un Messie crucifi&eacute;, scandale pour les juifs, folie pour les peuples pa&iuml;ens... il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.&raquo;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Concevoir que Dieu puisse entrer dans l&rsquo;existence humaine, qu&rsquo;il puisse y demeurer comme l&rsquo;un des siens, pour en &ecirc;tre rejet&eacute; par l&rsquo;assassinat, reste de l&rsquo;ordre d&rsquo;un inimaginable et d&rsquo;un inconcevable pour les hommes.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">La r&eacute;sistance que cette position suscite chez les interlocuteurs de Paul, juifs ou pa&iuml;ens, mais aussi dans toutes les traditions religieuses ou philosophiques du monde, manifeste que nous ne pouvons comprendre le monde et l&rsquo;humain, selon le regard de Dieu, qu&rsquo;&agrave; partir de cela.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu, qui reste l&rsquo;absolu, le totalement s&eacute;par&eacute;, devient le totalement proche, sans rien perdre de son absolu. Celui qui s&rsquo;est approch&eacute; est devenu le tout &agrave; fait rejet&eacute;. Celui qui est pass&eacute; par la d&eacute;r&eacute;liction, par le complet abandon, par la perte int&eacute;grale, ne renonce pas &agrave; son intimit&eacute; avec ceux qu&rsquo;il est venu, et qu&rsquo;il vient, visiter et rencontrer.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Comment l&rsquo;absolu pourrait-il supporter de frayer avec la fange humaine, et d&rsquo;autant plus d&rsquo;&eacute;prouver la douleur, la souffrance, et la mort?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain est incapable d&rsquo;imaginer cette humanit&eacute; de Dieu. Au contraire, il est tent&eacute; de la rejeter. Pourtant, c&rsquo;est cette humanit&eacute; divine, pass&eacute;e par la croix, qui devient le lieu de passage pour l&rsquo;humain.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain re&ccedil;oit du Christ le sens de son propre exister. En devenant configur&eacute; &agrave; Dieu venu dans la chair, au Christ, en le suivant, en devenant son ami et son fr&egrave;re, l&rsquo;humain devient dieu. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il acc&egrave;de &agrave; sa v&eacute;ritable humanit&eacute;, au statut entier et pl&eacute;nier d&rsquo;homme. Celle de pouvoir &ecirc;tre en relation avec tout autre humain dans une attitude d&rsquo;accueil et de service. C'est le chemin qu&rsquo;offre Dieu devenu homme, &agrave; tout humain sans exception.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Le passage par le divin devient le passage pour l&rsquo;humain, pour devenir un homme v&eacute;ritable et non pas quelqu&rsquo;un qui fait figure d&rsquo;homme. Cela reste un inimaginable, y compris pour les chr&eacute;tiens.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Comment cela: il nous faut devenir dieu pour devenir homme!</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain pourrait encore accepter que Dieu vienne dans l&rsquo;humanit&eacute;. Mais il ne veut pas penser que l&rsquo;homme puisse entrer dans la vie divine au point d&rsquo;&ecirc;tre lui-m&ecirc;me dieu.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne le veut pas parce qu&rsquo;il se trompe de Dieu, parce qu&rsquo;il se construit sans cesse de fausses images de Dieu, de ce que la premi&egrave;re lecture appelle des idoles.