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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.5.4 (http://www.squarespace.com/) on Fri, 10 Jul 2009 01:06:55 GMT--><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:rss="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:cc="http://web.resource.org/cc/"><rss:channel rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/"><rss:title>Prédication dominicale du 222</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/</rss:link><rss:description></rss:description><dc:language>fr-FR</dc:language><dc:date>2009-07-10T01:06:55Z</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.squarespace.com/">Squarespace Site Server v5.5.4 (http://www.squarespace.com/)</admin:generatorAgent><rss:items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/15/dimanche-14-juin-2009-fete-du-saint-sacrement-du-corps-et-du.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/8/dimanche-7-juin-2009-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-ph.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/5/dimanche-31-mai-2009-dimanche-de-pentecote-predication-du-fr.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/4/8/dimanche-29-mars-2009-5eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/15/dimanche-15-mars-2009-3eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/8/dimanche-8-mars-2009-2eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/2/dimanche-1er-mars-2009-1er-dimanche-de-careme-predication-du.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/19/dimanche-18-janvier-2009-2eme-dimanche-tob-predication-du-fr.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/6/dimanche-4-janvier-2009-epiphanie-predication-du-fr-guy-monn.html"/><rdf:li rdf:resource="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/12/12/dimanche-2-novembre-2008-commemoration-de-tous-les-fideles-d.html"/></rdf:Seq></rss:items></rss:channel><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/15/dimanche-14-juin-2009-fete-du-saint-sacrement-du-corps-et-du.html"><rss:title>Dimanche 14 juin 2009 - fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/15/dimanche-14-juin-2009-fete-du-saint-sacrement-du-corps-et-du.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-06-15T09:49:46Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ancienne f&ecirc;te Dieu qui &eacute;voque pour les plus anciens d&rsquo;entre nous processions et fleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la f&ecirc;te du saint sacrement du corps et du sang du christ. Une relecture pour nous faire entrer plus profond&eacute;ment dans la compr&eacute;hension de l&rsquo;Eucharistie comme temps de la pr&eacute;sence de Dieu dans nos vies, comme m&eacute;morial du don que Dieu nous fait de sa vie. Toujours temps de f&ecirc;te, moins d&eacute;monstrative aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier, mais plus sp&eacute;cifiquement temps de la c&eacute;l&eacute;bration du Christ-don-de-Dieu, car il a tant aim&eacute; le monde qu&rsquo;il nous a envoy&eacute; son propre fils.</p>
<p style="text-align: justify;">Entrons dans cette f&ecirc;te en pleine et joyeuse confiance en la mis&eacute;ricorde de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a beaucoup de sang dans les textes de ce jour. Cela peut nous terrifier et nous inviter &agrave; un rejet ou &agrave; un d&eacute;gout. Il nous faut changer d&rsquo;imaginaire et retrouver celui d&rsquo;Isra&euml;l. Le sang vers&eacute; ne symbolise pas la mort mais la vie. Le sang c&rsquo;est qui permet la vie et maintient le corps dans sa vitalit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify;">D&egrave;s lors on comprend mieux le texte de l&rsquo;Exode. Il s&rsquo;agit de lier par le sang deux &eacute;l&eacute;ments afin qu&rsquo;une m&ecirc;me source de vie les associe et les alimente: l&rsquo;autel qui est le lieu de Dieu et les corps humains. Moise fait qu&rsquo;un m&ecirc;me sang coule sur l&rsquo;autel et sur le peuple car Dieu et son peuple ne sont qu&rsquo;une famille, li&eacute;e par le sang. Le geste de Moise est immense car il repr&eacute;sente et fait exister une communaut&eacute; entre Dieu et Isra&euml;l, une relation de filiation entre le peuple et Dieu, une Alliance. Il s&rsquo;agit alors du peuple-famille de Dieu repr&eacute;sent&eacute; par les 12 st&egrave;les, peuple qui s&rsquo;engage &agrave; vivre selon les lois de Dieu car il y trouve son bonheur et son honneur. Entre l&rsquo;autel et le peuple une m&ecirc;me vie circule.</p>
<p style="text-align: justify;">La c&eacute;l&eacute;bration met, au centre de ce lien du sang, la parole lue, &eacute;cout&eacute;e et approuv&eacute;e. Isra&euml;l ratifie sa filiation en s&rsquo;engageant &agrave; mettre en &oelig;uvre la parole de Dieu, en r&eacute;pondant par un accord &agrave; l&rsquo;appel de Dieu. La parole oriente la vitalit&eacute; vers la source profonde de la vie et permet d&rsquo;avancer vers ce lieu fondateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sang et la parole. Les deux facettes de l&rsquo;Alliance qui disent une circulation, un &eacute;change d&rsquo;o&ugrave; surgit la vie. Deux facettes ins&eacute;parables puisqu&rsquo;elles sont indispensables &agrave; l&rsquo;existence humaine d&rsquo;un vivant. J&eacute;sus va reprendre ces deux aspects pour nous ouvrir la compr&eacute;hension &agrave; la fois de sa vie et de la n&ocirc;tre. S&rsquo;il donne sa vie en entrant dans la mort, c&rsquo;est pour que nous vivions et sortions de la mort, pour que nous entrions dans l&rsquo;h&eacute;ritage &eacute;ternel. Ce qui est appel&eacute; un sacrifice est alors la manifestation d&rsquo;un lien offert pour que la vie l&rsquo;emporte.</p>
<p style="text-align: justify;">On a l&agrave; une clef pour comprendre la C&egrave;ne, le dernier repas de J&eacute;sus, moment d&rsquo;amiti&eacute; ultime et geste grave qui &eacute;loigne de nous les actes qui m&egrave;nent &agrave; la mort. J&eacute;sus propose une Alliance renouvel&eacute;e et &eacute;largie qui va au-del&agrave; du sacrifice d&rsquo;animaux. Cette Alliance repose sur un don d&rsquo;homme et par l&agrave;, elle est un geste d&rsquo;amiti&eacute; extr&ecirc;me. A toute l&rsquo;humanit&eacute; pass&eacute;e, pr&eacute;sente et &agrave; venir, et pas seulement au peuple juif mais &agrave; lui aussi, est propos&eacute;e de se comprendre comme li&eacute;e au Christ pour cheminer avec lui vers le P&egrave;re. Tout humain peut relire son existence &agrave; travers cette alliance offerte gratuitement, donn&eacute;e par amiti&eacute;: le vin partag&eacute; est le sang qui nous associe au Christ et &agrave; sa famille, le sang qui nous fait participer &agrave; la famille de Dieu. Ainsi chaque eucharistie nous propose cette relecture pour que nous comprenions notre bonheur d&rsquo;appartenir &agrave; ce groupe et que nous en tirions les cons&eacute;quences dans notre vie de tous les jours et dans nos relations fraternelles.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole de J&eacute;sus, pendant le repas, reprend les paroles juives de la b&eacute;n&eacute;diction mais les d&eacute;place. La parole, cette autre source de la vitalit&eacute;, donne sens au vin partag&eacute; dans la triple signification du mot: une interpr&eacute;tation: le vin est le sang de vie et d&rsquo;alliance, une exp&eacute;riencesensible: une f&ecirc;te familiale joyeuse et une direction: elle anticipe le Royaume et le retour glorieux du Christ. Chaque eucharistie a cette triple signification en &eacute;cho aux paroles prononc&eacute;es par J&eacute;sus pendant ce repas.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a aussi le pain, certes pr&eacute;sent dans la b&eacute;n&eacute;diction du repas juif mais absent du rituel rapport&eacute; par Exode. C&rsquo;est &eacute;tonnant comme nous avions oubli&eacute; avant Vatican II la place du vin. Le pain partag&eacute; fait &eacute;cho au Pain de Vie de l&rsquo;Evangile de Jean, &agrave; la manne du d&eacute;sert qui sauve le peuple en exode de la faim. Le pain qui est au service du corps, de sa croissance et de la survie. J&eacute;sus nous invite &agrave; passer du pain &agrave; son corps &agrave; prendre, &agrave; saisir et &agrave; incorporer dans notre propre corps. Exp&eacute;rience d&rsquo;un corps &agrave; corps au b&eacute;n&eacute;fice de notre vitalit&eacute;. L&rsquo;eucharistie est ainsi un lieu o&ugrave; nos forces peuvent &ecirc;tre refaites, o&ugrave; le meilleur de nous-m&ecirc;mes peut s&rsquo;affirmer et traverser le mal et nos faiblesses. Lieu o&ugrave; les forces de mort sont mises en d&eacute;route au profit de notre croissance en intimit&eacute; avec le Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi chaque eucharistie est pour nous une chance pour explorer une nouvelle humanit&eacute; marqu&eacute;e par la fraternit&eacute;, par un renouveau de nos forces et par une orientation de nos vies vers une attente du Christ. C&rsquo;est une chance qu&rsquo;il ne faut pas laisser passer. L&rsquo;Eucharistie ressemble alors au petit monsieur qui portait une cruche d&rsquo;eau et a servi de signe pour le jeu de piste qui a permis aux ap&ocirc;tres de trouver le lieu de la derni&egrave;re C&egrave;ne. Personnage bien &eacute;trange et un peu improbable sauf s&rsquo;il est un clin d&rsquo;&oelig;il pour nous dire que dans le monde ouvert par l&rsquo;Eucharistie tout est possible et que le partage du vin, du pain et de la Parole inaugure des temps nouveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Affirmer qu&rsquo;un partage si modeste de pain et de vin peut changer des personnes qui ne se connaissaient pas en fr&egrave;res et s&oelig;urs est une v&eacute;ritable utopie. C&rsquo;est pourtant ce que J&eacute;sus nous invite &agrave; vivre: il nous le promet chaque fois que nous ferons cela il sera pr&egrave;s de nous, entre nous et peut-&ecirc;tre l&rsquo;un de nous. Alors ne laissons pas l&rsquo;Eucharistie devenir un rituel formel et habituel mais faisons de ce temps celui d&rsquo;un rendez-vous amoureux avec celui qui est la source de la Vie.<span> </span></p>
