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06janv.2009

Dimanche 4 janvier 2009 - Epiphanie - Prédication du fr. Guy Monnot

Le jour de l'Epiphanie, on mange la galette des Rois. Avec un peu de chance, quelqu’un y trouve une fève, ou une médaille, ou la représentation d’un petit enfant. L’important n’est pas ce qu’on trouve. L’important n’est pas ce qu’on mange. L’important, c’est qu’il faut chercher. Telle est bien la leçon de l'Epiphanie. Les Mages ont cherché. L’Evangile nous dit ailleurs : «Qui cherche, trouve». Mais encore faut-il chercher.

Chercher, chercher: mais pourquoi chercher ? Parce que le fond des choses est caché. «Notre regard ne s'attache pas à ce qu’on peut voir, mais à ce qui reste invisible. Car le visible n'a qu'un temps, mais l'invisible est éternel» 2 Co 4,18. Cette profonde pensée condense en peu de mots ce que la Bible tout entière ne cesse de nous faire toucher du doigt. Les volontés de Dieu sont mystérieuses. Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. Ce trésor de vie est également comparé à une perle de grand prix. On ne la trouve pas par hasard. C’est au terme d’une longue recherche qu’on finit par tomber dessus (cf. Mt 13,44s). Les dons de Dieu ne s’imposent pas à notre vue et à notre admiration. Ils ne nous éblouissent pas comme un gros lot. Bien au contraire, ils doivent correspondre au désir de notre âme. Ils sont cachés, pour que nous apprenions à les désirer. Ce désir agrandit notre cœur. Seul le désir rend notre cœur capable de recevoir le don de Dieu, de vraiment accueillir le Seigneur. On a plus de joie à trouver, quand on a longtemps désiré et cherché. Or cette joie, c’est précisément ce que Dieu veut nous faire partager.

Voilà donc pourquoi, dans la vie chrétienne, il faut chercher ce que Dieu nous cache pour mieux nous le faire aimer. Mais comment pourrons-nous trouver le don caché du Seigneur ? En faisant comme les Mages. Ils ont vu une étoile. Ils ne sont pas les seuls à l’avoir vue. Mais dans cette étoile nouvelle, ils ont reconnu un signe que Dieu leur faisait. Et ils ne se sont pas dérobés au signe. Ils sont partis, ils ont marché, interrogé, enquêté, désespéré, persévéré. Au bout du compte, ils ont trouvé l’Enfant avec Marie sa mère, et à nouveau, comme les bergers dans la nuit de Noël, eux aussi y ont perçu «le signe qui nous est donné» (cf. Lc 2,12).

L’étoile ainsi les a menés à l’Enfant. Mais leur voyage n’est pas terminé, comme le montre notre passage de l’Evangile. L’histoire des Mages se continue. Elle s’est continuée pour eux. Elle se continue pour nous, parce qu’ils sont nos modèles. L’Epiphanie n’est pas un événement. Elle est un mouvement, un voyage. De signe en signe, dans la nuit et pourtant dans la lumière, il nous faut marcher vers notre véritable pays, celui que chacun gagne “par un autre chemin”, mais où tous doivent se rencontrer et se réconcilier dans l’amour et la présence de l’Enfant, avec Marie sa mère.

 

fr. Guy Monnot

 

 

 

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