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain ne peut pas supporter que l&rsquo;on touche &agrave; son image de Dieu. L&rsquo;humain veut bien d&rsquo;un Dieu que l&rsquo;on adore, que l&rsquo;on emploie pour qu&rsquo;il soit bienveillant et indulgent sur les faiblesses, pour qu&rsquo;il puisse r&eacute;pondre aux besoins, aux craintes et aux peurs. Il veut bien d&rsquo;un Dieu utile aux existences humaines, que l&rsquo;on ach&egrave;te en quelque sorte, pour obtenir la sant&eacute; ou la paix du c&oelig;ur, ou que l&rsquo;on utilise pour son profit personnel ou collectif. Mais il ne veut pas plus.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il veut un Dieu utile pour son commerce, utile pour ses affaires.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne veut pas d&rsquo;un Dieu inutile, expos&eacute; mort sur une croix.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne veut pas d&rsquo;un Dieu dont le projet est l&rsquo;amiti&eacute; et le service de l&rsquo;homme, la rencontre dans la v&eacute;rit&eacute;.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dans ce r&eacute;cit de Jean, J&eacute;sus vient contester de fa&ccedil;on d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e l&rsquo;instrumentalisation de Dieu en venant dans le Temple chasser les vendeurs et renverser les tables des changeurs. Ici, J&eacute;sus ne conteste pas le rituel qui veut que, pour manifester le don que l&rsquo;on fait de soi-m&ecirc;me &agrave; Dieu, on offre des sacrifices. Ceci fait partie de la Loi juive. Et il faut bien du b&eacute;tail et des oiseaux pour le faire. Ce qui cr&eacute;e un commerce. Ce n&rsquo;est pas la question.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ce que J&eacute;sus veut manifester c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de faire de Dieu, et de la maison de Dieu, la caution et le lieu de ses petites affaires, de son commerce. Le nom de Dieu et le lieu o&ugrave; Dieu r&eacute;side ne peuvent pas &ecirc;tre instrumentalis&eacute;s. Et J&eacute;sus ne cessera de le redire et de le manifester, et encore aujourd&rsquo;hui, cette purification est toujours &agrave; faire.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Le temple o&ugrave; Dieu r&eacute;side &agrave; pr&eacute;sent n&rsquo;est plus celui de J&eacute;rusalem, mais c&rsquo;est le corps et le c&oelig;ur de l&rsquo;homme. Ce c&oelig;ur de l&rsquo;homme est le lieu du dialogue de parole et d&rsquo;amour avec ce Dieu qui s&rsquo;approche comme un ami.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; line-height: normal;">C&rsquo;est notre c&oelig;ur qui est appel&eacute; &agrave; &ecirc;tre purifi&eacute; de toute utilisation de Dieu pour nos petites affaires. Une purification qui a lieu dans la contemplation de la croix du Christ.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ces textes du 3<sup>e</sup> dimanche de car&ecirc;me nous invitent &agrave; une conversion, &agrave; un changement d&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Dieu. Nous devons demander &agrave; Dieu de casser l&rsquo;image que nous avons de lui et qu&rsquo;il nous rende libre de le recevoir comme il souhaite se donner, c'est-&agrave;-dire certainement pas comme nous le voyons, comme nous l&rsquo;avons enferm&eacute; et comme nous l&rsquo;utilisons. C&rsquo;est ce que je vous propose de porter dans la pri&egrave;re en cette eucharistie o&ugrave; Dieu vient se communiquer &agrave; nous sans rien retenir de lui-m&ecirc;me pour nous transformer en ce qu&rsquo;il est.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: right;" align="right"><em>fr. Thierry-Marie Courau, o.p.</em></p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-3316398.