<p style="text-align: justify;">Fr. Jean Claude Lavigne op</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/8/dimanche-7-juin-2009-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-ph.html"><rss:title>Dimanche 7 juin 2009 - fête de la Trinité - Prédication du fr. Philippe Verdin</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/8/dimanche-7-juin-2009-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-ph.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-06-08T04:51:23Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p>A la messe, quelle est la premi&egrave;re chose que nous faisons ? La premi&egrave;re chose que nous faisons, comme souvent dans la liturgie chr&eacute;tienne, c&rsquo;est un geste avec une parole, une parole avec un geste. Nous tra&ccedil;ons un signe de croix et nous disons: &laquo;Au nom du P&egrave;re, et du Fils et du Saint-Esprit.&raquo; Aujourd&rsquo;hui, nous c&eacute;l&eacute;brons la sainte Trinit&eacute;. La Trinit&eacute;, c&rsquo;est abstrait. Pourtant nous l&rsquo;invoquons &agrave; la moindre de nos pri&egrave;res, lorsque nous disons: &laquo;Au nom du P&egrave;re, et du Fils et du Saint-Esprit.&raquo;</p>
<p>Perspicace comme d&rsquo;habitude, Timothy Radcliffe, au d&eacute;but de son dernier livre, qui est en vente, &agrave; la sortie de cette messe, au Passage, Timothy pose cette question impertinente: &laquo;Quand nous disons &laquo;Au nom du P&egrave;re, du Fils, et du Saint-Esprit&raquo;, disons-nous un seul nom, ou trois? Chacune des personnes de la Trinit&eacute;, en effet, existe pour les deux autres.&raquo;</p>
<p>La Trinit&eacute;, c&rsquo;est compliqu&eacute;.</p>
<p>Nous voulons conna&icirc;tre Dieu, pour pouvoir mieux l&rsquo;aimer. Nous voulons conna&icirc;tre Dieu, pour pouvoir mieux en parler. Mais en se faisant un seul Dieu, deux natures et trois personnes, il faut avouer que Dieu nous a compliqu&eacute; les choses. J&rsquo;ai v&eacute;cu au S&eacute;n&eacute;gal, un pays o&ugrave; les Musulmans sont curieux de comprendre le myst&egrave;re de la foi chr&eacute;tienne. La Sainte-Vierge, pour eux, &ccedil;a va. Le pape, &ccedil;a va, l&rsquo;eucharistie, &ccedil;a va. Mais il y a deux choses d&eacute;lirantes &agrave; leurs yeux, c&rsquo;est l&rsquo;incarnation &ndash; un Dieu qui se fait homme, c&rsquo;est comme un banquier qui se fait clochard &ndash; et la Trinit&eacute;. La Trinit&eacute; pour mes amis musulmans du S&eacute;n&eacute;gal, c&rsquo;est incompr&eacute;hensible, c&rsquo;est absurde. Dieu, parce qu&rsquo;il est Dieu, est un. Il est unique. Il est l&rsquo;unique. Il est le contraire du diable, qui lui n&rsquo;est pas un mais &laquo;l&eacute;gion&raquo;.</p>
<p>Reconnaissons que ce qui est difficile pour un Musulman s&eacute;n&eacute;galais est aussi difficile pour un catholique fran&ccedil;ais. Les plus grands th&eacute;ologiens et mystiques s&rsquo;y sont cass&eacute;s les dents.</p>
<p>Saint Anselme, au onzi&egrave;me si&egrave;cle, s&rsquo;adresse &agrave; Dieu et lui dit: &laquo;Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse &ecirc;tre pens&eacute;.&raquo; Rien de plus grand ne peut &ecirc;tre pens&eacute;... L&rsquo;immensit&eacute; infinit&eacute;simale de Dieu donne le tournis et le mal de t&ecirc;te.</p>
<p>Vous connaissez cette histoire, mais je ne r&eacute;siste pas au plaisir de vous la raconter encore une fois. Un jour, au bord de la M&eacute;diterran&eacute;e, dans le golfe d&rsquo;Hippone, &agrave; la fronti&egrave;re entre Alg&eacute;rie et la Tunisie, Saint Augustin se prom&egrave;ne sur la plage. Nous sommes en 400. Augustin a entreprit l&rsquo;&eacute;criture de sa somme en quinze livres sur la Trinit&eacute;. Il r&eacute;fl&eacute;chit en marchant sur le sable. Il cherche &agrave; comprendre comment Dieu peut &ecirc;tre &agrave; la fois un et trois. Soudain, il s&rsquo;arr&ecirc;te. Il voit au bord de l&rsquo;eau un petit gar&ccedil;on qui creuse un trou avec un coquillage. Il observe le man&egrave;ge de l&rsquo;enfant, qui court de la mer &agrave; son trou dans le sable. Intrigu&eacute;, Augustin s&rsquo;approche et demande: &laquo;Que fais-tu mon bonhomme?&raquo; L&rsquo;enfant explique: &laquo;Je veux verser toute la mer dans mon trou.&raquo; Augustin sourit:&laquo;Mais tu n&rsquo;y arriveras jamais! Avec ce que contient ton coquillage, il faudrait des millions d&rsquo;ann&eacute;es pour transvaser la mer. En plus, l&rsquo;eau que tu verses dans ce trou retourne au fur et &agrave; mesure &agrave; la mer, car le sable n&rsquo;est pas l&rsquo;argile: l&rsquo;eau s&rsquo;&eacute;chappe!&raquo; Alors le petit gar&ccedil;on l&egrave;ve son visage grave et dit: &laquo;Tu vois Augustin: il est aussi difficile de faire entrer la mer dans mon trou que de comprendre le myst&egrave;re de la Trinit&eacute;.&raquo;</p>
<p>Parole de sagesse, qui n&rsquo;emp&ecirc;cha pas Augustin de travailler jusqu&rsquo;&agrave; sa mort &agrave; la r&eacute;daction de son de Trinitate. Car nous voulons conna&icirc;tre Dieu. Si nous ne cherchons pas Dieu, nous ressemblons &agrave; des radis. L&rsquo;insouciance m&eacute;taphysique est le luxe des l&eacute;gumes. Nous voulons approcher le myst&egrave;re de la Trinit&eacute;. Et pas seulement l&rsquo;approcher, comme Mo&iuml;se approcha le buisson ardent, mais le p&eacute;n&eacute;trer, &ecirc;tre entra&icirc;n&eacute; par lui et en lui, comme les vaches et les autobus, dans le film Twister, sont soulev&eacute;s de terre et emport&eacute;s par la m&eacute;ga-tornade. L&rsquo;amour que ce porte les trois personnes de la Trinit&eacute; provoque une tornade des millions de fois plus forte que celle de Twister.</p>
<p>Les mystiques ont devin&eacute; que la force de Dieu venait de ce qu&rsquo;il est &agrave; la fois un et trois. Saint Gr&eacute;goire de Naziance &eacute;crit: &laquo;Un, c&rsquo;est la tristesse de la solitude. Deux c&rsquo;est l&rsquo;opposition, c&rsquo;est le face-&agrave;-face t&ecirc;tu. Trois, c&rsquo; est le nombre qui d&eacute;passe la s&eacute;paration et permet la communion.&raquo; Catherine de Sienne, Elisabeth de la Trinit&eacute; ont chant&eacute; le g&eacute;nie d&rsquo;un Dieu qui est trois Personnes. Car le rapport entre les trois personnes de la Trinit&eacute;, c&rsquo;est l&rsquo;amour. Dieu le p&egrave;re engendre le fils par amour. Et cet amour est si fort, si puissant, qu&rsquo;il est une Personne. Il s&rsquo;appelle l&rsquo;Esprit. La relation d&rsquo;amour entre ces Trois personnes est &agrave; son tour tellement forte qu&rsquo;elle d&eacute;borde et qu&rsquo;elle cr&eacute;e le monde. L&rsquo;amour est f&eacute;cond. L&rsquo;amour qui existe entre les trois Personnes donne naissance au monde, puis &agrave; l&rsquo;homme. L&rsquo;amour est une force centrip&egrave;te. Dieu attire l&rsquo;homme. Dieu veut que l&rsquo;homme participe &agrave; cet amour. C&rsquo;est comme un volcan en &eacute;ruption permanente, qui d&eacute;verse son feu, qui fait jaillir des &icirc;les au milieu de l&rsquo;oc&eacute;an pacifique, qui transforme et absorbe tout sur son passage.</p>
<p>Dans cette tornade d&rsquo;amour, dans ce volcan bouillonnant, l&rsquo;homme peut &ecirc;tre pris de frayeur. Il se sent comme un f&eacute;tu ballott&eacute; dans une aventure gigantesque, emport&eacute; entre le P&egrave;re, le Fils et l&rsquo;Esprit, petite brindille soulev&eacute;e par un maelstr&ouml;m.</p>
<p>Dieu le rassure. L&rsquo;amour peut nous br&ucirc;ler, mais pas nous tuer. L&rsquo;amour de Dieu, si fort quand il d&eacute;ploie son pouvoir de cr&eacute;ation, se fait tout doux, tendre et l&eacute;ger quand il s&rsquo;approche de l&rsquo;homme fragile et inquiet. La Trinit&eacute; murmure comme une brise l&eacute;g&egrave;re. L&rsquo;amour ne hausse pas le ton. La Trinit&eacute; se fait humble pour que l&rsquo;homme puisse vaguement la comprendre, pour que l&rsquo;homme accepte de se laisser saisir.</p>
<p>Dieu est unique, mais non pas solitaire. A cause de cette unit&eacute;, le P&egrave;re est tout entier dans le Fils, tout entier dans l&rsquo;Esprit. Le Fils est tout entier dans le P&egrave;re, tout entier dans l&rsquo;Esprit. L&rsquo;Esprit est tout entier dans le P&egrave;re, tout entier dans le Fils. Et nous, si nous le voulons, nous serons tout entier dans la Trinit&eacute;. C&rsquo;est le r&ecirc;ve de J&eacute;suspour nous :&laquo;Que tous soient un comme je suis un dans le P&egrave;re.&raquo; Laissons Dieu agir en nous pour communier pleinement, int&eacute;gralement &agrave; sa vie.</p>
