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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.8.0 (http://www.squarespace.com/) on Sat, 07 Nov 2009 19:39:53 GMT--><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><title>Documents</title><link>http://www.le222.org/documents/</link><description></description><lastBuildDate>Sun, 03 Feb 2008 05:38:32 +0000</lastBuildDate><copyright></copyright><language>fr-FR</language><generator>Squarespace Site Server v5.8.0 (http://www.squarespace.com/)</generator><item><title>Le nom de Dieu dans Exode 3,14 par le frère Henri Troadec</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Tue, 22 Jan 2008 05:11:15 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/documents/2008/1/22/le-nom-de-dieu-dans-exode-314-par-le-frere-henri-troadec.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1401610:1501717</guid><description><![CDATA[<p><strong> Comment Dieu s&rsquo;appelle-t-il ? </strong></p> <p>Le livre de l&rsquo;Exode (Ex 3,14) nous dit que Mo&iuml;se, charg&eacute; par Dieu d&rsquo;une t&acirc;che surhumaine, lib&eacute;rer d&rsquo;Egypte les fils d&rsquo;Isra&euml;l, commence par lui demander qui il est. La r&eacute;ponse est pour le moins d&eacute;concertante. Les traducteurs fran&ccedil;ais de ce livre &eacute;crit en h&eacute;breu font preuve d&rsquo;une diversit&eacute; qui laisse le lecteur dans une totale incertitude...</p><blockquote><p><strong>Comment expliquer cette diversit&eacute; ?</strong></p></blockquote> <p> </p> <p>&nbsp;<br /><a href="http://www.le222.org/storage/Le nom de Dieu - fr. H. Troadec.pdf">Pour lire l'article complet du fr&egrave;re Henri Troadec, cliquer ici.</a><br /> </p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/documents/rss-comments-entry-1501717.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Note sur Pierre Claverie sur le site du "National Catholic Reporter"</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Thu, 08 Nov 2007 09:55:16 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/documents/2007/11/8/note-sur-pierre-claverie-sur-le-site-du-national-catholic-re.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1401610:1358191</guid><description><![CDATA[<p>Une note sur Pierre Claverie a &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment publi&eacute;e sur le site du &quot;National Catholic Reporter&quot;, journal catholique am&eacute;ricain ind&eacute;pendant.<br /></p><p>Pour la lire la note en anglais, <a href="http://ncrcafe.org/node/1398" target="_blank">cliquez ici.&nbsp;</a></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.le222.org/documents/rss-comments-entry-1358191.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Affectivité et Eucharistie</title><dc:creator>Webmaster</dc:creator><pubDate>Fri, 29 Jun 2007 15:29:23 +0000</pubDate><link>http://www.le222.org/documents/2007/6/29/affectivite-et-eucharistie.html</link><guid isPermaLink="false">134346:1401610:1125038</guid><description><![CDATA[<p><strong><span class="full-image-float-left"><img src="http://www.le222.org/storage/timothyradcliffe.jpg" alt="timothyradcliffe.jpg" /></span>par Timothy Radcliffe, o.p. </strong></p> <p><em><a href="http://www.le222.org/confrences-de-frres/Radcliffe-Affectivit%20et%20Eucharistie.doc">Conf&eacute;rence</a> donn&eacute;e en octobre 2004 &agrave; l'occasion des 34e Journ&eacute;es nationales de la pastorale des jeunes &agrave; Madrid.</em></p>  <blockquote><p align="justify" style="text-align: justify;"> Je ne suis pas s&ucirc;r du sens du mot espagnol afectividad. L&rsquo;anglais affectivity se r&eacute;f&egrave;re non seulement &agrave; notre facult&eacute; d&rsquo;aimer, mais aussi &agrave; la fa&ccedil;on dont nous aimons, nous, &ecirc;tres physiques et sexu&eacute;s, sujets &agrave; l&rsquo;&eacute;motion et &agrave; la passion. Dans le christianisme, nous parlons beaucoup de l&rsquo;amour, mais il arrive que cet amour apparaisse quelque peu abstrait, hors de la r&eacute;alit&eacute;. Et pourtant il nous faut aimer tels que nous sommes, sexu&eacute;s, pleins de d&eacute;sirs, d&rsquo;&eacute;motions fortes, ayant besoin de toucher et d&rsquo;&ecirc;tre proches les uns des autres. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Que nous soyons si mauvais quand il s&rsquo;agit de parler sur ce sujet est &eacute;trange, car le christianisme est la plus charnelle de toutes les religions. Nous croyons que Dieu a cr&eacute;&eacute; ces corps, et il les a trouv&eacute;s tr&egrave;s bien ; Dieu est venu corporellement parmi nous, &ecirc;tre humain comme nous ; J&eacute;sus nous a donn&eacute; le sacrement de son corps et il a promis de ressusciter nos corps. Et donc nous devrions nous sentir chez nous dans notre nature corporelle avec ses passions et &agrave; l&rsquo;aise quand il s&rsquo;agit de parler de l&rsquo;affectivit&eacute; ! Mais bien souvent, quand l&rsquo;Église en parle, les gens restent sceptiques. Nous ne faisons gu&egrave;re autorit&eacute; quand nous parlons de sexe ! Dieu s&rsquo;est peut-&ecirc;tre incarn&eacute; en J&eacute;sus-Christ, mais nous, nous en sommes encore &agrave; apprendre &agrave; nous incarner dans notre corps. Il nous faut redescendre sur terre ! Un jour que saint Jean Chrysostome &eacute;tait en train de pr&ecirc;cher sur le sexe , il remarqua que des auditeurs rougissaient, ce qui le remplit d&rsquo;indignation : Pourquoi rougissez-vous ? N&rsquo;est-ce pas pur ? Vous vous comportez en h&eacute;r&eacute;tiques. Penser qu&rsquo;il faut ignorer le sexe est un manquement &agrave; la v&eacute;ritable chastet&eacute;, et selon personne de moins que saint Thomas d&rsquo;Aquin , c&rsquo;est un manquement moral ! C&rsquo;est un peu comme avec ces &ecirc;tres sexu&eacute;s et passionn&eacute;s (quelquefois un peu perdus) qu&rsquo;il nous faut apprendre &agrave; aimer. Autrement nous n&rsquo;aurons rien &agrave; dire sur Dieu qui est amour. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Je voudrais parler de la Derni&egrave;re C&egrave;ne et de la sexualit&eacute;. Cela para&icirc;t peut-&ecirc;tre bizarre, mais r&eacute;fl&eacute;chissez un instant. Les paroles centrales de la Derni&egrave;re C&egrave;ne sont Ceci est mon corps, et je vous le donne. L&rsquo;Eucharistie, comme le sexe, est centr&eacute;e sur le don du corps. Avez-vous jamais remarqu&eacute; que la premi&egrave;re &eacute;p&icirc;tre aux Corinthiens tourne autour de deux sujets, la sexualit&eacute; et l&rsquo;Eucharistie ? Et cela parce que Paul sait qu&rsquo;il nous faut comprendre l&rsquo;un &agrave; la lumi&egrave;re de l&rsquo;autre. Nous comprenons l&rsquo;Eucharistie &agrave; la lumi&egrave;re de la sexualit&eacute;, et la sexualit&eacute; &agrave; la lumi&egrave;re de l&rsquo;Eucharistie. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Notre soci&eacute;t&eacute; a de la peine &agrave; le comprendre, parce que nous avons tendance &agrave; consid&eacute;rer notre corps comme un objet en notre possession. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;ai vu un livre sur le corps humain intitul&eacute; L&rsquo;Homme : tous mod&egrave;les, toutes formes, toutes dimensions, toutes couleurs. Manuel de l&rsquo;utilisateur (Éditions Haynes). C&rsquo;est un manuel de la cat&eacute;gorie de ceux qu&rsquo;on vous donne quand vous achetez une voiture ou une machine &agrave; laver. Si vous pensez &agrave; votre corps de ce point de vue, comme &agrave; un objet important parmi d&rsquo;autres, alors les actes sexuels n&rsquo;ont pas sp&eacute;cialement de sens. Cela se produit de fa&ccedil;on dramatique &agrave; l&rsquo;adolescence, et cela peut se produire tout au long de la vie, quand on est mari&eacute; ou que l&rsquo;on est religieux ou pr&ecirc;tre. Il arrive souvent qu&rsquo;une telle crise se pr&eacute;sente cinq ou six ans apr&egrave;s un engagement dans le mariage ou le sacerdoce. Il nous faut faire face. J&eacute;sus aurait pu s&rsquo;&eacute;chapper par une porte d&eacute;rob&eacute;e et s&rsquo;enfuir. Il aurait pu rejeter les disciples pour n&rsquo;avoir plus rien &agrave; faire avec eux. Mais non. Il a accueilli ce moment dans la foi. Et nous ne pourrons aider les jeunes &agrave; le faire que si nous avons nous-m&ecirc;mes connu de tels moments et nous y sommes confront&eacute;s. Cela a &eacute;t&eacute; mon cas ! Je me souviens que quelques ann&eacute;es apr&egrave;s mon ordination, je suis tomb&eacute; tr&egrave;s amoureux. Pour la premi&egrave;re fois je rencontrais une personne que j&rsquo;aurais &eacute;pous&eacute;e avec bonheur et qui m&rsquo;aurait &eacute;pous&eacute; avec bonheur. C&rsquo;&eacute;tait le moment du choix. J&rsquo;avais fait ma profession solennelle avec joie. J&rsquo;aimais mes fr&egrave;res et s&oelig;urs dominicains. J&rsquo;aimais la mission de l&rsquo;Ordre. Mais tout en faisant profession j&rsquo;avais une petite bulle interrogative dans la t&ecirc;te : &laquo; Qu&rsquo;est-ce que &ccedil;a me ferait d&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute; ? &raquo;. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &Agrave; ce moment-l&agrave;, il me fallait accepter le choix fait lors de ma profession solennelle. Ou, plus exactement, il me fallait accepter le choix que Dieu avait fait pour moi, que c&rsquo;&eacute;tait l&agrave; la vie &agrave; laquelle il m&rsquo;appelait. Ce furent des moments p&eacute;nibles, mais ce furent &eacute;galement des moments de bonheur. J&rsquo;&eacute;tais heureux parce que j&rsquo;aimais cette personne, et depuis nous sommes rest&eacute;s de tr&egrave;s bons amis. Ce fut aussi un moment de bonheur parce que j&rsquo;&eacute;tais lib&eacute;r&eacute; des fantasmes que j&rsquo;avais gard&eacute;s au moment de ma profession solennelle. Je revenais doucement sur terre. Mon c&oelig;ur et mon esprit devaient s&rsquo;incarner en ma personne tel que je suis, dans la vie que Dieu avait choisie pour moi, dans cette chair et dans ce sang. La crise me remit les pieds sur terre. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Pour la plupart d&rsquo;entre nous, cela ne se produit pas seulement une fois. Nous pouvons passer par plusieurs crises d&rsquo;affectivit&eacute; au long de notre vie. Je l&rsquo;ai fait, et qui sait ce qui va encore se pr&eacute;senter ? Mais il nous faut les affronter, comme J&eacute;sus le fit &agrave; la Derni&egrave;re C&egrave;ne, avec courage et confiance. Alors, nous p&eacute;n&eacute;trerons doucement dans le monde r&eacute;el de notre chair et de notre sang. Un b&eacute;n&eacute;dictin irlandais, Mark Patrick Hederman, a &eacute;crit : L&rsquo;amour est la seule force suffisamment imp&eacute;tueuse pour nous obliger &agrave; quitter l&rsquo;abri confortable de notre individualisme bien retranch&eacute;, &agrave; sortir de la coquille imprenable de notre autosuffisance, &agrave; nous glisser &agrave; visage d&eacute;couvert dans la zone de danger, ce creuset o&ugrave; un individualisme se purifie et devient une personnalit&eacute; . Et si vous n&rsquo;accordez pas cr&eacute;ance &agrave; un b&eacute;n&eacute;dictin irlandais, vous en croirez certainement saint Thomas d&rsquo;Aquin : Celui qui aime doit par cons&eacute;quent traverser cette fronti&egrave;re qui le confinait dans ses propres limitations. C&rsquo;est pourquoi on dit de l&rsquo;amour qu&rsquo;il fait fondre le c&oelig;ur : ce qui est fondu n&rsquo;est plus restreint dans ses propres limites, tout au contraire de ce qu&rsquo;est la duret&eacute; du c&oelig;ur . Il n&rsquo;y a que l&rsquo;amour qui brise la duret&eacute; de notre c&oelig;ur et nous donne un c&oelig;ur de chair. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> S&rsquo;ouvrir &agrave; l&rsquo;amour est tr&egrave;s dangereux. On en sera probablement bless&eacute;. La Derni&egrave;re C&egrave;ne est le r&eacute;cit du risque qu&rsquo;il y a &agrave; aimer. C&rsquo;est pourquoi J&eacute;sus est mort : parce qu&rsquo;il a aim&eacute;. Et c&rsquo;est particuli&egrave;rement dangereux pour un pr&ecirc;tre ou un religieux. On y r&eacute;veille des passions et d&eacute;sirs extraordinairement profonds et troublants ; on peut &ecirc;tre en danger de perdre sa vocation ou de mener une vie double. La gr&acirc;ce sera n&eacute;cessaire si on veut surmonter ces p&eacute;rils. Mais ne pas s&rsquo;ouvrir &agrave; l&rsquo;amour est encore plus dangereux : c&rsquo;est un risque mortel. Écoutez ce que dit C.S. Lewis : Le seul fait d&rsquo;aimer rend vuln&eacute;rable. Aimez quoi que ce soit, et votre c&oelig;ur en sera d&eacute;chir&eacute;, et peut-&ecirc;tre bris&eacute;. Si vous voulez &ecirc;tre s&ucirc;r de le garder intact, ne donnez votre c&oelig;ur &agrave; personne, pas m&ecirc;me &agrave; un animal. Enveloppez-le soigneusement dans des bagatelles et des fanfreluches ; &eacute;vitez tout engagement ; mettez-le bien en s&ucirc;ret&eacute; dans un coffret ou dans ce cercueil que fabrique votre &eacute;go&iuml;sme. Mais dans ce coffret s&ucirc;r, sombre, immobile, &eacute;tanche, il se transformera. Il ne se brisera pas ; il va devenir inflexible, imp&eacute;n&eacute;trable, intouchable. La seule possibilit&eacute;, &agrave; votre choix, autre que la trag&eacute;die, ou au moins que le risque de trag&eacute;die, c&rsquo;est la damnation. Le seul endroit, en dehors du ciel, o&ugrave; vous serez parfaitement prot&eacute;g&eacute; de tous les dangers et de toutes les vicissitudes de l&rsquo;amour, c&rsquo;est l&rsquo;enfer. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Quand nous c&eacute;l&eacute;brons l&rsquo;Eucharistie, nous nous souvenons que le sang du Christ est vers&eacute; pour vous et pour tous. En son sens le plus profond, le myst&egrave;re de l&rsquo;amour est &agrave; la fois individuel et universel. Si notre amour est juste individuel, il risque de se limiter &agrave; &ecirc;tre introverti et &eacute;touffant. Si c&rsquo;est juste un vague amour de l&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re, il risque de devenir vide et vain. La tentation d&rsquo;un couple pourrait &ecirc;tre d&rsquo;avoir un amour qui soit intense mais ferm&eacute; et exclusif ; souvent, la seule chose qui pourrait alors lui &eacute;pargner la destruction c&rsquo;est l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;une tierce personne, l&rsquo;enfant, qui &eacute;largit leur amour. La tentation des c&eacute;libataires pourrait &ecirc;tre un amour simplement universel, un vague amour chaleureux de l&rsquo;humanit&eacute;. Dans La maison d&rsquo;Apre-Vent, Dickens nous rapporte comment madame Jellyby &eacute;tait dot&eacute;e d&rsquo;une philanthropie t&eacute;lescopique, parce qu&rsquo;elle ne pouvait rien voir qui f&ucirc;t plus proche que l&rsquo;Afrique. Elle aimait l&rsquo;Afrique en g&eacute;n&eacute;ral, mais ne remarquait m&ecirc;me pas l&rsquo;existence de ses propres enfants. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Ceux d&rsquo;entre nous qui sommes religieux ne peuvent pas se r&eacute;fugier dans une telle philanthropie t&eacute;lescopique. S&rsquo;approcher du myst&egrave;re de l&rsquo;amour voudra dire aussi que nous aimons des personnes, parfois d&rsquo;amiti&eacute;, parfois d&rsquo;une profonde affection. Il nous faut apprendre &agrave; int&eacute;grer ces amours dans notre identit&eacute; de religieux. Il para&icirc;t qu&rsquo;autrefois on mettait souvent en garde les religieux contre &laquo; les amiti&eacute;s particuli&egrave;res &raquo;. Notre v&eacute;n&eacute;rable Gervase Mathew b (c) a toujours dit qu&rsquo;il craignait bien davantage les &laquo; inimiti&eacute;s particuli&egrave;res &raquo; ! </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> B&egrave;de Jarret &eacute;tait Sup&eacute;rieur provincial des dominicains d&rsquo;Angleterre dans les ann&eacute;es 30. Il &eacute;crivit une lettre splendide &agrave; un jeune b&eacute;n&eacute;dictin, Hubert van Zeller, qui allait apr&egrave;s la guerre devenir c&eacute;l&egrave;bre par ses &eacute;crits de spiritualit&eacute;. Ce jeune moine &eacute;tait tomb&eacute; amoureux d&rsquo;une personne que nous ne connaissons que sous son initiale P. C&rsquo;&eacute;tait une terrible &eacute;preuve. Il craignait que ce ne soit la fin de sa vocation religieuse ; B&egrave;de vit que c&rsquo;en &eacute;tait le commencement. Je vais vous le citer longuement. On est &eacute;tonn&eacute; quand on se souvient que cela fut &eacute;crit il a soixante-dix ans. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Je suis heureux [que vous soyez tomb&eacute; amoureux de P] parce que je crois que la tentation &agrave; laquelle vous avez toujours &eacute;t&eacute; expos&eacute; &eacute;tait du puritanisme, une &eacute;troitesse, une certaine inhumanit&eacute;. Votre tendance a toujours &eacute;t&eacute; le refus de respecter la mati&egrave;re. Vous aviez l&rsquo;amour du Seigneur, mais vous n&rsquo;aviez pas vraiment l&rsquo;amour de l&rsquo;Incarnation. En r&eacute;alit&eacute; vous aviez peur. Vous pensiez (je vous impute ici toutes sortes de d&eacute;fauts sans preuve) que, si vous vous rel&acirc;chiez, vous alliez vous d&eacute;sint&eacute;grer. Vous &eacute;tiez plein d&rsquo;inhibitions. Elles ont failli vous tuer ; elles ont failli tuer votre humanit&eacute;. Vous aviez peur de la vie parce que vous vouliez &ecirc;tre un saint et parce que vous saviez que vous &ecirc;tes un artiste. L&rsquo;artiste en vous voyait de la beaut&eacute; partout ; le saint de d&eacute;sir disait &quot;Mais &ccedil;a c&rsquo;est terriblement dangereux&quot; ; le novice en vous disait &quot;Ferme bien les yeux&quot;. Et le Claude [son pr&eacute;nom de bapt&ecirc;me] a bien failli voler en &eacute;clats. Si P n&rsquo;&eacute;tait pas entr&eacute;e dans votre vie, vous auriez pu voler en &eacute;clats. Je crois que P vous sauvera la vie. Je vais dire une messe d&rsquo;action de gr&acirc;ces pour ce que P a &eacute;t&eacute;, et a fait, pour vous. Il y a longtemps que vous aviez besoin de P Des tantes ne sont pas des solutions. Pas plus que de vieux provinciaux bedonnants . Je ne veux pas dire que nous devrions tous nous pr&eacute;cipiter vers la porte de sortie pour trouver quelqu&rsquo;un &agrave; aimer ! Dieu nous envoie les amours et les amiti&eacute;s qui font partie du chemin que nous parcourons vers lui, qui est la pl&eacute;nitude de l&rsquo;amour. Nous sommes dans l&rsquo;attente de qui Dieu envoie, et quand, et comment. Mais quand ils arrivent, alors nous devons avoir le courage de saisir le moment, comme le fit J&eacute;sus &agrave; la Derni&egrave;re C&egrave;ne. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Quand nous le ferons, il faudra que nous apprenions &agrave; &ecirc;tre chastes. Tous, c&eacute;libataires, mari&eacute;s, religieux, nous sommes tous appel&eacute;s &agrave; la chastet&eacute;. Ce mot n&rsquo;est pas tr&egrave;s populaire de nos jours. Il r&eacute;sonne aux oreilles comme &eacute;tant prude, froid, distant, &agrave; demi mort, sans int&eacute;r&ecirc;t. Herbert McCabe, o.p., a &eacute;crit que la chastet&eacute; qui n&rsquo;est pas une manifestation de l&rsquo;amour n&rsquo;est que le cadavre de la vraie chastet&eacute; . Le cadavre d&rsquo;un chien ressemble &agrave; un chien. On peut m&ecirc;me se tromper et croire que c&rsquo;est un chien qui dort tranquillement. Mais ce n&rsquo;est pas un chien, c&rsquo;est juste un ex-chien. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, quelqu&rsquo;un qui est c&eacute;libataire mais qui n&rsquo;aime pas peut ressembler &agrave; quelqu&rsquo;un qui est chaste, mais il est mort. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Alors, que signifie donc &ecirc;tre chaste ? La chastet&eacute; ne consiste pas d&rsquo;abord dans la suppression du d&eacute;sir, au moins selon la tradition de saint Thomas d&rsquo;Aquin. Le d&eacute;sir et les passions contiennent des v&eacute;rit&eacute;s profondes sur ce que nous sommes et ce qui nous est n&eacute;cessaire. Les &eacute;touffer ne ferait que nous tuer spirituellement, ou bien, un jour, nous faire d&eacute;railler. Nous devons &eacute;duquer nos d&eacute;sirs, ouvrir les yeux sur leur objet r&eacute;el, les d&eacute;gager des plaisirs mesquins. Nous devons d&eacute;sirer avec davantage de profondeur et davantage de clart&eacute;. Saint Thomas a &eacute;crit quelque chose qu&rsquo;il serait facile de mal interpr&eacute;ter. Il dit que la chastet&eacute; consiste &agrave; vivre selon l&rsquo;ordre de la raison . Cela semble bien froid et c&eacute;r&eacute;bral, comme si &ecirc;tre chaste r&eacute;sidait enti&egrave;rement dans le pouvoir de l&rsquo;esprit. Mais, par ratio, Thomas voulait dire vivre dans le monde r&eacute;el, selon la v&eacute;rit&eacute; des choses r&eacute;elles . Cela veut dire vivre dans la r&eacute;alit&eacute; de ce que je suis et de ce que sont r&eacute;ellement les gens que j&rsquo;aime. La passion et le d&eacute;sir peuvent nous entra&icirc;ner &agrave; vivre dans l&rsquo;imaginaire, tandis que la chastet&eacute; nous ram&egrave;ne sur terre, &agrave; voir les choses telles qu&rsquo;elles sont. Pour un religieux, ou quelquefois pour des c&eacute;libataires, peut na&icirc;tre la tentation de se r&eacute;fugier dans le fantasme pernicieux que nous sommes des &ecirc;tres ang&eacute;liques &eacute;th&eacute;r&eacute;s qui n&rsquo;ont rien &agrave; voir avec le sexe. Cela ressemble &agrave; de la chastet&eacute;, mais c&rsquo;en est une perversion. &Ccedil;a me rappelle l&rsquo;histoire d&rsquo;un de mes Fr&egrave;res qui allait dire la messe dans un couvent de religieuses. La s&oelig;ur qui ouvrit la porte le regarda et dit : &laquo; Ah, c&rsquo;est vous, P&egrave;re ! Je croyais que c&rsquo;&eacute;tait un homme &raquo;. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> On pourrait difficilement imaginer c&eacute;l&eacute;bration de l&rsquo;amour qui soit plus terre &agrave; terre que la Derni&egrave;re C&egrave;ne. Rien de romantique en elle : J&eacute;sus dit clairement &agrave; ses disciples que la fin est prochaine, que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux l&rsquo;a trahi, que Pierre va le renier, que les autres vont s&rsquo;enfuir. Ce n&rsquo;est pas du tout un gentil petit d&icirc;ner aux chandelles dans une trattoria. C&rsquo;est d&rsquo;un extr&ecirc;me r&eacute;alisme. Un amour eucharistique nous met franchement et carr&eacute;ment en face des d&eacute;sordres de l&rsquo;amour, de ses &eacute;checs, et de sa victoire ultime. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Dans quels fantasmes le d&eacute;sir peut-il nous pi&eacute;ger ? J&rsquo;en distingue deux. Le premier est la tentation de croire que l&rsquo;autre personne est tout, tout ce que nous cherchons, tout ce qui r&eacute;pond &agrave; nos aspirations. C&rsquo;est une obsession. Le second est ne pas r&eacute;ussir &agrave; voir l&rsquo;humanit&eacute; de l&rsquo;autre personne, de la r&eacute;duire &agrave; servir &agrave; la satisfaction de nos impulsions. C&rsquo;est de la concupiscence. Ces illusions ne sont pas aussi diff&eacute;rentes l&rsquo;une de l&rsquo;autre qu&rsquo;elles ne le sembleraient de prime abord. Chacune est le reflet de l&rsquo;autre. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Je suppose que nous avons tous connu de ces moments d&rsquo;obsession, quand quelqu&rsquo;un devient l&rsquo;objet de tous nos d&eacute;sirs, le symbole de tout ce que nous avons jamais d&eacute;sir&eacute;, la r&eacute;ponse &agrave; tous nos besoins. Si nous ne nous unissons pas intimement avec cette personne, notre vie est frapp&eacute;e de vacuit&eacute; et perd toute signification. L&rsquo;objet de notre amour remplit ce puits profond de besoins que nous d&eacute;couvrons en nous. Nous y pensons toute la journ&eacute;e. Comme Shakespeare l&rsquo;a si bien exprim&eacute; : Et voici que le jour mes membres, la nuit mon esprit, Pour toi, et pour moi, ne trouvent point de repos. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Ou bien, pour &ecirc;tre un peu plus moderne, le visage de la personne aim&eacute;e est comme l&rsquo;&eacute;conomiseur d&rsquo;&eacute;cran de notre ordinateur. Au moment o&ugrave; l&rsquo;on arr&ecirc;te de penser &agrave; quelque chose d&rsquo;autre, le voil&agrave;. C&rsquo;est comme une prison, un esclavage, mais un esclavage auquel nous ne d&eacute;sirons pas &eacute;chapper. Nous divinisons la personne aim&eacute;e, la mettons &agrave; la place de Dieu. Évidemment, ce que nous adorons c&rsquo;est notre cr&eacute;ation &agrave; nous. C&rsquo;est une projection. Peut-&ecirc;tre tout amour passe-t-il par ce stage d&rsquo;obsession insens&eacute;e. Le seul rem&egrave;de est de vivre avec la personne jour apr&egrave;s jour, et d&eacute;couvrir qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas Dieu, mais seulement son enfant. L&rsquo;amour commence lorsque nous sommes gu&eacute;ris de cette illusion et nous trouvons face &agrave; face avec une personne r&eacute;elle et non pas une projection de nos d&eacute;sirs. Comme le dit Octavio Paz : L&rsquo;amour r&eacute;v&egrave;le la r&eacute;alit&eacute; au d&eacute;sir . Car que recherchons-nous dans tout cela ? Qu&rsquo;est-ce qui provoque cette obsession ? Je ne peux parler qu&rsquo;en mon nom personnel, mais je dirais alors que ce qui a toujours &eacute;t&eacute; derri&egrave;re mes occasionnels troubles &eacute;motionnels &eacute;tait un d&eacute;sir d&rsquo;intimit&eacute;. C&rsquo;est le d&eacute;sir d&rsquo;&ecirc;tre enti&egrave;rement un, de faire dispara&icirc;tre les fronti&egrave;res entre moi et une autre personne, de me perdre dans une autre personne, d&rsquo;aboutir &agrave; une communion pure et totale. Plut&ocirc;t qu&rsquo;une passion sexuelle, je pense que c&rsquo;est une intimit&eacute; que recherchent la plupart des &ecirc;tres humains. S&rsquo;il nous faut passer par des crises d&rsquo;affectivit&eacute;, il nous faut reconna&icirc;tre notre besoin d&rsquo;intimit&eacute;. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Notre soci&eacute;t&eacute; est construite autour du mythe de l&rsquo;union sexuelle comme couronnement de toute intimit&eacute;. C&rsquo;est ce moment de tendresse et d&rsquo;union physique compl&egrave;te qui cr&eacute;e l&rsquo;intimit&eacute; totale et la communion absolue. Bien des humains ignorent cette intimit&eacute; parce qu&rsquo;ils ne sont pas mari&eacute;s ou que leur mariage n&rsquo;est pas heureux, ou bien parce qu&rsquo;ils sont pr&ecirc;tres ou religieux. Et nous pouvons nous sentir injustement frustr&eacute;s dans ce qui est notre besoin le plus profond. Cela semble arbitraire ! Comment Dieu peut-il me priver de la satisfaction de ce profond d&eacute;sir ? </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Je pense que tout &ecirc;tre humain, mari&eacute; ou c&eacute;libataire, religieux ou la&iuml;c, doit apprendre &agrave; s&rsquo;accommoder des limites de l&rsquo;intimit&eacute; auxquelles il est confront&eacute;. Le r&ecirc;ve d&rsquo;une communion totale est un mythe qui porte certains religieux &agrave; d&eacute;sirer d&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute;s, et certaines personnes mari&eacute;es &agrave; d&eacute;sirer d&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute;es &agrave; quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Il est certain qu&rsquo;une intimit&eacute; ne peut &ecirc;tre heureuse que si nous en acceptons les limites. Nous pouvons projeter sur des couples mari&eacute;s une intimit&eacute; magnifique et totale, mais qui en r&eacute;alit&eacute; est impossible et n&rsquo;est que la projection de nos r&ecirc;ves. Rilke a compris qu&rsquo;il ne pouvait y avoir d&rsquo;authentique intimit&eacute; dans un couple sans que chacun y reconnaisse que l&rsquo;autre, d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, reste solitaire. Tout &ecirc;tre humain garde une part de solitude autour de lui qui ne peut &ecirc;tre abolie. Un bon mariage est celui dans lequel chacun fait de l&rsquo;autre le gardien de sa solitude et lui accorde cette confiance, la plus grande qu&rsquo;il soit possible de montrer (...). Une fois qu&rsquo;on a compris et accept&eacute; que, m&ecirc;me entre les &ecirc;tres humains les plus proches, continuent &agrave; exister des distances infinies, peut se d&eacute;velopper une merveilleuse vie c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, s&rsquo;ils arrivent &agrave; aimer la distance entre eux qui donne &agrave; chacun la possibilit&eacute; de voir l&rsquo;autre en entier sur un vaste arri&egrave;re-plan c&eacute;leste. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Personne ne peut nous apporter la satisfaction totale de ce que nous d&eacute;sirons. Cela ne se trouve qu&rsquo;en Dieu. Rowan Williams, mari&eacute; et archev&ecirc;que de Cantorb&eacute;ry, &eacute;crit : Un &ecirc;tre humain devient adulte et fid&egrave;le lorsqu&rsquo;il prend conscience de l&rsquo;incurabilit&eacute; de son d&eacute;sir : le monde est tel que rien ne donnera &agrave; la personne une identit&eacute; sans faille et accomplie . Ou bien, pour citer Jean Vanier : La solitude fait partie de l&rsquo;&ecirc;tre humain, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;existence qui puisse satisfaire compl&egrave;tement les besoins du c&oelig;ur humain. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Pour ceux qui sont mari&eacute;s, une merveilleuse intimit&eacute; est possible une fois qu&rsquo;on a accept&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre le gardien de la solitude de l&rsquo;autre, dit Rilke ; et pour ceux d&rsquo;entre nous qui ne sont pas mari&eacute;s ou qui sont engag&eacute;s dans le c&eacute;libat, il est possible &eacute;galement de d&eacute;couvrir une profonde et merveilleuse intimit&eacute; avec d&rsquo;autres. Le mot intimit&eacute; vient du latin intimare, qui signifie &quot;&ecirc;tre en rapport avec ce qui est le plus profond dans une autre personne&quot;. Parce que je suis religieux, mon v&oelig;u de chastet&eacute; me donne la possibilit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre incroyablement intime avec les autres. Parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;agenda secret et que mon amour ne saurait &ecirc;tre d&eacute;vorant ni possessif, je peux m&rsquo;approcher tr&egrave;s pr&egrave;s du centre de la vie des gens. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Le pi&egrave;ge oppos&eacute; &agrave; l&rsquo;obsession ne consiste pas &agrave; mettre l&rsquo;autre personne &agrave; la place de Dieu, mais &agrave; en faire un simple objet, quelque chose qui puisse satisfaire les besoins sexuels. La concupiscence nous ferme les yeux sur l&rsquo;autre en tant que personne, sur sa fragilit&eacute; et sur ses qualit&eacute;s. Saint Thomas, &eacute;crivant sur la chastet&eacute;, dit que le lion, quand il voit la biche, voit un repas, et que la concupiscence fait de nous des chasseurs, des pr&eacute;dateurs voyant ce qu&rsquo;ils peuvent d&eacute;vorer. Ce que nous voulons, c&rsquo;est un morceau de chair, quelque chose &agrave; d&eacute;vorer. Ici encore, la chastet&eacute; consistera &agrave; vivre dans le monde r&eacute;el. La chastet&eacute; nous ouvre les yeux et nous fait voir que ce qui est devant nous est, oui, c&rsquo;est vrai, un beau corps, mais que ce corps est quelqu&rsquo;un. Ce corps n&rsquo;est pas un objet, mais un sujet. Je vais &agrave; nouveau citer Hederman : Le v&oelig;u de chastet&eacute; emp&ecirc;che les pieds du chasseur de faire ce qu&rsquo;ils feraient naturellement : poser des pi&egrave;ges aux autres et s&rsquo;en approcher en pr&eacute;dateur . Ce qui a &eacute;t&eacute; si terrible dans ces histoires d&rsquo;abus sexuels est que souvent il y avait eu pr&eacute;paration savamment calcul&eacute;e. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> On pourrait croire que la concupiscence est une passion sexuelle non ma&icirc;tris&eacute;e, un d&eacute;sir sexuel d&eacute;brid&eacute;. Mais saint Augustin, qui s&rsquo;y connaissait dans la question, estimait que la concupiscence est un d&eacute;sir de domination du prochain davantage que de plaisir sexuel. La concupiscence rel&egrave;ve de la libido dominandi, le d&eacute;sir de domination qui nous transformerait en Dieu. La concupiscence concerne davantage la puissance qu&rsquo;elle ne concerne le sexe. Comme l&rsquo;&eacute;crit S&eacute;bastien Moore, la concupiscence n&rsquo;est pas une passion sexuelle qui &eacute;chappe au contr&ocirc;le de la volont&eacute;, mais une passion sexuelle qui prend la place de la volont&eacute; de Dieu (...). La t&acirc;che qui nous revient n&rsquo;est pas de soumettre la passion sexuelle &agrave; la volont&eacute;, mais de lui restituer sa nature de d&eacute;sir qui trouve son origine et sa fin en Dieu, et dont la lib&eacute;ration s&rsquo;op&egrave;re par la gr&acirc;ce de Dieu manifest&eacute;e dans la vie, l&rsquo;enseignement, la crucifixion et la r&eacute;surrection de J&eacute;sus-Christ. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Pour surmonter la concupiscence, la premi&egrave;re &eacute;tape n&rsquo;est pas l&rsquo;abolition du d&eacute;sir, mais sa r&eacute;habilitation, sa lib&eacute;ration, la red&eacute;couverte qu&rsquo;il concerne non pas un objet mais une personne. Tant de tristes scandales d&rsquo;abus sexuels sur mineurs viennent de pr&ecirc;tres ou de religieux incapables de g&eacute;rer leurs relations d&rsquo;adultes avec leurs &eacute;gaux ! Ils ne pouvaient rechercher de relations que l&agrave; o&ugrave; ils avaient pouvoir et autorit&eacute;. Il leur fallait, eux, rester invuln&eacute;rables. &Agrave; la derni&egrave;re C&egrave;ne, J&eacute;sus prit du pain et le donna &agrave; ses disciples en disant : Ceci est mon corps livr&eacute; pour vous. Il se livre. Au lieu de se les asservir, il se livre &agrave; eux pour faire ce qu&rsquo;ils veulent. Et nous savons ce qu&rsquo;ils en feront. Voil&agrave; l&rsquo;immense vuln&eacute;rabilit&eacute; de l&rsquo;amour. La concupiscence et l&rsquo;obsession peuvent sembler bien diff&eacute;rentes, et pourtant chacune est le reflet exact de l&rsquo;autre. Dans l&rsquo;obsession, on fait un Dieu de l&rsquo;autre personne, et dans la concupiscence on fait un Dieu de soi-m&ecirc;me. Dans un cas, on se rend totalement impuissant, et dans l&rsquo;autre on pr&eacute;tend au pouvoir absolu. Rowan Williams &eacute;crit que l&rsquo;amour h&eacute;site entre l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme et l&rsquo;abn&eacute;gation de soi . Il nous donne un sentiment intense de nous-m&ecirc;mes, et en m&ecirc;me temps il nous fait dispara&icirc;tre du champ de conscience. Peut-&ecirc;tre bien que la concupiscence appara&icirc;t quand l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme prend le dessus, et l&rsquo;obsession quand l&rsquo;abn&eacute;gation de soi fait perdre tout sens d&rsquo;identit&eacute;. Ainsi la chastet&eacute; consiste-t-elle &agrave; vivre dans le monde r&eacute;el, &agrave; voir l&rsquo;autre tel qu&rsquo;il (ou elle) est, et moi-m&ecirc;me tel que je suis. Ils ne sont ni divins ni simplement une masse de chair. Nous sommes tous les deux enfants de Dieu. Nous avons une histoire. Nous avons fait des v&oelig;ux et des promesses. L&rsquo;autre a des engagements, peut-&ecirc;tre comme partenaire ou conjoint. Nous autres, pr&ecirc;tres ou religieux, nous nous sommes donn&eacute;s &agrave; notre Ordre et &agrave; notre dioc&egrave;se. C&rsquo;est comme tels, pris et li&eacute;s par divers engagements, que nous pouvons apprendre &agrave; aimer d&rsquo;un c&oelig;ur ouvert et les yeux ouverts. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Cela est difficile parce que nous vivons dans le monde de l&rsquo;internet. C&rsquo;est un univers de r&eacute;alit&eacute; virtuelle o&ugrave; on peut vivre dans des mondes imaginaires comme s&rsquo;ils &eacute;taient r&eacute;els. Nous vivons dans une culture qui distingue difficilement l&rsquo;imaginaire de la r&eacute;alit&eacute;. Tout est possible dans le cybermonde. C&rsquo;est pourquoi la chastet&eacute; est difficile : elle est un effort pour voir la r&eacute;alit&eacute;. Comment pouvons-nous alors redescendre sur terre ? Je signalerais trois &eacute;tapes. Il faut que nous apprenions &agrave; ouvrir les yeux et &agrave; voir les visages de ceux qui sont devant nous. Combien de fois regardons-nous vraiment les visages des gens tels qu&rsquo;ils sont ? Brian Pierce, un dominicain am&eacute;ricain, est en train d&rsquo;&eacute;crire un livre o&ugrave; il compare la pens&eacute;e de Ma&icirc;tre Eckhart, le mystique dominicain du XIVe si&egrave;cle, et celle de Thich Nhat Hanh, un Bouddhiste du XXe. Pour tous les deux, le commencement de la vie contemplative se situe au moment pr&eacute;sent, en ce que les Bouddhistes appellent &laquo; la conscience &raquo;. Seul le moment pr&eacute;sent est r&eacute;el. C&rsquo;est en ce moment que je vis, et par cons&eacute;quent c&rsquo;est en ce moment que je peux rencontrer Dieu. Il faut que j&rsquo;acqui&egrave;re la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de cesser de m&rsquo;inqui&eacute;ter pour le pass&eacute; et pour l&rsquo;avenir. Maintenant est le moment o&ugrave; commence l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;. Eckhart demande : &laquo; L&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? &raquo;. Et il r&eacute;pond : &laquo; L&rsquo;&eacute;ternit&eacute; &raquo;. &Agrave; la Derni&egrave;re C&egrave;ne, J&eacute;sus a saisi le moment pr&eacute;sent. Au lieu de s&rsquo;inqui&eacute;ter de ce que Judas avait fait ou de l&rsquo;approche des soldats, il v&eacute;cut le moment pr&eacute;sent, prit le pain, le rompit et le donna &agrave; ses disciples en disant : Ceci est mon corps donn&eacute; pour vous. Chacune des Eucharisties nous plonge dans ce maintenant &eacute;ternel. C&rsquo;est en ce moment que je peux &ecirc;tre pr&eacute;sent &agrave; une autre personne, serein et tranquille en sa pr&eacute;sence. Je suis si occup&eacute;, courant de droite et de gauche, pensant &agrave; ce qui va se passer ensuite, que je ne suis pas capable de voir le visage en face de moi, d&rsquo;en voir la beaut&eacute; et les blessures, d&rsquo;en voir la joie et les souffrances. Ainsi donc, la chastet&eacute; comporte l&rsquo;ouverture de mes yeux ! Ensuite, je peux apprendre l&rsquo;art d&rsquo;&ecirc;tre seul. Je ne peux pas &ecirc;tre heureux avec les autres &agrave; moins de pouvoir &ecirc;tre seul parfois. La solitude me terrifie, alors je saisis les autres non pas parce que je me plais avec eux, mais comme une solution &agrave; mon probl&egrave;me. Je consid&egrave;re les autres comme un moyen de remplir ma vacuit&eacute;, ma terrible solitude. Je ne pourrai donc pas me r&eacute;jouir avec eux pour leur propre bien. Et donc, quand on est pr&eacute;sent avec une autre personne, il s&rsquo;agit d&rsquo;&ecirc;tre vraiment pr&eacute;sent, et, quand on est seul, il s&rsquo;agit d&rsquo;apprendre &agrave; aimer la solitude. Autrement, quand on est avec une autre personne, on s&rsquo;y agrippe jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;touffer ! </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Enfin, toute soci&eacute;t&eacute; vit avec son histoire. Notre soci&eacute;t&eacute; a ses histoires traditionnelles. Ce sont souvent des histoires romantiques : un gar&ccedil;on rencontre une fille (ou bien quelquefois un gar&ccedil;on rencontre un gar&ccedil;on), ils s&rsquo;&eacute;prennent l&rsquo;un de l&rsquo;autre et vivent heureux longtemps. C&rsquo;est une belle histoire qui arrive souvent. Mais si nous croyons que c&rsquo;est l&agrave; la seule histoire possible, nous vivrons avec des possibilit&eacute;s trop restreintes. Il faut que notre imagination se nourrisse d&rsquo;autres histoires, qui nous parlent des fa&ccedil;ons de vivre et d&rsquo;aimer. Nous devons d&eacute;ployer devant les jeunes la vaste diversit&eacute; des fa&ccedil;ons dont on peut rencontrer l&rsquo;amour et lui donner sens. C&rsquo;est pourquoi les vies des saints &eacute;taient si importantes. Elles nous montraient qu&rsquo;il y a bien des fa&ccedil;ons de vivre h&eacute;ro&iuml;quement, en &eacute;tant mari&eacute; ou c&eacute;libataire, en &eacute;tant religieux ou la&iuml;c. Une autobiographie m&rsquo;a beaucoup touch&eacute; : celle de Nelson Mandela, The Long Road to Freedom. Voil&agrave; un homme qui consacre toute sa vie &agrave; la cause de la justice et &agrave; la d&eacute;faite de l&rsquo;apartheid, et cela signifie qu&rsquo;il n&rsquo;a pas la vie dans le mariage qu&rsquo;il d&eacute;sirait tellement, qu&rsquo;il d&eacute;sira pendant des ann&eacute;es de prison. Ainsi donc, le premier pas vers la chastet&eacute; c&rsquo;est de descendre sur terre. Je vais rapidement mentionner les deux autres. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Le second, tr&egrave;s sommairement, consiste &agrave; ouvrir notre amour, de sorte qu&rsquo;il ne reste pas un petit monde priv&eacute; o&ugrave; trouver refuge. L&rsquo;amour de J&eacute;sus est d&eacute;voil&eacute; quand il prend le pain, et il le rompt pour qu&rsquo;il puisse &ecirc;tre partag&eacute;. Lorsque nous d&eacute;couvrons l&rsquo;amour, nous ne devons pas le garder dans un petit placard priv&eacute; pour un plaisir personnel, comme une bouteille de whisky conserv&eacute;e en cachette en vue d&rsquo;une consommation solitaire. Il faut l&rsquo;ouvrir aux autres, le leur faire partager et les en faire profiter. Il nous faut partager nos amours avec nos amis, et nos amis avec ceux que nous aimons. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un amour particulier devient universel. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Par-dessus tout, dans tout amour nous pouvons ouvrir l&rsquo;espace &agrave; Dieu pour qu&rsquo;il y demeure. Dans tout amour particulier peut vivre le myst&egrave;re m&ecirc;me de l&rsquo;amour, qui est Dieu. Quand nous aimons quelqu&rsquo;un profond&eacute;ment, Dieu est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent, si seulement nous savons l&rsquo;y voir. Plut&ocirc;t que de consid&eacute;rer nos amours comme &eacute;tant en concurrence avec Dieu, soyons conscients qu&rsquo;ils lui laissent de la place o&ugrave; il peut dresser sa tente. Comme le disait B&egrave;de Jarrett &agrave; Hubert van Zeller, si vous pensiez que la seule chose &agrave; faire soit de vous retirer dans votre coquille, vous ne verriez jamais combien Dieu est aimable. Vous devez aimer P et chercher Dieu en P (...). Appr&eacute;ciez votre amiti&eacute;, payez-en le prix par votre souffrance, souvenez-vous-en dans votre messe, et qu&rsquo;il y soit la tierce personne. L&rsquo;ouverture de l&rsquo;Amiti&eacute; spirituelle par &AElig;Ired de Rievaulx c est : &quot;Nous voici, toi et moi, et j&rsquo;esp&egrave;re qu&rsquo;entre nous deux le Christ est le troisi&egrave;me&quot;. N&rsquo;est-ce pas magnifique ? Si vous fuyez l&rsquo;amour, vous ne saurez jamais combien Dieu est aimable ; mais si vous ne laissez pas Dieu entrer dans cet amour et ne lui en faites pas les honneurs, alors vous ne conna&icirc;trez pas non plus le myst&egrave;re de cet amour. Si nous s&eacute;parons notre amour de Dieu et notre amour des personnes, les deux se rempliront d&rsquo;amertume et deviendront malsains. C&rsquo;est cela que signifie &laquo; mener une double vie &raquo;. La troisi&egrave;me &eacute;tape, peut-&ecirc;tre la plus difficile, est que notre amour doit lib&eacute;rer les personnes. Tout amour, qu&rsquo;il soit celui de gens mari&eacute;s ou celui de c&eacute;libataires, doit &ecirc;tre lib&eacute;rateur. L&rsquo;amour d&rsquo;un &eacute;poux et d&rsquo;une &eacute;pouse doit ouvrir de grands espaces de libert&eacute;, et, pour ceux d&rsquo;entre nous qui sont pr&ecirc;tres ou religieux, c&rsquo;est encore plus vrai. Nous devons aimer les personnes de fa&ccedil;on qu&rsquo;elles soient libres d&rsquo;aimer les autres plus que nous. Saint Augustin appelle l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que l&rsquo;ami du mari&eacute;, l&rsquo;amicus sponsi. En anglais, lors d&rsquo;un mariage, nous parlons du best man (gar&ccedil;on d&rsquo;honneur). Le &laquo; meilleur homme &raquo; n&rsquo;essaie pas de s&rsquo;attirer l&rsquo;amour de la mari&eacute;e, et m&ecirc;me pas celui des demoiselles d&rsquo;honneur ! Il dirige vers un autre. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Un dominicain fran&ccedil;ais a un jour compar&eacute; Dieu &agrave; un gentleman anglais qui est si immens&eacute;ment discret qu&rsquo;il ne d&eacute;sire aucunement s&rsquo;imposer aux gens qu&rsquo;il aime. Il passe la t&ecirc;te dans l&rsquo;entreb&acirc;illement de la porte pour s&rsquo;assurer que tout va bien dans leurs marques d&rsquo;affection, et puis, m&ecirc;me s&rsquo;il aimerait bien rester, dispara&icirc;t pour les laisser seul &agrave; seul. C.S. Lewis l&rsquo;exprime autrement : C&rsquo;est un des privil&egrave;ges divins d&rsquo;&ecirc;tre toujours moins l&rsquo;aim&eacute; que l&rsquo;amant . Dieu est toujours celui qui aime davantage qu&rsquo;il n&rsquo;est aim&eacute;. Ce peut aussi &ecirc;tre notre vocation. Comme l&rsquo;&eacute;crit Auden : Si une &eacute;gale affection ne peut &ecirc;tre, Que je sois le plus aimant. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Cela suppose de faire en sorte de ne pas occuper le centre de la vie des autres et en faire nos d&eacute;pendants. Il faut toujours nous efforcer de leur apporter d&rsquo;autres soutiens, d&rsquo;autres r&eacute;conforts, de sorte que nous devenions moins importants pour eux. Ce qui veut dire que la question peut toujours &ecirc;tes ainsi pos&eacute;e : mon amour rend-il cette personne plus forte, plus ind&eacute;pendante, ou bien la rend-elle plus faible, plus d&eacute;pendante de moi ? Cela suffit ! Je dois m&rsquo;arr&ecirc;ter, apr&egrave;s une derni&egrave;re r&eacute;flexion, cependant. Apprendre &agrave; aimer est une entreprise dangereuse. Nous ne savons pas o&ugrave; elle peut nous mener. Nous allons d&eacute;couvrir un bouleversement de notre vie. Il nous arrivera certainement quelquefois d&rsquo;&ecirc;tre bless&eacute;. Avoir un c&oelig;ur de pierre serait plus facile que d&rsquo;avoir un c&oelig;ur de chair, mais dans ce cas nous serions mort ! Mort, nous ne pouvons pas parler du Dieu de vie. Mais comment vivre cette mort et cette r&eacute;surrection ? </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &Agrave; chaque Eucharistie, nous nous souvenons que J&eacute;sus a r&eacute;pandu son sang pour le pardon des p&eacute;ch&eacute;s. Cela ne veut pas dire qu&rsquo;il lui fallait apaiser un Dieu en col&egrave;re ; cela ne veut m&ecirc;me pas dire seulement que si nous fautons il suffit d&rsquo;aller nous confesser et d&rsquo;&ecirc;tre pardonn&eacute;. &Ccedil;a veut dire cela, mais bien davantage encore. &Ccedil;a veut dire que, au milieu de toutes nos luttes pour &ecirc;tre des personnes vivantes et aimantes, Dieu est avec nous. La gr&acirc;ce de Dieu est avec nous dans les moments d&rsquo;&eacute;checs et de trouble, pour nous aider &agrave; nous remettre sur pieds. Tout comme, le Dimanche de P&acirc;ques, Dieu changea le Vendredi saint en un jour de b&eacute;n&eacute;diction, nous pouvons avoir confiance que tous nos efforts pour aimer porteront des fruits. Il n&rsquo;y a donc pas de raison d&rsquo;avoir peur ! Nous pouvons nous lancer dans cette aventure vers l&rsquo;inconnu avec confiance et courage. </p></blockquote> <p><!--
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