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 8 mars 2009 - 2ème dimanche de Carême - Prédication du fr. J-Pierre Lintanf</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Sun, 08 Mar 2009 09:24:00 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/8/dimanche-8-mars-2009-2eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:3251014</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Trois textes, un d&eacute;cor; la Montagne: l&rsquo;Horeb, le Thabor, le Golgotha. De tous temps l&rsquo;homme a &eacute;t&eacute; fascin&eacute; par la montagne, par ce qu&rsquo;il appellera &laquo;les Hauts lieux&raquo;: l&rsquo;Olympe des grecs, l&rsquo;Himalaya d&rsquo;o&ugrave; jaillit le Gange, fleuve sacr&eacute;, la montagne de Sion et tant d&rsquo;autres... C&rsquo;est pour avoir gravi l&rsquo;Horeb que Mo&iuml;se et Elie, aventuriers de la Haute Rencontre, se retrouveront avec J&eacute;sus, au Thabor.</p>
<p style="text-align: justify;">La gen&egrave;se nous dit une autre montagne. &laquo;Prends ton fils, dit Dieu &agrave; Abraham, ton fils unique, ton Isaac, c&rsquo;est-&agrave;-dire &laquo;Sourire de Dieu&raquo;. Pars et monte-le en mont&eacute;e sur une montagne que je te dirai&raquo;. Celui qui sera appel&eacute; &laquo;le P&egrave;re d&rsquo;une multitude&raquo; se croit invit&eacute; &agrave; mettre &agrave; mort le fils de la Promesse, l&rsquo;unique, le sourire de Dieu. L&rsquo;homme et l&rsquo;enfant montent, &laquo;eux tout seuls&raquo;. L&rsquo;enfant porte le bois, l&rsquo;homme porte le feu et le couteau. L&rsquo;homme a froid comme peut avoir froid un p&egrave;re qui serre sur son c&oelig;ur un enfant dont la vie s&rsquo;en va. &laquo;Et l&rsquo;agneau, P&egrave;re?&raquo; - &laquo;Dieu y pourvoira, mon fils&raquo;. Puis c&rsquo;est le silence, le tr&egrave;s lourd silence&raquo;; et l&agrave;-haut, quand tout est pr&ecirc;t la voix dit: &laquo;Non, ne l&egrave;ve pas la main sur l&rsquo;enfant; je sais maintenant que tu crains Dieu&raquo; dit le texte &laquo;Craindre Dieu!&raquo; quand l&rsquo;H&eacute;breu dit: &laquo;Je sais maintenant que tu fr&eacute;mis d&rsquo;Elohim, que tu as frissonn&eacute; de ton Dieu&raquo;. Abraham d&eacute;couvre que le Dieu de la vie n&rsquo;aime pas les mises &agrave; mort; il sait et nous savons qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;heure de l&rsquo;&eacute;preuve, de l&rsquo;impasse et du mur, &laquo;Dieu pourvoit&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Mo&iuml;se, &agrave; son tour, gravit la montagne imposante et redoutable du Sina&iuml;, l&rsquo;Horeb. Il va rencontrer Dieu et sceller l&rsquo;alliance, dans le claquement des &eacute;clairs, dans l&rsquo;orage &eacute;pouvantable des montagnes. Lorsqu&rsquo;il descend, son visage resplendit de la Gloire de celui qu&rsquo;il a contempl&eacute;. On n&rsquo;&eacute;treint pas impun&eacute;ment le feu: Mo&iuml;se met un voile sur son visage.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre si&egrave;cles plus tard, Elie, lui aussi monte &agrave; l&rsquo;Horeb. Il n&rsquo;a rien d&rsquo;autre &agrave; offrir que sa solitude, sa d&eacute;tresse et sa peur. Lui aussi va voir passer son Dieu, se blottir, comme Mo&iuml;se, dans le creux du rocher. Passent l&rsquo;ouragan, le s&eacute;isme, le feu. Le Seigneur n&rsquo;est pas l&agrave;. Apr&egrave;s le feu, il y eut comme le bruit d&rsquo;une brise l&eacute;g&egrave;re, &laquo;une voix, un silence subtil&raquo;; alors Elie se voila le visage, il sortit et se tint &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la grotte, car le Seigneur passait.</p>