<p>Amen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/5/dimanche-31-mai-2009-dimanche-de-pentecote-predication-du-fr.html"><rss:title>Dimanche 31 mai 2009 - dimanche de Pentecôte - Prédication du fr. Thierry-Marie Courau</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/6/5/dimanche-31-mai-2009-dimanche-de-pentecote-predication-du-fr.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-06-05T08:45:20Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;&laquo;Quand il viendra, l&rsquo;Esprit de v&eacute;rit&eacute;, il vous guidera vers la v&eacute;rit&eacute; tout enti&egrave;re. En effet, ce qu&rsquo;il dira ne viendra pas de lui-m&ecirc;me: il redira tout ce qu&rsquo;il aura entendu.&raquo;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Avec ces mots, J&eacute;sus nous fait d&eacute;couvrir une des activit&eacute;s de la troisi&egrave;me personne de la Trinit&eacute;, que nous appelons l&rsquo;Esprit Saint: celle de nous conduire vers la v&eacute;rit&eacute; tout enti&egrave;re, de nous faire conna&icirc;tre le P&egrave;re, de comprendre le myst&egrave;re du Fils et le myst&egrave;re de l&rsquo;homme. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Eglise est toujours en marche vers cette v&eacute;rit&eacute; qui se d&eacute;voile peu &agrave; peu.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Lorsque Dieu dans la chair quitte l&rsquo;exp&eacute;rience terrestre, quand le Christ mort et ressuscit&eacute; se s&eacute;pare de notre terre, il ne l&rsquo;abandonne pas. Bien au contraire. Nous pourrions m&ecirc;me dire que de fa&ccedil;on extensive et non plus seulement intensive, Dieu d&eacute;ploie le don de lui-m&ecirc;me dans l&rsquo;Esprit Saint et cela toujours en vue de notre salut.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ce salut qui est &oelig;uvre de v&eacute;rit&eacute; et de libert&eacute;, de communion d&rsquo;amour et de parole, de communion de vie et de dialogue de l&rsquo;homme avec Dieu et des hommes entre eux.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;L&rsquo;&oelig;uvre de salut que vient r&eacute;aliser le Christ et qu&rsquo;&eacute;panouit l&rsquo;Esprit Saint est ce r&eacute;tablissement du dialogue d&rsquo;amour, cette r&eacute;conciliation des c&oelig;urs et des intelligences, cette r&eacute;conciliation des humanit&eacute;s.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est pourquoi, le Christ avant d&rsquo;entrer dans sa passion d&eacute;clare &agrave; ses disciples qu&rsquo;il va leur envoyer l&rsquo;Esprit Saint, qui est Paraclet et Consolateur, qui est lumi&egrave;re et chaleur, qui est l&rsquo;Esprit de v&eacute;rit&eacute; et d&rsquo;amour, qui remet les p&eacute;ch&eacute;s, c&rsquo;est-&agrave;-dire qui r&eacute;-ouvre &agrave; l&rsquo;amour, &agrave; la vie ce qui lui &eacute;tait ferm&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Et effectivement, lorsque les ap&ocirc;tres sont r&eacute;unis le cinquanti&egrave;me jour apr&egrave;s la f&ecirc;te juive de P&acirc;ques, en ce jour o&ugrave; les juifs c&eacute;l&egrave;brent l&rsquo;Alliance entre Dieu et Isra&euml;l au Sina&iuml;, la sorte de feu qui vient se poser sur chacun d&rsquo;eux leur donne de proclamer la v&eacute;rit&eacute; dans l&rsquo;amour, c&rsquo;est-&agrave;-dire de faire entendre &agrave; chacun dans sa langue, dans sa culture, la splendeur de l&rsquo;&oelig;uvre de Dieu.</p>
<p style="margin-left: 35.4pt; text-align: justify; line-height: 14pt;">&laquo;Tous, nous les entendons proclamer dans nos langues, les merveilles de Dieu.&raquo;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Les c&oelig;urs et les intelligences se r&eacute;concilient, elles apprennent &agrave; voir, &agrave; comprendre, sous l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit, la r&eacute;alit&eacute; qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; sous leurs yeux, mais qu&rsquo;ils ne voyaient pas.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ils ne voyaient qu&rsquo;&agrave; travers ce qu&rsquo;ils cherchaient &agrave; saisir, c&rsquo;est-&agrave;-dire peu de chose. A l&rsquo;inverse, l&rsquo;Esprit Saint ouvre leur champ de vision, il fait &oelig;uvre de v&eacute;rit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cette action d&rsquo;ouverture est v&eacute;cue dans et par le corps lui-m&ecirc;me comme une boisson qui vient r&eacute;pondre &agrave; la soif de v&eacute;rit&eacute; et d&rsquo;amour, comme un rafra&icirc;chissement: &laquo;Tous nous avons &eacute;t&eacute; d&eacute;salt&eacute;r&eacute;s par l&rsquo;unique Esprit.&raquo; C&rsquo;est pourquoi, le corps est v&eacute;ritablement l&rsquo;habitation, le temple o&ugrave; vit l&rsquo;Esprit.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cette action d&rsquo;ouverture est v&eacute;cue aussi au-del&agrave; du corps comme le lien qui relie sans lier, comme le milieu commun qui fait une seule communion, un seul corps. Ce corps qui se manifeste quand nous faisons Eglise, quand nos diversit&eacute;s irr&eacute;conciliables dans la vie courante deviennent, ici, en ce lieu, action de gr&acirc;ces (et peut-&ecirc;tre malheureusement parfois: que pour ce temps).</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est pourtant la vie &eacute;ternelle qui y est &eacute;prouv&eacute;e, c&rsquo;est l&rsquo;exp&eacute;rience de la connaissance intime de la pr&eacute;sence et de l&rsquo;action divine dans notre chair, c&rsquo;est la communion d&rsquo;amour humano-divine et inter-humaine qui accomplit notre plus profond d&eacute;sir, celui d&rsquo;&ecirc;tre pleinement homme en relation, et non plus homme d&rsquo;ali&eacute;nation.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;<em>L&rsquo;ouverture est jaillissement</em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Nous comprenons bien que cette vie &eacute;ternelle est mouvement d&rsquo;ouverture et d&rsquo;&eacute;largissement, c'est-&agrave;-dire le mouvement de l&rsquo;amour v&eacute;ritable. Elle est un engendrement, un jaillissement de f&eacute;condit&eacute; et d&rsquo;unit&eacute;, qui n&eacute;cessite trois acteurs, l&rsquo;origine du mouvement, la fin du mouvement et le mouvement lui-m&ecirc;me. Les trois sont ins&eacute;parables et de m&ecirc;me embrasure. Ils sont appel&eacute;s ensemble Trinit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;L&rsquo;Esprit Saint est ainsi celui-l&agrave; m&ecirc;me en lequel le P&egrave;re engendre, et par lequel le Fils est engendr&eacute;. Aucun n&rsquo;est sans l&rsquo;autre et pourtant personne ne peut prendre la place de l&rsquo;autre.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">Les P&egrave;res grecs ont une admirable image pour &eacute;voquer cette vie trinitaire, celle d&rsquo;une danse tournante (comme la c&eacute;l&egrave;bre &oelig;uvre de Matisse intitul&eacute;e la danse), ce que les latins appellent une marche circulaire.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C'est ce mouvement m&ecirc;me de la danse qui est l&rsquo;ouvrier de la vie, qui &oelig;uvre &agrave; la vie, la permet et la d&eacute;ploie. C'est pourquoi, l&rsquo;Esprit Saint est appel&eacute; Esprit de Vie, cet Esprit de f&eacute;condit&eacute; qui est et vient de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Cet Esprit Saint jaillit effectivement hors de Dieu, sans rien perdre de sa divinit&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire sans sortir de Dieu; sans rien perdre de sa dimension d&rsquo;amour, d&rsquo;ouverture, de vie, car l&rsquo;ouverture qu&rsquo;il est, est elle-m&ecirc;me accueil, retrait de soi, possibilit&eacute; d&rsquo;existence donn&eacute;e &agrave; tout autre, hospitalit&eacute;. Dieu jaillit hors de lui-m&ecirc;me en accueillant en lui le monde qu&rsquo;il conduit &agrave; l&rsquo;existence.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Avec le Christ sur la croix, en sa vie, en sa mort et r&eacute;surrection, en sa plaie au c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;ouverture de la chair humano-divine se fait br&egrave;che d&eacute;finitive pour laisser jaillir l&rsquo;Esprit Saint.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;C&rsquo;est un peu comme cette eau de Lourdes qui sourd dans le rocher jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;une jeune fille, Bernadette, se mette &agrave; creuser la terre et &agrave; faire ainsi une ouverture pour que l&rsquo;eau en jaillisse. Cette grotte, cette eau est accueillante comme Dieu l&rsquo;est pour le monde par son Fils. Ce rocher se fait br&egrave;che pour que l&rsquo;homme vienne s&rsquo;y plonger tel qu&rsquo;il est.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;<em>Le jaillissement est douceur</em></p>
<p style="line-height: 14pt; vertical-align: baseline;"><span style="font-family: Times;">Si ce mouvement int&eacute;rieur et ext&eacute;rieur de la vie divine qu&rsquo;est l&rsquo;Esprit Saint reste difficile &agrave; saisir par nos mots et notre intelligence, il nous reste &agrave; en constater l&rsquo;&oelig;uvre dans nos vies. Chaque jour nous pouvons &ecirc;tre t&eacute;moin de son action et de sa pr&eacute;sence, si nous apprenons &agrave; les voir.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Son sceau, la marque de sa pr&eacute;sence et de son activit&eacute; ne sont pas spectaculaires comme un tremblement de terre, mais tout au contraire ils sont comme cette douceur de la pierre sur laquelle l&rsquo;eau a pass&eacute; et repass&eacute; sans se lasser. Douceur &eacute;prouv&eacute;e quand dans nos vies adviennent la confiance et la v&eacute;rit&eacute;, la r&eacute;conciliation et la paix, l&rsquo;amour au sens v&eacute;ritable de la capacit&eacute; d&rsquo;accueil et d&rsquo;ajustement &agrave; celui qui vient &agrave; nous.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Voici ce que produit l&rsquo;Esprit nous dit Paul dans sa lettre aux Galates: amour, joie, paix, patience, bont&eacute;, bienveillance, foi, humilit&eacute;, et ma&icirc;trise de soi.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 14pt;">&nbsp;Ce sont les signes infaillibles de l&rsquo;activit&eacute; de Dieu dans notre vie et de l&rsquo;&oelig;uvre de transformation qu&rsquo;il y r&eacute;alise.</p>
<p>Puissions-nous le laisser faire. Amen.</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><em>Fr. Thierry-Marie Courau, o.p.</em></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/4/8/dimanche-29-mars-2009-5eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"><rss:title>Dimanche 29 mars 2009 - 5ème dimanche de Carême - Prédication du fr. Joseph de Nauroy</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/4/8/dimanche-29-mars-2009-5eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-04-08T12:46:25Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;" align="center">&nbsp;<strong>J&eacute;sus choisit de monter vers sa P&acirc;que. Il ouvre pour les hommes le chemin du salut</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le salut, Quelle r&eacute;alit&eacute; d&eacute;signe-t-il?</p>