<p style="text-align: justify;">La montagne du Sacrifice interdit, la montagne de la brise l&eacute;g&egrave;re renvoient &agrave; une autre montagne, d&eacute;risoire et d&eacute;cisive. Golgotha, &agrave; peine un monticule, aux portes de J&eacute;rusalem. Sacrifice interdit l&agrave; aussi. &laquo;Il l&rsquo;a livr&eacute; pour nous&raquo;, mais ce n&rsquo;est pas vrai que le P&egrave;re ait lev&eacute; la main sur son Fils; quel p&egrave;re mettrait &agrave; mort son enfant bien aim&eacute;? Sur la croix se meurt un homme habit&eacute; jusqu&rsquo;au bout du fr&eacute;missement de Dieu et des hommes. En lui Dieu refuse la vengeance et le meurtre. Le Fils dit &laquo;oui&raquo; mais ce sont des hommes qui l&rsquo;assassinent.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Calvaire s&rsquo;&eacute;claire de la lumi&egrave;re du Thabor, une &laquo;haute montagne&raquo; dit le texte. Quatre montent: J&eacute;sus, Pierre, Jacques et Jean. &laquo;Eux seuls&raquo; est-il dit encore. Et soudain, c&rsquo;est la splendeur, la m&eacute;tamorphose avant l&rsquo;heure, le blanc de la victoire, le visage soudain radieux, comme si un coin de voile &eacute;tait lev&eacute;. Les hommes de la montagne, la Loi et les Proph&egrave;tes &laquo;entourent J&eacute;sus&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour chacun de nous la montagne, les montagnes, celles des sacrifices interdits et celle de la transfiguration, la montagne de l&rsquo;orage &eacute;pouvantable et du silence subtil. Pour nous, &agrave; chaque heure, la montagne de la m&eacute;tamorphose par laquelle l&rsquo;homme devient Dieu, la montagne o&ugrave; l&rsquo;homme d&rsquo;oraison prend le soleil au visage de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;Nous tous, dit S. Paul, le visage d&eacute;couvert, nous r&eacute;fl&eacute;chissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, et nous sommes transform&eacute;s en celui que nous contemplons&raquo; (2 Corinth. 3 et 4)</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Puissions-nous, fr&egrave;res et s&oelig;urs, en ce temps de Car&ecirc;me, fr&eacute;mir de Dieu et de tout visage rencontr&eacute;.</p>
<p style="text-align: right;"><em>&nbsp;fr. Jean-Pierre Lintanf,o.p.</em></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-3251014.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 1er mars 2009 - 1er dimanche de Carême - Prédication du fr. Jourdain Monnot</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 02 Mar 2009 11:09:13 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/2/dimanche-1er-mars-2009-1er-dimanche-de-careme-predication-du.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:3158769</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 18pt;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo; Convertissez-vous et croyez &agrave; l&rsquo;Evangile &raquo;. La pr&eacute;dication du Seigneur J&eacute;sus commence par l&agrave;. Mercredi dernier, en recevant les cendres, nous avons d&eacute;j&agrave; entendu cette phrase vigoureuse. Elle nous donne le programme du Car&ecirc;me. Il est tout entier de se fier &agrave; l'Evangile, de se conformer &agrave; lui, de se donner &agrave; l'Evangile. Mais qu&rsquo;est-ce que l'Evangile ?</p>
<p style="text-align: justify;">A coup s&ucirc;r, c&rsquo;est ce dont nous parlent les quatre &Eacute;vangiles, ces quatre petits livres qui sont la base de notre foi et la r&egrave;gle de notre vie. Mais l&rsquo;Evangile fondamental d&eacute;borde ces livrets inspir&eacute;s. Il est contenu par eux, mais n&rsquo;y est pas enferm&eacute;. Il y a pour nous une tentation &agrave; nous tourner vers l'Evangile comme vers un texte fix&eacute;, fractionn&eacute;, dat&eacute;. En r&eacute;alit&eacute;, l'Evangile n&rsquo;est pas un &eacute;v&eacute;nement pass&eacute;, mais une