<p style="text-align: justify;">Le salut, c&rsquo;est la vie, au lieu de la mort. C&rsquo;est le bien, au lieu du mal. C&rsquo;est la libert&eacute;, au lieu de la prison du p&eacute;ch&eacute; de l&rsquo;orgueil, de l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme. La vie, le bien, la libert&eacute; absolus, existent-ils? Oui. Ils existent, en Dieu. Ils sont Dieu lui-m&ecirc;me. Tout le reste est limit&eacute;, tout le reste est passager. P&acirc;que signifie<span> </span>&laquo;passage&raquo;. La P&acirc;que, c&rsquo;est le passage vers ce qui ne passe pas.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Dans notre &eacute;vangile, J&eacute;sus vient d&rsquo;entrer &agrave; J&eacute;rusalem, au milieu des acclamations. Devant l&rsquo;imminence de sa Passion, il est boulevers&eacute;. Dans son angoisse, que fait-il? Il se tourne vers son P&egrave;re. Il prie. Dans sa pri&egrave;re, que demande- t-il?<span> </span>Que ses souffrances lui soient &eacute;pargn&eacute;es? Non. Le d&eacute;sir de sauver sa vie se transforme en &eacute;lan d&rsquo;amour envers Dieu, son P&egrave;re, envers les hommes. Il sait que son heure est venue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Quand vient pour nous, pour nos proches, l&rsquo;heure de l&rsquo;&eacute;preuve, de la souffrance, quand viendra celle qui sera la derni&egrave;re, nous aussi, prions, comme il nous l&rsquo;a enseign&eacute;: Notre P&egrave;re, que ton Nom soit sanctifi&eacute;, que ton r&egrave;gne vienne, que ta volont&eacute; soit faite.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Les p&egrave;lerins grecs ne re&ccedil;oivent pas directement une r&eacute;ponse. J&eacute;sus parle aux disciples. Ils seront appel&eacute;s &agrave; dire au monde que, par la croix, le salut est offert &agrave; tous les hommes. La victoire de J&eacute;sus sur le mal est r&eacute;elle. Il reste aux croyants &agrave; se l&rsquo;approprier. En souffrant pour nous, il ne nous a pas simplement donn&eacute; un exemple. Il a ouvert pour nous une route nouvelle. Si nous la suivons, la vie, la mort prennent un sens nouveau.La mort et la r&eacute;surrection du Christ ouvrent pour les hommes le chemin du salut.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Fr&egrave;res et s&oelig;urs, nous connaissons une p&eacute;riode de crise. Bien avant nous, quelqu&rsquo;un a v&eacute;cu une crise grave, douloureuse. C&rsquo;est le proph&egrave;te J&eacute;r&eacute;mie. Il a vu l&rsquo;effondrement du Royaume de Juda, la destruction de J&eacute;rusalem, la d&eacute;portation du peuple. Lui-m&ecirc;me mourra en exil. Michel Ange l&rsquo;a peint, &agrave; la Chapelle Sixtine, &agrave; gauche de l&rsquo;autel. Il le montre assis, m&eacute;ditant sur les malheurs de son peuple. A son propos, on parle de J&eacute;r&eacute;miades. Il faut surtout parler d&rsquo;esp&eacute;rance. Une esp&eacute;rance fond&eacute;e sur une foi in&eacute;branlable en l&rsquo;amour divin. Dans ses souffrances, il entrevoit un renouvellement de l&rsquo;Alliance, un retour &agrave; une religion du c&oelig;ur, de la justice. Le p&eacute;ch&eacute; de l&rsquo;homme bouleverse l&rsquo;&eacute;quilibre de la cr&eacute;ation. Seule une conversion profonde pourra r&eacute;tablir l&rsquo;ordre pr&eacute;vu par le Cr&eacute;ateur. Voil&agrave; des propos &eacute;tonnamment modernes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Le passage du livre de J&eacute;r&eacute;mie, notre premi&egrave;re lecture, se trouve int&eacute;gralement cit&eacute; dans la Lettre aux H&eacute;breux. Nous pouvons nous demander: Pourquoi cette Lettre? Qui sont ces H&eacute;breux?</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>Ce sont des chr&eacute;tiens venus du juda&iuml;sme. Eux aussi connaissent une crise grave. Apr&egrave;s leur conversion, ils sont gagn&eacute;s par le doute, le d&eacute;couragement. Ils sont d&eacute;concert&eacute;s par les &eacute;preuves, les pers&eacute;cutions. Ils sont troubl&eacute;s par le caract&egrave;re pauvre<span> </span>de leur liturgie, contrastant avec les c&eacute;r&eacute;monies de la synagogue, du Temple. Ne se sont-ils pas tromp&eacute;s en abandonnant la religion de leurs p&egrave;res?</p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>La Lettre cherche &agrave; les encourager. Les id&eacute;es sont de saint Paul, bien que le style soit d&rsquo;un disciple. Il montre que J&eacute;sus a apport&eacute; une Alliance, un sacerdoce infiniment sup&eacute;rieurs aux anciens. Il a connu la faiblesse, l&rsquo;humiliation de la croix, pour assurer le salut des hommes, dont il se faisait ainsi le fr&egrave;re. Pour devenir par l&rsquo;exp&eacute;rience de la douleur un grand-pr&ecirc;tre mis&eacute;ricordieux. L&rsquo;Alliance nouvelle, d&eacute;sir&eacute;e par J&eacute;r&eacute;mie, a &eacute;t&eacute; scell&eacute;e par son sang. Il faut pers&eacute;v&eacute;rer, ne pas se laisser d&eacute;courager par les &eacute;preuves; vivre sa foi, &agrave; l&rsquo;exemple des saints de l&rsquo;Ancien Testament. Ils ont v&eacute;cu, souffert, dans l&rsquo;attente d&rsquo;un messie &agrave; venir. Ce messie est venu. Il est entr&eacute; pour toujours dans sa gloire, dans sa puissance lumineuse, heureuse, que nous verrons un jour face &agrave; face.<span> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span> </span>En c&eacute;l&eacute;brant l&rsquo;Eucharistie, retenons ce que Paul &eacute;crit aux fid&egrave;les de Corinthe: &laquo;Chaque fois que mangez ce pain et buvez &agrave; cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il vienne.&raquo; Cela signifie qu&rsquo;&agrave; chaque messe, &agrave; chaque communion, nous entrons dans le grand mouvement de la mort et de la r&eacute;surrection du Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">En choisissant de monter vers sa P&acirc;que, J&eacute;sus a ouvert pour tous les hommes, le chemin du salut, celui de la vie, celui de la libert&eacute;, celui du plus grand amour.<br />Amen.</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/15/dimanche-15-mars-2009-3eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"><rss:title>Dimanche 15 mars 2009 - 3ème dimanche de Carême - Prédication du fr. Thierry-Marie Courau</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/15/dimanche-15-mars-2009-3eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-03-15T14:57:12Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 7.2pt 0cm; line-height: normal;"><span>&laquo;Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.&raquo;</span></p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu est fou. Voil&agrave; la d&eacute;claration de saint Paul.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu est fou et Dieu en son Fils, J&eacute;sus le Christ, est fou.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">De quoi, Le P&egrave;re et Le Fils sont-ils fous?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Pour quoi, en vue de quoi sont-ils fous?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ils sont fous d&rsquo;amour. Et ce qui les guide, c&rsquo;est l&rsquo;amour et ceux auxquels ils le propose pour en vivre. Ils s&rsquo;y consacrent totalement.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&laquo;L&rsquo;amour de ta maison fera mon tourment&raquo;, dit l&rsquo;Ecriture.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Voil&agrave; la cl&eacute; pour comprendre l&rsquo;action de J&eacute;sus au temps de son humanit&eacute;, voil&agrave; la cl&eacute; pour comprendre l&rsquo;action de Dieu dans nos existences. La folie de l&rsquo;amour est ce qui guide l&rsquo;action de Dieu.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Or la folie de l&rsquo;amour se r&eacute;v&egrave;le en particulier en l&rsquo;abandon de la force et de la contrainte &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;autrui, en l&rsquo;abandon de la puissance et de la domination, y compris en ce qui concerne l&rsquo;amour. Dieu renonce &agrave; &ecirc;tre aim&eacute; par la contrainte qu&rsquo;elle soit physique, psychique, morale, religieuse ou spirituelle. Dieu qui lib&egrave;re l&rsquo;homme de ses esclavages, comme nous le dit la lecture du livre de l&rsquo;Exode, ne saurait r&eacute;tablir un quelconque esclavage, fut-ce celui de l&rsquo;amour.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">C&rsquo;est ce renoncement &agrave; un quelconque pourvoir sur l&rsquo;homme qui est une pure folie. Ce renoncement conduit Dieu &agrave; la totale livraison de lui-m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;homme. La folie de l&rsquo;amour de Dieu pour le monde se r&eacute;v&egrave;le dans un double mouvement, d&rsquo;une part d&rsquo;entrer dans l&rsquo;existence humaine comme n&rsquo;importe quel humain venant dans le monde, et d&rsquo;autre part, de se laisser humilier et mettre sur une croix.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&laquo;Nous proclamons un Messie crucifi&eacute;, scandale pour les juifs, folie pour les peuples pa&iuml;ens... il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.&raquo;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Concevoir que Dieu puisse entrer dans l&rsquo;existence humaine, qu&rsquo;il puisse y demeurer comme l&rsquo;un des siens, pour en &ecirc;tre rejet&eacute; par l&rsquo;assassinat, reste de l&rsquo;ordre d&rsquo;un inimaginable et d&rsquo;un inconcevable pour les hommes.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">La r&eacute;sistance que cette position suscite chez les interlocuteurs de Paul, juifs ou pa&iuml;ens, mais aussi dans toutes les traditions religieuses ou philosophiques du monde, manifeste que nous ne pouvons comprendre le monde et l&rsquo;humain, selon le regard de Dieu, qu&rsquo;&agrave; partir de cela.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dieu, qui reste l&rsquo;absolu, le totalement s&eacute;par&eacute;, devient le totalement proche, sans rien perdre de son absolu. Celui qui s&rsquo;est approch&eacute; est devenu le tout &agrave; fait rejet&eacute;. Celui qui est pass&eacute; par la d&eacute;r&eacute;liction, par le complet abandon, par la perte int&eacute;grale, ne renonce pas &agrave; son intimit&eacute; avec ceux qu&rsquo;il est venu, et qu&rsquo;il vient, visiter et rencontrer.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Comment l&rsquo;absolu pourrait-il supporter de frayer avec la fange humaine, et d&rsquo;autant plus d&rsquo;&eacute;prouver la douleur, la souffrance, et la mort?</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain est incapable d&rsquo;imaginer cette humanit&eacute; de Dieu. Au contraire, il est tent&eacute; de la rejeter. Pourtant, c&rsquo;est cette humanit&eacute; divine, pass&eacute;e par la croix, qui devient le lieu de passage pour l&rsquo;humain.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain re&ccedil;oit du Christ le sens de son propre exister. En devenant configur&eacute; &agrave; Dieu venu dans la chair, au Christ, en le suivant, en devenant son ami et son fr&egrave;re, l&rsquo;humain devient dieu. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il acc&egrave;de &agrave; sa v&eacute;ritable humanit&eacute;, au statut entier et pl&eacute;nier d&rsquo;homme. Celle de pouvoir &ecirc;tre en relation avec tout autre humain dans une attitude d&rsquo;accueil et de service. C'est le chemin qu&rsquo;offre Dieu devenu homme, &agrave; tout humain sans exception.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Le passage par le divin devient le passage pour l&rsquo;humain, pour devenir un homme v&eacute;ritable et non pas quelqu&rsquo;un qui fait figure d&rsquo;homme. Cela reste un inimaginable, y compris pour les chr&eacute;tiens.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Comment cela: il nous faut devenir dieu pour devenir homme!</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain pourrait encore accepter que Dieu vienne dans l&rsquo;humanit&eacute;. Mais il ne veut pas penser que l&rsquo;homme puisse entrer dans la vie divine au point d&rsquo;&ecirc;tre lui-m&ecirc;me dieu.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne le veut pas parce qu&rsquo;il se trompe de Dieu, parce qu&rsquo;il se construit sans cesse de fausses images de Dieu, de ce que la premi&egrave;re lecture appelle des idoles.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">L&rsquo;humain ne peut pas supporter que l&rsquo;on touche &agrave; son image de Dieu. L&rsquo;humain veut bien d&rsquo;un Dieu que l&rsquo;on adore, que l&rsquo;on emploie pour qu&rsquo;il soit bienveillant et indulgent sur les faiblesses, pour qu&rsquo;il puisse r&eacute;pondre aux besoins, aux craintes et aux peurs. Il veut bien d&rsquo;un Dieu utile aux existences humaines, que l&rsquo;on ach&egrave;te en quelque sorte, pour obtenir la sant&eacute; ou la paix du c&oelig;ur, ou que l&rsquo;on utilise pour son profit personnel ou collectif. Mais il ne veut pas plus.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il veut un Dieu utile pour son commerce, utile pour ses affaires.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne veut pas d&rsquo;un Dieu inutile, expos&eacute; mort sur une croix.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Il ne veut pas d&rsquo;un Dieu dont le projet est l&rsquo;amiti&eacute; et le service de l&rsquo;homme, la rencontre dans la v&eacute;rit&eacute;.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Dans ce r&eacute;cit de Jean, J&eacute;sus vient contester de fa&ccedil;on d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e l&rsquo;instrumentalisation de Dieu en venant dans le Temple chasser les vendeurs et renverser les tables des changeurs. Ici, J&eacute;sus ne conteste pas le rituel qui veut que, pour manifester le don que l&rsquo;on fait de soi-m&ecirc;me &agrave; Dieu, on offre des sacrifices. Ceci fait partie de la Loi juive. Et il faut bien du b&eacute;tail et des oiseaux pour le faire. Ce qui cr&eacute;e un commerce. Ce n&rsquo;est pas la question.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ce que J&eacute;sus veut manifester c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de faire de Dieu, et de la maison de Dieu, la caution et le lieu de ses petites affaires, de son commerce. Le nom de Dieu et le lieu o&ugrave; Dieu r&eacute;side ne peuvent pas &ecirc;tre instrumentalis&eacute;s. Et J&eacute;sus ne cessera de le redire et de le manifester, et encore aujourd&rsquo;hui, cette purification est toujours &agrave; faire.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Le temple o&ugrave; Dieu r&eacute;side &agrave; pr&eacute;sent n&rsquo;est plus celui de J&eacute;rusalem, mais c&rsquo;est le corps et le c&oelig;ur de l&rsquo;homme. Ce c&oelig;ur de l&rsquo;homme est le lieu du dialogue de parole et d&rsquo;amour avec ce Dieu qui s&rsquo;approche comme un ami.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; line-height: normal;">C&rsquo;est notre c&oelig;ur qui est appel&eacute; &agrave; &ecirc;tre purifi&eacute; de toute utilisation de Dieu pour nos petites affaires. Une purification qui a lieu dans la contemplation de la croix du Christ.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">Ces textes du 3<sup>e</sup> dimanche de car&ecirc;me nous invitent &agrave; une conversion, &agrave; un changement d&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Dieu. Nous devons demander &agrave; Dieu de casser l&rsquo;image que nous avons de lui et qu&rsquo;il nous rende libre de le recevoir comme il souhaite se donner, c'est-&agrave;-dire certainement pas comme nous le voyons, comme nous l&rsquo;avons enferm&eacute; et comme nous l&rsquo;utilisons. C&rsquo;est ce que je vous propose de porter dans la pri&egrave;re en cette eucharistie o&ugrave; Dieu vient se communiquer &agrave; nous sans rien retenir de lui-m&ecirc;me pour nous transformer en ce qu&rsquo;il est.</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="margin: 7.2pt 0cm; text-align: right;" align="right"><em>fr. Thierry-Marie Courau, o.p.</em></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/8/dimanche-8-mars-2009-2eme-dimanche-de-careme-predication-du.html"><rss:title>Dimanche 8 mars 2009 - 2ème dimanche de Carême - Prédication du fr. J-Pierre Lintanf</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/8/dimanche-8-mars-2009-2eme-dimanche-de-careme-predication-du.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-03-08T09:24:00Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Trois textes, un d&eacute;cor; la Montagne: l&rsquo;Horeb, le Thabor, le Golgotha. De tous temps l&rsquo;homme a &eacute;t&eacute; fascin&eacute; par la montagne, par ce qu&rsquo;il appellera &laquo;les Hauts lieux&raquo;: l&rsquo;Olympe des grecs, l&rsquo;Himalaya d&rsquo;o&ugrave; jaillit le Gange, fleuve sacr&eacute;, la montagne de Sion et tant d&rsquo;autres... C&rsquo;est pour avoir gravi l&rsquo;Horeb que Mo&iuml;se et Elie, aventuriers de la Haute Rencontre, se retrouveront avec J&eacute;sus, au Thabor.</p>
<p style="text-align: justify;">La gen&egrave;se nous dit une autre montagne. &laquo;Prends ton fils, dit Dieu &agrave; Abraham, ton fils unique, ton Isaac, c&rsquo;est-&agrave;-dire &laquo;Sourire de Dieu&raquo;. Pars et monte-le en mont&eacute;e sur une montagne que je te dirai&raquo;. Celui qui sera appel&eacute; &laquo;le P&egrave;re d&rsquo;une multitude&raquo; se croit invit&eacute; &agrave; mettre &agrave; mort le fils de la Promesse, l&rsquo;unique, le sourire de Dieu. L&rsquo;homme et l&rsquo;enfant montent, &laquo;eux tout seuls&raquo;. L&rsquo;enfant porte le bois, l&rsquo;homme porte le feu et le couteau. L&rsquo;homme a froid comme peut avoir froid un p&egrave;re qui serre sur son c&oelig;ur un enfant dont la vie s&rsquo;en va. &laquo;Et l&rsquo;agneau, P&egrave;re?&raquo; - &laquo;Dieu y pourvoira, mon fils&raquo;. Puis c&rsquo;est le silence, le tr&egrave;s lourd silence&raquo;; et l&agrave;-haut, quand tout est pr&ecirc;t la voix dit: &laquo;Non, ne l&egrave;ve pas la main sur l&rsquo;enfant; je sais maintenant que tu crains Dieu&raquo; dit le texte &laquo;Craindre Dieu!&raquo; quand l&rsquo;H&eacute;breu dit: &laquo;Je sais maintenant que tu fr&eacute;mis d&rsquo;Elohim, que tu as frissonn&eacute; de ton Dieu&raquo;. Abraham d&eacute;couvre que le Dieu de la vie n&rsquo;aime pas les mises &agrave; mort; il sait et nous savons qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;heure de l&rsquo;&eacute;preuve, de l&rsquo;impasse et du mur, &laquo;Dieu pourvoit&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Mo&iuml;se, &agrave; son tour, gravit la montagne imposante et redoutable du Sina&iuml;, l&rsquo;Horeb. Il va rencontrer Dieu et sceller l&rsquo;alliance, dans le claquement des &eacute;clairs, dans l&rsquo;orage &eacute;pouvantable des montagnes. Lorsqu&rsquo;il descend, son visage resplendit de la Gloire de celui qu&rsquo;il a contempl&eacute;. On n&rsquo;&eacute;treint pas impun&eacute;ment le feu: Mo&iuml;se met un voile sur son visage.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre si&egrave;cles plus tard, Elie, lui aussi monte &agrave; l&rsquo;Horeb. Il n&rsquo;a rien d&rsquo;autre &agrave; offrir que sa solitude, sa d&eacute;tresse et sa peur. Lui aussi va voir passer son Dieu, se blottir, comme Mo&iuml;se, dans le creux du rocher. Passent l&rsquo;ouragan, le s&eacute;isme, le feu. Le Seigneur n&rsquo;est pas l&agrave;. Apr&egrave;s le feu, il y eut comme le bruit d&rsquo;une brise l&eacute;g&egrave;re, &laquo;une voix, un silence subtil&raquo;; alors Elie se voila le visage, il sortit et se tint &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la grotte, car le Seigneur passait.</p>