promesse permanente qui annonce l&rsquo;avenir. C&rsquo;est ce qui ressort sans cesse des paroles du Christ, et d&rsquo;abord de ce qu&rsquo;il nous dit aujourd&rsquo;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Que dit-il ? Il proclame &laquo; l&rsquo;Evangile de Dieu &raquo;. Comme vous savez, on traduit souvent l&rsquo;Evangile par la &ldquo;Bonne Nouvelle&rdquo;. Cette transposition du grec to evangelion n&rsquo;est pas fausse, mais elle est certainement incompl&egrave;te. L&rsquo;Evangile n&rsquo;est pas une simple chose qu&rsquo;on apprend comme les nouvelles &agrave; la radio, il n&rsquo;est pas une information ext&eacute;rieure et anonyme. C&rsquo;est un message, c&rsquo;est une nouvelle adress&eacute;e et garantie par un auteur qui veut d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment nous la communiquer. Et l&rsquo;auteur initial, c&rsquo;est Dieu. &laquo; L&rsquo;Evangile de Dieu &raquo;, c&rsquo;est le message qui vient de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Et que dit ce message ? Il annonce le R&egrave;gne ou &laquo; le Royaume de Dieu &raquo;. Cette expression nous est famili&egrave;re, parce qu&rsquo;elle est au centre des paraboles, des discours, de la mission de notre divin Sauveur. Le Royaume de Dieu, c&rsquo;est la communaut&eacute;, la communion finale et universelle que Dieu nous propose. Tout l&rsquo;enseignement de J&eacute;sus concerne ce Royaume, son offre et son prix, son bonheur et ses exigences, son &eacute;bauche ici-bas et sa r&eacute;alisation future.</p>
<p style="text-align: justify;">A notre question de tout &agrave; l&rsquo;heure: &laquo; Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Evangile ? &raquo;, on peut donc r&eacute;pondre sans erreur que l&rsquo;Evangile, c&rsquo;est l&rsquo;appel lanc&eacute; par Dieu &agrave; entrer dans son Royaume. Cet appel n&rsquo;est pas sans conditions, mais il est sans limites. Il ignore les fronti&egrave;res et les barri&egrave;res, il s&rsquo;adresse &agrave; tous les &acirc;ges du monde et &agrave; tous les &acirc;ges de la vie, tant&ocirc;t il retentit avec &eacute;clat, et tant&ocirc;t s&rsquo;insinue avec patience dans les c&oelig;urs, il proc&egrave;de parfois sans parole ni voix qui s&rsquo;entende (cf. Ps 19,4), et parfois, pour les plus heureux dont nous sommes, il a frapp&eacute; nos oreilles. Personne en tout cas n&rsquo;est compl&egrave;tement laiss&eacute; de c&ocirc;t&eacute;, et toujours cet appel est marqu&eacute; par la douceur, mais aussi par la puissance, de Dieu qui l&rsquo;envoie. C&rsquo;est pourquoi saint Paul a pu &eacute;crire que l'Evangile &laquo; est une force de Dieu pour le salut de tout croyant &raquo; (Rm 1,16).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi compris dans sa v&eacute;rit&eacute;, l'Evangile, vous le voyez, est tout le contraire d&rsquo;un souvenir, ou d&rsquo;un simple id&eacute;al, f&ucirc;t-il sublime. C&rsquo;est une vague immense qui parcourt et balaie la mer des si&egrave;cles pour porter tous les hommes jusqu&rsquo;aux rives de la vie &eacute;ternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet universalisme du plan de salut n&rsquo;est pas un concept de th&eacute;ologien. C&rsquo;est un aspect essentiel de notre foi chr&eacute;tienne &agrave; chacun. Il ne doit jamais sortir de notre esprit lorsque nous pensons aux al&eacute;as, aux &eacute;volutions, aux &eacute;checs parfois de notre Eglise. Le dessein de Dieu est bien sup&eacute;rieur &agrave; tout cela, et nous ne devons pas croire que le salut du monde soit suspendu aux entreprises, ou aux b&ecirc;tises, de quelques &eacute;v&ecirc;ques.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment d&rsquo;autre part ne pas &ecirc;tre frapp&eacute; par la premi&egrave;re lecture que nous venons d&rsquo;entendre. Cette si belle et si profonde histoire ou parabole du d&eacute;luge s&rsquo;ach&egrave;ve par une alliance que Dieu fait avec No&eacute;, en ces termes: &laquo; Voici que j&rsquo;&eacute;tablis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants...pour toutes les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir &raquo; (Gn 9,9 et 12). Cette alliance avec No&eacute;, qu&rsquo;on appelle l&rsquo;alliance noachique, est d&eacute;j&agrave; une alliance &ldquo;&eacute;ternelle &ldquo; (Gn 9,16) et universelle. Elle pr&eacute;figure l&rsquo;alliance d&eacute;finitive que Notre Seigneur a scell&eacute;e par son propre sacrifice. Et sans doute pouvons-nous voir dans cette perspective la splendide image de l&rsquo;arc-en-ciel, dont Dieu dit &agrave; No&eacute; qu&rsquo;il sera &laquo; le signe de l&rsquo;alliance que j&rsquo;&eacute;tablis entre moi et vous,... entre moi et la terre &raquo;. Notre v&eacute;ritable arc-en-ciel, c&rsquo;est le Christ. Il s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; l&rsquo;horizon de l&rsquo;histoire. M&eacute;diateur entre Dieu et les hommes, il joint le ciel et la terre. R&eacute;dempteur, il est le garant de l&rsquo;Alliance nouvelle. Lumi&egrave;re du monde, il est le signe par excellence, le signe r&eacute;el et personnel, le signe vivant, le signe mort, le signe ressuscit&eacute; de l&rsquo;amour de Dieu pour tous les hommes. Ce Christ, notre divin Ma&icirc;tre, nous l&rsquo;attendons, nous d&eacute;sirons son retour, son av&egrave;nement final, sa pleine manifestation. Vous et moi nous le percevons d&eacute;j&agrave; par la foi, sans le voir encore clairement. Nous l&rsquo;aimons, malgr&eacute; nos infid&eacute;lit&eacute;s. Tout au long de ce Car&ecirc;me, tout au long de cette vie, nous marcherons derri&egrave;re lui, nous marcherons avec lui, nous marcherons unis &agrave; lui vers Dieu, vers le Dieu dont l&rsquo;Evangile nous appelle ensemble &agrave; vivre dans la pl&eacute;nitude (cf. Ep 1,22; 3,19).</p>
<p style="text-align: justify;">fr. Jourdain Monnot, o.p.</p>
<p style="text-align: justify;">_______________</p>
<p style="text-align: justify;">R&eacute;f&eacute;rences au Christ: 1 Tm 2,5; Mt 26,28 et Rm 3,24; Jn 8,12; 1 P 1,8</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-3158769.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Dimanche 18 janvier 2009 - 2ème dimanche T.O.B - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Mon, 19 Jan 2009 19:18:23 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/19/dimanche-18-janvier-2009-2eme-dimanche-tob-predication-du-fr.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1636346:2867965</guid><description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ecoutant les textes de la liturgie nous pourrions, sans erreur, nous surprendre &agrave; m&eacute;diter sur les appels de Dieu dans nos vies, ce que nous appelons les vocations. Les appels qu&rsquo;entend le petit Samuel et qui se d&eacute;ploient en paroles efficaces tout au long de sa vie, les appels d&rsquo;Andr&eacute;, de Simon-Pierre... Puis nous pourrions poursuivre notre m&eacute;ditation sur la mani&egrave;re dont nous entendons ces appels venant de Dieu et sur les r&eacute;ponses existentielles que nous leur donnons.