<p style="text-align: justify;">La montagne du Sacrifice interdit, la montagne de la brise l&eacute;g&egrave;re renvoient &agrave; une autre montagne, d&eacute;risoire et d&eacute;cisive. Golgotha, &agrave; peine un monticule, aux portes de J&eacute;rusalem. Sacrifice interdit l&agrave; aussi. &laquo;Il l&rsquo;a livr&eacute; pour nous&raquo;, mais ce n&rsquo;est pas vrai que le P&egrave;re ait lev&eacute; la main sur son Fils; quel p&egrave;re mettrait &agrave; mort son enfant bien aim&eacute;? Sur la croix se meurt un homme habit&eacute; jusqu&rsquo;au bout du fr&eacute;missement de Dieu et des hommes. En lui Dieu refuse la vengeance et le meurtre. Le Fils dit &laquo;oui&raquo; mais ce sont des hommes qui l&rsquo;assassinent.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Calvaire s&rsquo;&eacute;claire de la lumi&egrave;re du Thabor, une &laquo;haute montagne&raquo; dit le texte. Quatre montent: J&eacute;sus, Pierre, Jacques et Jean. &laquo;Eux seuls&raquo; est-il dit encore. Et soudain, c&rsquo;est la splendeur, la m&eacute;tamorphose avant l&rsquo;heure, le blanc de la victoire, le visage soudain radieux, comme si un coin de voile &eacute;tait lev&eacute;. Les hommes de la montagne, la Loi et les Proph&egrave;tes &laquo;entourent J&eacute;sus&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour chacun de nous la montagne, les montagnes, celles des sacrifices interdits et celle de la transfiguration, la montagne de l&rsquo;orage &eacute;pouvantable et du silence subtil. Pour nous, &agrave; chaque heure, la montagne de la m&eacute;tamorphose par laquelle l&rsquo;homme devient Dieu, la montagne o&ugrave; l&rsquo;homme d&rsquo;oraison prend le soleil au visage de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;Nous tous, dit S. Paul, le visage d&eacute;couvert, nous r&eacute;fl&eacute;chissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, et nous sommes transform&eacute;s en celui que nous contemplons&raquo; (2 Corinth. 3 et 4)</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;Puissions-nous, fr&egrave;res et s&oelig;urs, en ce temps de Car&ecirc;me, fr&eacute;mir de Dieu et de tout visage rencontr&eacute;.</p>
<p style="text-align: right;"><em>&nbsp;fr. Jean-Pierre Lintanf,o.p.</em></p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/2/dimanche-1er-mars-2009-1er-dimanche-de-careme-predication-du.html"><rss:title>Dimanche 1er mars 2009 - 1er dimanche de Carême - Prédication du fr. Jourdain Monnot</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/3/2/dimanche-1er-mars-2009-1er-dimanche-de-careme-predication-du.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-03-02T11:09:13Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 18pt;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; color: black;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo; Convertissez-vous et croyez &agrave; l&rsquo;Evangile &raquo;. La pr&eacute;dication du Seigneur J&eacute;sus commence par l&agrave;. Mercredi dernier, en recevant les cendres, nous avons d&eacute;j&agrave; entendu cette phrase vigoureuse. Elle nous donne le programme du Car&ecirc;me. Il est tout entier de se fier &agrave; l'Evangile, de se conformer &agrave; lui, de se donner &agrave; l'Evangile. Mais qu&rsquo;est-ce que l'Evangile ?</p>
<p style="text-align: justify;">A coup s&ucirc;r, c&rsquo;est ce dont nous parlent les quatre &Eacute;vangiles, ces quatre petits livres qui sont la base de notre foi et la r&egrave;gle de notre vie. Mais l&rsquo;Evangile fondamental d&eacute;borde ces livrets inspir&eacute;s. Il est contenu par eux, mais n&rsquo;y est pas enferm&eacute;. Il y a pour nous une tentation &agrave; nous tourner vers l'Evangile comme vers un texte fix&eacute;, fractionn&eacute;, dat&eacute;. En r&eacute;alit&eacute;, l'Evangile n&rsquo;est pas un &eacute;v&eacute;nement pass&eacute;, mais une promesse permanente qui annonce l&rsquo;avenir. C&rsquo;est ce qui ressort sans cesse des paroles du Christ, et d&rsquo;abord de ce qu&rsquo;il nous dit aujourd&rsquo;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Que dit-il ? Il proclame &laquo; l&rsquo;Evangile de Dieu &raquo;. Comme vous savez, on traduit souvent l&rsquo;Evangile par la &ldquo;Bonne Nouvelle&rdquo;. Cette transposition du grec to evangelion n&rsquo;est pas fausse, mais elle est certainement incompl&egrave;te. L&rsquo;Evangile n&rsquo;est pas une simple chose qu&rsquo;on apprend comme les nouvelles &agrave; la radio, il n&rsquo;est pas une information ext&eacute;rieure et anonyme. C&rsquo;est un message, c&rsquo;est une nouvelle adress&eacute;e et garantie par un auteur qui veut d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment nous la communiquer. Et l&rsquo;auteur initial, c&rsquo;est Dieu. &laquo; L&rsquo;Evangile de Dieu &raquo;, c&rsquo;est le message qui vient de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Et que dit ce message ? Il annonce le R&egrave;gne ou &laquo; le Royaume de Dieu &raquo;. Cette expression nous est famili&egrave;re, parce qu&rsquo;elle est au centre des paraboles, des discours, de la mission de notre divin Sauveur. Le Royaume de Dieu, c&rsquo;est la communaut&eacute;, la communion finale et universelle que Dieu nous propose. Tout l&rsquo;enseignement de J&eacute;sus concerne ce Royaume, son offre et son prix, son bonheur et ses exigences, son &eacute;bauche ici-bas et sa r&eacute;alisation future.</p>
<p style="text-align: justify;">A notre question de tout &agrave; l&rsquo;heure: &laquo; Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Evangile ? &raquo;, on peut donc r&eacute;pondre sans erreur que l&rsquo;Evangile, c&rsquo;est l&rsquo;appel lanc&eacute; par Dieu &agrave; entrer dans son Royaume. Cet appel n&rsquo;est pas sans conditions, mais il est sans limites. Il ignore les fronti&egrave;res et les barri&egrave;res, il s&rsquo;adresse &agrave; tous les &acirc;ges du monde et &agrave; tous les &acirc;ges de la vie, tant&ocirc;t il retentit avec &eacute;clat, et tant&ocirc;t s&rsquo;insinue avec patience dans les c&oelig;urs, il proc&egrave;de parfois sans parole ni voix qui s&rsquo;entende (cf. Ps 19,4), et parfois, pour les plus heureux dont nous sommes, il a frapp&eacute; nos oreilles. Personne en tout cas n&rsquo;est compl&egrave;tement laiss&eacute; de c&ocirc;t&eacute;, et toujours cet appel est marqu&eacute; par la douceur, mais aussi par la puissance, de Dieu qui l&rsquo;envoie. C&rsquo;est pourquoi saint Paul a pu &eacute;crire que l'Evangile &laquo; est une force de Dieu pour le salut de tout croyant &raquo; (Rm 1,16).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi compris dans sa v&eacute;rit&eacute;, l'Evangile, vous le voyez, est tout le contraire d&rsquo;un souvenir, ou d&rsquo;un simple id&eacute;al, f&ucirc;t-il sublime. C&rsquo;est une vague immense qui parcourt et balaie la mer des si&egrave;cles pour porter tous les hommes jusqu&rsquo;aux rives de la vie &eacute;ternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet universalisme du plan de salut n&rsquo;est pas un concept de th&eacute;ologien. C&rsquo;est un aspect essentiel de notre foi chr&eacute;tienne &agrave; chacun. Il ne doit jamais sortir de notre esprit lorsque nous pensons aux al&eacute;as, aux &eacute;volutions, aux &eacute;checs parfois de notre Eglise. Le dessein de Dieu est bien sup&eacute;rieur &agrave; tout cela, et nous ne devons pas croire que le salut du monde soit suspendu aux entreprises, ou aux b&ecirc;tises, de quelques &eacute;v&ecirc;ques.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment d&rsquo;autre part ne pas &ecirc;tre frapp&eacute; par la premi&egrave;re lecture que nous venons d&rsquo;entendre. Cette si belle et si profonde histoire ou parabole du d&eacute;luge s&rsquo;ach&egrave;ve par une alliance que Dieu fait avec No&eacute;, en ces termes: &laquo; Voici que j&rsquo;&eacute;tablis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants...pour toutes les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir &raquo; (Gn 9,9 et 12). Cette alliance avec No&eacute;, qu&rsquo;on appelle l&rsquo;alliance noachique, est d&eacute;j&agrave; une alliance &ldquo;&eacute;ternelle &ldquo; (Gn 9,16) et universelle. Elle pr&eacute;figure l&rsquo;alliance d&eacute;finitive que Notre Seigneur a scell&eacute;e par son propre sacrifice. Et sans doute pouvons-nous voir dans cette perspective la splendide image de l&rsquo;arc-en-ciel, dont Dieu dit &agrave; No&eacute; qu&rsquo;il sera &laquo; le signe de l&rsquo;alliance que j&rsquo;&eacute;tablis entre moi et vous,... entre moi et la terre &raquo;. Notre v&eacute;ritable arc-en-ciel, c&rsquo;est le Christ. Il s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; l&rsquo;horizon de l&rsquo;histoire. M&eacute;diateur entre Dieu et les hommes, il joint le ciel et la terre. R&eacute;dempteur, il est le garant de l&rsquo;Alliance nouvelle. Lumi&egrave;re du monde, il est le signe par excellence, le signe r&eacute;el et personnel, le signe vivant, le signe mort, le signe ressuscit&eacute; de l&rsquo;amour de Dieu pour tous les hommes. Ce Christ, notre divin Ma&icirc;tre, nous l&rsquo;attendons, nous d&eacute;sirons son retour, son av&egrave;nement final, sa pleine manifestation. Vous et moi nous le percevons d&eacute;j&agrave; par la foi, sans le voir encore clairement. Nous l&rsquo;aimons, malgr&eacute; nos infid&eacute;lit&eacute;s. Tout au long de ce Car&ecirc;me, tout au long de cette vie, nous marcherons derri&egrave;re lui, nous marcherons avec lui, nous marcherons unis &agrave; lui vers Dieu, vers le Dieu dont l&rsquo;Evangile nous appelle ensemble &agrave; vivre dans la pl&eacute;nitude (cf. Ep 1,22; 3,19).</p>
<p style="text-align: justify;">fr. Jourdain Monnot, o.p.</p>
<p style="text-align: justify;">_______________</p>