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce serait un beau moment spirituel, mais il y aurait peut-&ecirc;tre un petit biais, un oubli qui ne nous permettra pas de tirer pleinement profit du cadeau que Dieu nous fait dans la liturgie de ce jour. La pr&eacute;position employ&eacute;e par J&eacute;sus pour s&rsquo;adresser aux deux disciples de Jean Baptiste, qui le suivent comme deux espions, n&rsquo;est pas la proposition interrogative &laquo;qui&raquo; mais &laquo;que&raquo;. Il n&rsquo;y a pas erreur de traduction et rassurez vous je ne vais pas faire un expos&eacute; de grammaire fran&ccedil;aise.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus dit aux disciples silencieux &laquo;que cherchez-vous?&raquo;. J&eacute;sus ne cherche pas &agrave; v&eacute;rifier s&rsquo;ils sont motiv&eacute;s pour devenir ses disciples en quittant Jean Baptiste, s&rsquo;ils cherchent vraiment un maitre pour se former. J&eacute;sus n&rsquo;appelle pas &agrave; lui mais fait appel &agrave; eux, les disciples. Il interroge d&rsquo;abord leur d&eacute;sir: que cherchez-vous dans la vie? Qu&rsquo;est-ce qui vous motive? de quoi avez-vous besoin ? J&eacute;sus agit de la m&ecirc;me mani&egrave;re pour nous: qu&rsquo;est-ce qui nous fait vivre? Qu&rsquo;est ce qui vous habite? Il ne demande pas de r&eacute;ponses pieuses et st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;es et cela a de quoi nous d&eacute;sar&ccedil;onner: il nous faut partir de nous-m&ecirc;mes, il faut nous d&eacute;couvrir homme et femme de d&eacute;sir, avec nos ambig&uuml;it&eacute;s et nos ambivalences. Avec J&eacute;sus il ne s&rsquo;agit pas de partir d&rsquo;une r&egrave;gle &eacute;thique, d&rsquo;un programme moral, mais de ce qui nous habite en profondeur. Et cela nous oblige &agrave; quitter nos superficialit&eacute;s et notre foi mondaine.</p>
<p style="text-align: justify;">La r&eacute;ponse des disciples de Jean Baptiste est &laquo;o&ugrave; habites-tu?&raquo;. Dialogue boiteux, &eacute;tonnant. Ce que semble chercher les disciples c&rsquo;est une adresse, c&rsquo;est voir une maison, une hutte ou une caverne... dont nous ne saurons rien sinon qu&rsquo;ils y ont v&eacute;cu jusqu'&agrave; 4 heures du soir. J&eacute;sus ne trouve pas cette r&eacute;action stupide; il ne la rejette pas comme indigne de lui. Peut-&ecirc;tre sommes nous invit&eacute;s par ce dialogue &agrave; &ecirc;tre ce que nous sommes devant Dieu, simples et oser &ecirc;tre banals avec Dieu. J&eacute;sus ne vient pas pour l&rsquo;&eacute;lite intellectuelle et discoureuse.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus invite &agrave; le suivre et &agrave; voir par nous-m&ecirc;mes o&ugrave; il habite: l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a rien de merveilleux, d&rsquo;exceptionnel (sinon l&rsquo;&eacute;vang&eacute;liste nous l&rsquo;aurait racont&eacute;). J&eacute;sus invite &agrave; faire une exp&eacute;rience simple de sa pr&eacute;sence, de son compagnonnage. Il ne nous fait pas passer un examen de cat&eacute;chisme mais nous invite &agrave; partager notre existence avec la sienne, &agrave; m&ecirc;ler nos exp&eacute;riences et &agrave; gouter la pr&eacute;sence de Dieu. Exp&eacute;rience d&rsquo;une amiti&eacute;, d&rsquo;une rencontre entre amis.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus et les deux disciples se sont rencontr&eacute;s sans que rien ne soit pr&eacute;par&eacute;. Jean Baptiste avait dit: c&rsquo;est lui l&rsquo;Agneau de Dieu. Les disciples sont partis &agrave; sa rencontre. Ils ont &eacute;t&eacute; disponibles &agrave; cet instant qui ne fut pas extraordinaire et se laissent entrainer par J&eacute;sus. Sommes-nous attentifs et disponibles &agrave; cet instant o&ugrave; la rencontre avec Dieu est offerte, possible? Peut-&ecirc;tre, mais trop souvent nous nous demandons: quand, comment... et nous nous inqui&eacute;tons alors que tout est l&agrave;, pr&eacute;sent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous d&eacute;clarons pr&ecirc;ts &agrave; nous mettre &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de quelques gourous, &agrave; participer &agrave; des s&eacute;ances de d&eacute;veloppement personnel, &agrave; fr&eacute;quenter des groupes de pri&egrave;res, &agrave; lire toute l&rsquo;&oelig;uvre de Th&eacute;r&egrave;se d&rsquo;Avila... Tout cela est bien mais ce que J&eacute;sus nous demande est d&rsquo;un autre type: une rencontre &agrave; accueillir, un d&eacute;placement &agrave; faire hors des sentiers battus de nos certitudes et de nos habitudes, demeurer avec lui un peu de temps avant d&rsquo;aller chercher nos fr&egrave;res comme le fit Andr&eacute; pour son fr&egrave;re Simon Pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">La seule vraie question est celle du &laquo;o&ugrave;&raquo;: o&ugrave; est la demeure de Dieu que nous allions la visiter et y demeurer. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de terres sacr&eacute;es, ni de temple o&ugrave; il faudrait adorer, o&ugrave; pouvons nous demeurer comme des amis avec Dieu? O&ugrave; est-il?<br />Dans l&rsquo;eucharistie, les sacrements et la parole de Dieu nous le savons.<br />L&agrave; o&ugrave; plusieurs sont r&eacute;unis en mon nom... dans l&rsquo;Eglise<br />Dans nos corps dit saint Paul dans la seconde lecture. Dieu se donne dans nos &acirc;mes mais aussi dans notre corpor&eacute;it&eacute; et ce que cela implique car le corps est notre inscription dans l&rsquo;histoire concr&egrave;te et r&eacute;elle, dans notre existence incarn&eacute;e, dans les actes, dans le quotidien, dans les gestes, le face &agrave; face... Paul nous met cependant en garde contre la d&eacute;bauche comme moment o&ugrave; le corps n&rsquo;est plus demeure de Dieu. Il ne suffit pas d&rsquo;y voir une condamnation de la luxure, de l&rsquo;alcoolisme, de la pornographie... m&ecirc;me si ce ne sont pas de bonnes mani&egrave;res de g&eacute;rer son corps. La d&eacute;bauche c&rsquo;est ce qui fait violence au corps afin qu&rsquo;il jouisse, c&rsquo;est une construction volontariste de la jouissance croyant que du plaisir en surgira. La d&eacute;bauche est mauvaise car elle est une construction l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a qu&rsquo;&agrave; accueillir. La d&eacute;bauche exclue Dieu pour mettre notre volont&eacute; l&agrave; o&ugrave; il y avait &agrave; recevoir de Dieu. Pour que Dieu habite en nous, il faut le laisser demeurer, l&rsquo;attendre avec patience et attention. Laisser Dieu &ecirc;tre Dieu dit Maitre Eckhart. La d&eacute;bauche s&rsquo;oppose &agrave; l&rsquo;enfance, au silence et au sommeil de Samuel, figures de la disponibilit&eacute; &agrave; recevoir tout ce que Dieu nous donne avec simplicit&eacute; et spontan&eacute;it&eacute;. Le Seigneur nous invite ainsi &agrave; accueillir sa pr&eacute;sence comme un cadeau. A la question du &laquo;o&ugrave;&raquo;: Dieu r&eacute;pond: l&agrave; o&ugrave; tu m&rsquo;accueilles.</p>
<p style="text-align: justify;">Que le Seigneur nous donne d&rsquo;&ecirc;tre attentifs &agrave; l&rsquo;instant o&ugrave; Dieu nous dit &laquo;viens et vois o&ugrave; toi et moi pouvons demeurer ensemble&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="right"><em>fr. Jean-Claude Lavigne, o.p.</em></p>
<p><em>&nbsp;</em></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/predications-du-222/rss-comments-entry-2867965.xml</wfw:commentRss></item></channel></rss>