<p style="text-align: justify;">R&eacute;f&eacute;rences au Christ: 1 Tm 2,5; Mt 26,28 et Rm 3,24; Jn 8,12; 1 P 1,8</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/19/dimanche-18-janvier-2009-2eme-dimanche-tob-predication-du-fr.html"><rss:title>Dimanche 18 janvier 2009 - 2ème dimanche T.O.B - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/19/dimanche-18-janvier-2009-2eme-dimanche-tob-predication-du-fr.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-01-19T19:18:23Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ecoutant les textes de la liturgie nous pourrions, sans erreur, nous surprendre &agrave; m&eacute;diter sur les appels de Dieu dans nos vies, ce que nous appelons les vocations. Les appels qu&rsquo;entend le petit Samuel et qui se d&eacute;ploient en paroles efficaces tout au long de sa vie, les appels d&rsquo;Andr&eacute;, de Simon-Pierre... Puis nous pourrions poursuivre notre m&eacute;ditation sur la mani&egrave;re dont nous entendons ces appels venant de Dieu et sur les r&eacute;ponses existentielles que nous leur donnons.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce serait un beau moment spirituel, mais il y aurait peut-&ecirc;tre un petit biais, un oubli qui ne nous permettra pas de tirer pleinement profit du cadeau que Dieu nous fait dans la liturgie de ce jour. La pr&eacute;position employ&eacute;e par J&eacute;sus pour s&rsquo;adresser aux deux disciples de Jean Baptiste, qui le suivent comme deux espions, n&rsquo;est pas la proposition interrogative &laquo;qui&raquo; mais &laquo;que&raquo;. Il n&rsquo;y a pas erreur de traduction et rassurez vous je ne vais pas faire un expos&eacute; de grammaire fran&ccedil;aise.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus dit aux disciples silencieux &laquo;que cherchez-vous?&raquo;. J&eacute;sus ne cherche pas &agrave; v&eacute;rifier s&rsquo;ils sont motiv&eacute;s pour devenir ses disciples en quittant Jean Baptiste, s&rsquo;ils cherchent vraiment un maitre pour se former. J&eacute;sus n&rsquo;appelle pas &agrave; lui mais fait appel &agrave; eux, les disciples. Il interroge d&rsquo;abord leur d&eacute;sir: que cherchez-vous dans la vie? Qu&rsquo;est-ce qui vous motive? de quoi avez-vous besoin ? J&eacute;sus agit de la m&ecirc;me mani&egrave;re pour nous: qu&rsquo;est-ce qui nous fait vivre? Qu&rsquo;est ce qui vous habite? Il ne demande pas de r&eacute;ponses pieuses et st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;es et cela a de quoi nous d&eacute;sar&ccedil;onner: il nous faut partir de nous-m&ecirc;mes, il faut nous d&eacute;couvrir homme et femme de d&eacute;sir, avec nos ambig&uuml;it&eacute;s et nos ambivalences. Avec J&eacute;sus il ne s&rsquo;agit pas de partir d&rsquo;une r&egrave;gle &eacute;thique, d&rsquo;un programme moral, mais de ce qui nous habite en profondeur. Et cela nous oblige &agrave; quitter nos superficialit&eacute;s et notre foi mondaine.</p>
<p style="text-align: justify;">La r&eacute;ponse des disciples de Jean Baptiste est &laquo;o&ugrave; habites-tu?&raquo;. Dialogue boiteux, &eacute;tonnant. Ce que semble chercher les disciples c&rsquo;est une adresse, c&rsquo;est voir une maison, une hutte ou une caverne... dont nous ne saurons rien sinon qu&rsquo;ils y ont v&eacute;cu jusqu'&agrave; 4 heures du soir. J&eacute;sus ne trouve pas cette r&eacute;action stupide; il ne la rejette pas comme indigne de lui. Peut-&ecirc;tre sommes nous invit&eacute;s par ce dialogue &agrave; &ecirc;tre ce que nous sommes devant Dieu, simples et oser &ecirc;tre banals avec Dieu. J&eacute;sus ne vient pas pour l&rsquo;&eacute;lite intellectuelle et discoureuse.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus invite &agrave; le suivre et &agrave; voir par nous-m&ecirc;mes o&ugrave; il habite: l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a rien de merveilleux, d&rsquo;exceptionnel (sinon l&rsquo;&eacute;vang&eacute;liste nous l&rsquo;aurait racont&eacute;). J&eacute;sus invite &agrave; faire une exp&eacute;rience simple de sa pr&eacute;sence, de son compagnonnage. Il ne nous fait pas passer un examen de cat&eacute;chisme mais nous invite &agrave; partager notre existence avec la sienne, &agrave; m&ecirc;ler nos exp&eacute;riences et &agrave; gouter la pr&eacute;sence de Dieu. Exp&eacute;rience d&rsquo;une amiti&eacute;, d&rsquo;une rencontre entre amis.</p>
<p style="text-align: justify;">J&eacute;sus et les deux disciples se sont rencontr&eacute;s sans que rien ne soit pr&eacute;par&eacute;. Jean Baptiste avait dit: c&rsquo;est lui l&rsquo;Agneau de Dieu. Les disciples sont partis &agrave; sa rencontre. Ils ont &eacute;t&eacute; disponibles &agrave; cet instant qui ne fut pas extraordinaire et se laissent entrainer par J&eacute;sus. Sommes-nous attentifs et disponibles &agrave; cet instant o&ugrave; la rencontre avec Dieu est offerte, possible? Peut-&ecirc;tre, mais trop souvent nous nous demandons: quand, comment... et nous nous inqui&eacute;tons alors que tout est l&agrave;, pr&eacute;sent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous d&eacute;clarons pr&ecirc;ts &agrave; nous mettre &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de quelques gourous, &agrave; participer &agrave; des s&eacute;ances de d&eacute;veloppement personnel, &agrave; fr&eacute;quenter des groupes de pri&egrave;res, &agrave; lire toute l&rsquo;&oelig;uvre de Th&eacute;r&egrave;se d&rsquo;Avila... Tout cela est bien mais ce que J&eacute;sus nous demande est d&rsquo;un autre type: une rencontre &agrave; accueillir, un d&eacute;placement &agrave; faire hors des sentiers battus de nos certitudes et de nos habitudes, demeurer avec lui un peu de temps avant d&rsquo;aller chercher nos fr&egrave;res comme le fit Andr&eacute; pour son fr&egrave;re Simon Pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">La seule vraie question est celle du &laquo;o&ugrave;&raquo;: o&ugrave; est la demeure de Dieu que nous allions la visiter et y demeurer. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de terres sacr&eacute;es, ni de temple o&ugrave; il faudrait adorer, o&ugrave; pouvons nous demeurer comme des amis avec Dieu? O&ugrave; est-il?<br />Dans l&rsquo;eucharistie, les sacrements et la parole de Dieu nous le savons.<br />L&agrave; o&ugrave; plusieurs sont r&eacute;unis en mon nom... dans l&rsquo;Eglise<br />Dans nos corps dit saint Paul dans la seconde lecture. Dieu se donne dans nos &acirc;mes mais aussi dans notre corpor&eacute;it&eacute; et ce que cela implique car le corps est notre inscription dans l&rsquo;histoire concr&egrave;te et r&eacute;elle, dans notre existence incarn&eacute;e, dans les actes, dans le quotidien, dans les gestes, le face &agrave; face... Paul nous met cependant en garde contre la d&eacute;bauche comme moment o&ugrave; le corps n&rsquo;est plus demeure de Dieu. Il ne suffit pas d&rsquo;y voir une condamnation de la luxure, de l&rsquo;alcoolisme, de la pornographie... m&ecirc;me si ce ne sont pas de bonnes mani&egrave;res de g&eacute;rer son corps. La d&eacute;bauche c&rsquo;est ce qui fait violence au corps afin qu&rsquo;il jouisse, c&rsquo;est une construction volontariste de la jouissance croyant que du plaisir en surgira. La d&eacute;bauche est mauvaise car elle est une construction l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a qu&rsquo;&agrave; accueillir. La d&eacute;bauche exclue Dieu pour mettre notre volont&eacute; l&agrave; o&ugrave; il y avait &agrave; recevoir de Dieu. Pour que Dieu habite en nous, il faut le laisser demeurer, l&rsquo;attendre avec patience et attention. Laisser Dieu &ecirc;tre Dieu dit Maitre Eckhart. La d&eacute;bauche s&rsquo;oppose &agrave; l&rsquo;enfance, au silence et au sommeil de Samuel, figures de la disponibilit&eacute; &agrave; recevoir tout ce que Dieu nous donne avec simplicit&eacute; et spontan&eacute;it&eacute;. Le Seigneur nous invite ainsi &agrave; accueillir sa pr&eacute;sence comme un cadeau. A la question du &laquo;o&ugrave;&raquo;: Dieu r&eacute;pond: l&agrave; o&ugrave; tu m&rsquo;accueilles.</p>
<p style="text-align: justify;">Que le Seigneur nous donne d&rsquo;&ecirc;tre attentifs &agrave; l&rsquo;instant o&ugrave; Dieu nous dit &laquo;viens et vois o&ugrave; toi et moi pouvons demeurer ensemble&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="right"><em>fr. Jean-Claude Lavigne, o.p.</em></p>
<p><em>&nbsp;</em></p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/6/dimanche-4-janvier-2009-epiphanie-predication-du-fr-guy-monn.html"><rss:title>Dimanche 4 janvier 2009 - Epiphanie - Prédication du fr. Guy Monnot</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2009/1/6/dimanche-4-janvier-2009-epiphanie-predication-du-fr-guy-monn.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2009-01-06T07:37:33Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;">Le jour de l'Epiphanie, on mange la galette des Rois. Avec un peu de chance, quelqu&rsquo;un y trouve une f&egrave;ve, ou une m&eacute;daille, ou la repr&eacute;sentation d&rsquo;un petit enfant. L&rsquo;important n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on trouve. L&rsquo;important n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on mange. L&rsquo;important, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut <em>chercher. </em>Telle est bien la le&ccedil;on de l'Epiphanie. Les Mages ont cherch&eacute;. L&rsquo;Evangile nous dit ailleurs : &laquo;Qui cherche, trouve&raquo;. Mais encore faut-il chercher. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;">Chercher, chercher: mais pourquoi <em>chercher</em> ? Parce que le fond des choses est cach&eacute;. &laquo;Notre regard ne s'attache pas &agrave; ce qu&rsquo;on peut voir, mais &agrave; ce qui reste invisible. Car le visible n'a qu'un temps, mais l'invisible est &eacute;ternel<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;">&raquo;</span> 2 Co 4,18. Cette profonde pens&eacute;e condense en peu de mots ce que la Bible tout enti&egrave;re ne cesse de nous faire toucher du doigt. Les volont&eacute;s de Dieu sont myst&eacute;rieuses. Le Royaume des Cieux est semblable &agrave; un tr&eacute;sor cach&eacute; dans un champ. Ce tr&eacute;sor de vie est &eacute;galement compar&eacute; &agrave; une perle de grand prix. On ne la trouve pas par hasard. C&rsquo;est au terme d&rsquo;une longue recherche qu&rsquo;on finit par tomber dessus (cf. Mt 13,44s). Les dons de Dieu ne s&rsquo;imposent pas &agrave; notre vue et &agrave; notre admiration. Ils ne nous &eacute;blouissent pas comme un gros lot. Bien au contraire, ils doivent correspondre au d&eacute;sir de notre &acirc;me. Ils sont cach&eacute;s, pour que nous apprenions &agrave; les d&eacute;sirer. Ce <em>d&eacute;sir</em> agrandit notre c&oelig;ur. Seul le d&eacute;sir rend notre c&oelig;ur capable de recevoir le don de Dieu, de vraiment accueillir le Seigneur. On a plus de joie &agrave; trouver, quand on a longtemps d&eacute;sir&eacute; et cherch&eacute;. Or cette joie, c&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que Dieu veut nous faire partager.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;">Voil&agrave; donc pourquoi, dans la vie chr&eacute;tienne, il faut chercher ce que Dieu nous cache pour mieux nous le faire aimer. Mais comment pourrons-nous <em>trouver</em> le don cach&eacute; du Seigneur ? En faisant comme les Mages. Ils ont vu une &eacute;toile. Ils ne sont pas les seuls &agrave; l&rsquo;avoir vue. Mais dans cette &eacute;toile nouvelle, ils ont reconnu un signe que Dieu leur faisait. Et ils ne se sont pas d&eacute;rob&eacute;s au signe. Ils sont partis, ils ont march&eacute;, interrog&eacute;, enqu&ecirc;t&eacute;, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;, pers&eacute;v&eacute;r&eacute;. Au bout du compte, ils ont trouv&eacute; l&rsquo;Enfant avec Marie sa m&egrave;re, et &agrave; nouveau, comme les bergers dans la nuit de No&euml;l, eux aussi y ont per&ccedil;u &laquo;le signe qui nous est donn&eacute;&raquo; (cf. Lc 2,12). </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;">L&rsquo;&eacute;toile ainsi les a men&eacute;s &agrave; l&rsquo;Enfant. Mais leur voyage n&rsquo;est pas termin&eacute;, comme le montre notre passage de l&rsquo;Evangile. L&rsquo;histoire des Mages se continue. Elle s&rsquo;est continu&eacute;e pour eux. Elle se continue pour nous, parce qu&rsquo;ils sont nos mod&egrave;les. L&rsquo;Epiphanie n&rsquo;est pas un &eacute;v&eacute;nement. Elle est un mouvement, un voyage. De signe en signe, dans la nuit et pourtant dans la lumi&egrave;re, il nous faut marcher vers notre v&eacute;ritable pays, celui que chacun gagne &ldquo;par un autre chemin&rdquo;, mais o&ugrave; tous doivent se rencontrer et se r&eacute;concilier dans l&rsquo;amour et la pr&eacute;sence de l&rsquo;Enfant, avec Marie sa m&egrave;re.</span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;"><em>fr. Guy Monnot</em><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/12/12/dimanche-2-novembre-2008-commemoration-de-tous-les-fideles-d.html"><rss:title>Dimanche 2 novembre 2008 - Commémoration de tous les fidèles défunts - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</rss:title><rss:link>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/12/12/dimanche-2-novembre-2008-commemoration-de-tous-les-fideles-d.html</rss:link><dc:creator>Webmaster</dc:creator><dc:date>2008-12-12T11:45:38Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;Eglise nous offre ce temps d&rsquo;apr&egrave;s Toussaint pour penser &agrave; ceux et celles que nous avons aim&eacute;s et qui sont morts, quelque soit leur degr&eacute; de saintet&eacute; ou leurs limites. Un temps pour faire m&eacute;moire de tous ceux qui nous ont marqu&eacute;s, nous apportant plus que de l&rsquo;amiti&eacute; et qui par l&agrave; nous ont aid&eacute;s &agrave; &ecirc;tre ce que nous sommes. Pour faire m&eacute;moire aussi de ceux que nous n&rsquo;avons pas su aimer comme il l&rsquo;aurait fallut. Le lien entre les morts et notre propre identit&eacute; est &eacute;vident: nous nous sommes re&ccedil;us de ceux qui nous ont quitt&eacute;s. Dans l&rsquo;Epitre aux Romains Saint Paul parle d&rsquo;un enfantement de chacun de nous et de la cr&eacute;ation toute enti&egrave;re qui advient &agrave; travers ces passages de vie, parfois douloureux, parfois lumineux. Alors aujourd&rsquo;hui il nous faut rendre gr&acirc;ce pour ce que nous ont apport&eacute; nos d&eacute;funts. Il nous faut dire merci et reconna&icirc;tre nos dettes envers eux.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Penser aux morts, nous affronte &agrave; notre propre mort. Nous ne pouvons pas faire l&rsquo;impasse sur cette limite &agrave; notre humanit&eacute;, m&ecirc;me si la soci&eacute;t&eacute; veut exfiltrer cette finitude, son tragique et les larmes qui l&rsquo;accompagnent. Dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; on nous promet une &eacute;ternelle jeunesse, un visage sans ride et uncorps toujours beau et souple, parler de la mort est incongru et un manque de tact. Or l&rsquo;Eglise, en cette f&ecirc;te des fid&egrave;les d&eacute;funts, nous y invite, non pour nous faire peur afin de nous discipliner, non pour nous terrifier en nous culpabilisant de ce que nous n&rsquo;aurions pas bien fait ... M&ecirc;me le texte de la Sagesse ne fonctionne pas sur cette th&eacute;matique de l&rsquo;angoisse: il dit le bonheur des justes et l&rsquo;erreur de ceux qui ne croient pas possible ce bonheur; il dit la n&eacute;cessit&eacute; de penser au-del&agrave; des apparences ou de nos logiques quant il s&rsquo;agit de la justice de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Parler de la mort n&rsquo;est pas chose ais&eacute;e car aucun de nous n&rsquo;est revenu de ce s&eacute;jour des morts. La difficult&eacute; ne doit cependant pas nous rendre muets car ce silence laisse la place &agrave; tous les d&eacute;lires sur l&rsquo;au-del&agrave; et rend plus horrible encore l&rsquo;in&eacute;luctable quand il s&rsquo;approche de nous. Nous pouvons et devons parler des morts que l&rsquo;actualit&eacute; nous fait pressentir: au Congo, au Darfour pour ne citer que ces lieux l&agrave;... et surtout des causes de ces vies fauch&eacute;es et d&eacute;truites. Nous pouvons et devons parler des violences meurtri&egrave;res, des maladies mortelles, des morts caus&eacute;es par la faim, le manque de soin et surtout de ce qui aurait pu &ecirc;tre fait avec un budget moins important que celui qu&rsquo;on trouve pour renflouer les institutions financi&egrave;res. Parler de cela n&rsquo;est pas cultiver un esprit morbide ou pessimiste mais une mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre vraiment humain qui passe par une protestation contre la capacit&eacute; &agrave; donner la mort ou &agrave; se r&eacute;signer &agrave; ce qu&rsquo;elle r&egrave;gne dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis il y aura la mort de nos proches et notre propre mort... myst&egrave;re face auquel nous ne pouvons que hurler et pleurer, myst&egrave;re du chagrin. Dieu entend nos cris, pour nos propres existences et celles de ceux et celles que nous aimons et pour la souffrance du monde. Peut-on aller au-del&agrave; de nos cris d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s et de nos protestations pour la justice et la paix? Peut-on risquer une parole de sens sur ce drame qui ne le gomme pas mais qui ne nous entraine pas dans un ab&icirc;me?</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Il est &eacute;tonnant que pour la f&ecirc;te des morts, la liturgie ne nous propose pas un texte sur l&rsquo;au-del&agrave;, sur l&rsquo;amour qui nous attend... Elle nous propose ce texte sur le serviteur qui veille. Pour nous parler de la mort, l&rsquo;Eglise nous parle de la mani&egrave;re de bien vivre. Car c&rsquo;est l&agrave; la force du christianisme: non pas nous proposer un au-del&agrave; qui serait le miroir invers&eacute; de nos vies, un paradis mythique, mais une attitude pour &ecirc;tre pleinement des vivants et &ecirc;tre ainsi, surpris, servis par Dieu. Certes ce ne fut pas toujours le chemin suivi par l&rsquo;Eglise mais nous percevons aujourd&rsquo;hui plus nettement la primaut&eacute; de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Paul Ric&oelig;ur, dans son ultime ouvrage publi&eacute; de mani&egrave;re posthume &ndash;vivant jusqu&rsquo;&agrave; la mort -<span> </span>nous met sur la piste de la mort chr&eacute;tienne. Il nous invite &agrave; ne pas nous projeter dans un au-del&agrave; qui ne peut &ecirc;tre qu&rsquo;illusion en faisant confiance &agrave; ce que Dieu fera de nous et de reporter sur les survivants la tache de prendre la rel&egrave;ve de notre d&eacute;sir d&rsquo;&ecirc;tre. J&eacute;sus ne nous parle pas beaucoup de ce que sera la vie dans la mort mais il nous dit de rester dans cet ici (veiller et accomplir notre travail d&rsquo;humain) et, dans ce lieu, de nous faire le serviteur vigilant des besoins de nos fr&egrave;res et des passages de Dieu. Il nous demande de nous lib&eacute;rer des inqui&eacute;tudes sur l&lsquo;au-del&agrave; pour &ecirc;tre attentifs au pr&eacute;sent, &agrave; l&rsquo;instant. Attentifs aux lumi&egrave;res, aux noces, aux rencontres, aux partages, au surgissement du ma&icirc;tre... C&rsquo;est-&agrave;-dire au bonheur d&rsquo;&ecirc;tre vivant. C&rsquo;est cela qu&rsquo;il faut partager et donner envie de vivre &agrave; ceux qui restent. Tel est l&rsquo;appel, non &agrave; l&rsquo;angoisse, mais &agrave; la vigilance quant au gout de la vie que l&rsquo;Eglise relaie aujourd&rsquo;hui. C&eacute;l&eacute;brer les d&eacute;funts, c&rsquo;est donc, dans l&rsquo;Eglise, reprendre ce qu&rsquo;ils nous ont laiss&eacute; comme d&eacute;sirs d&rsquo;&ecirc;tre, comme d&eacute;sirs d&rsquo;une humanit&eacute; plus fraternelle et plus heureuse et les pr&eacute;senter au Seigneur.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Recevant ce que nous avons re&ccedil;u de nos morts et le mettant en &oelig;uvre comme des serviteurs qui se r&eacute;jouissent de la joie de leur maitre nous pourrons &agrave; notre tour rejoindre, en vivant, ceux qui nous ont quitt&eacute;s. En intensifiant notre pr&eacute;sence &agrave; ce monde, &agrave; la mani&egrave;re de J&eacute;sus, nous entrerons gonfl&eacute;s de vie dans l&rsquo;autre vie, resplendissants au-del&agrave; de nos douleurs. La mort, notre derni&egrave;re ennemie, sera comme une porte &agrave; travers laquelle viendra le Seigneur, il nous servira, il aura pris le v&ecirc;tement avec lequel nous avons organis&eacute; nos choix de vie...Alors n&rsquo;attendons pas,<span> </span>prenons d&egrave;s maintenant celui de serviteur.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><em>fr. Jean Claude Lavigne, o.p.</em></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item></rdf:RDF>